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Europe : Silvio berlusconi s'engage sur la croissance et les retraites

Europe : silvio berlusconi s'engage sur la croissance et les retraitesEurope : silvio berlusconi s'engage sur la croissance et les retraites

par James Mackenzie et Francesca Piscioneri

ROME (Reuters) - La lettre d'engagements remise mercredi soir par Silvio Berlusconi à ses partenaires européens promet un ensemble de mesures étalées dans le temps visant à soutenir la croissance et à contenir la dette publique de l'Italie.

Rome annonce notamment un plan détaillé de développement de l'économie d'ici au 15 novembre et entend garantir un retour à l'équilibre budgétaire en 2013.

On ignore à ce stade quelle sera la réaction des partenaires européens de l'Italie, très sceptiques quant à la capacité de Berlusconi, en proie aux divisions de sa majorité et à l'autorité amoindrie par les scandales à répétition, à mettre en oeuvre ces réformes.

"Nos amis italiens savent bien que nous nous attendons à apprendre ce soir qu'il y aura des efforts significatifs et structurels de consolidation budgétaire en Italie. C'est un must", a souligné mercredi soir à Bruxelles Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois et président de l'Eurogroupe.

Donald Tusk, le chef du gouvernement polonais, a assuré lui que la "lettre d'intentions" italienne, que l'agence Reuters a pu lire, avait fait bonne impression.

Outre un plan de développement économique dont les détails sont annoncés pour la mi-novembre, le président du Conseil italien s'y engage également à assouplir le marché du travail en faisant adopter d'ici mai 2012 des règles moins favorables aux salariés et à réformer le système des retraites avec l'objectif de relever progressivement à 67 ans l'âge minimum de départ à la retraite d'ici 2026, tant pour les hommes que pour les femmes.

Berlusconi, que ses partenaires européens avaient sommé ce week-end de présenter un plan de redressement des finances publiques de la troisième puissance économique de la zone euro, promet aussi de dégager cinq milliards d'euros supplémentaires par an sur les trois prochaines années en coupant dans les investissements programmés et en augmentant la rentabilité du secteur public.

Enfin, le gouvernement italien se dit prêt à prendre toute mesure supplémentaire nécessaire pour réduire le déficit.

QUELLE MARGE DE MANOEUVRE ?

Mais, pris entre les exigences européennes et les pressions de la Ligue du Nord, indispensable partenaire de sa coalition, la marge de manoeuvre de Berlusconi est réduite.

A son arrivée à Bruxelles, le président du Conseil n'a fait aucun commentaire devant la presse.

Les marchés eux ont jugé: ils ont poussé le Trésor italien à accepter des taux sans précédents depuis plus de trois ans pour des bons à six mois, adjugés mercredi à 3,5%.

La vision de députés italiens en venant aux mains mercredi lors d'un débat sur les réformes économiques n'a rien fait pour dissiper les inquiétudes.

"Il y a un climat de violence et d'intolérance", a dit Amedeo Ciccanti, député centriste. "Nous devons nous calmer car les Italiens sont plus qu'énervés par tout cela."

Annonçant mardi soir un accord avec Berlusconi, Umberto Bossi, chef de file de la Ligue du Nord, avait reconnu qu'il doutait que les conclusions des négociations italiennes conviennent au couple franco-allemand et aux marchés.

Le chef de la première banque de détail italienne, Intesa Sanpaolo, s'est dit déçu par l'accord. "Dans la situation dans laquelle nous sommes, j'attendais que l'on présente à l'Europe un programme économique agréé par tous et pas de simples suggestions", a dit Corrado Passera à la presse.

Mario Draghi, qui s'apprête à prendre la présidence de la Banque centrale européenne (BCE) en remplacement de Jean-Claude Trichet, a jugé que la situation dans en Italie était "confuse et dramatique".

"Nous ne pouvons plus hésiter sur l'impératif catégorique qu'il y a d'entreprendre un effort cohérent et constant pour abaisser notre dette", a dit de son côté le président, Giorgio Napolitano.

La dette publique italienne, à 1.900 milliards d'euros, représente 120% de son PIB.

Avec Barry Moody, Giuseppe Fonte et Giselda Vagnoni; Clément Guillou et Henri-Pierre André pour le service français

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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