Bourse > Actualités > Points de marché > Europe : Selon barnier, londres peut encore rejoindre le pacte zone euro

Europe : Selon barnier, londres peut encore rejoindre le pacte zone euro

Europe : selon barnier, londres peut encore rejoindre le pacte zone euroEurope : selon barnier, londres peut encore rejoindre le pacte zone euro

par Julien Toyer et John O'Donnell

BRUXELLES (Reuters) - Le commissaire européen au Marché intérieur Michel Barnier a espéré mercredi que la Grande-Bretagne rejoindrait le nouveau pacte budgétaire de la zone euro et a promis de protéger Londres et la City contre toute règle qui serait discriminatoire.

Dans une interview à Reuters, il a par ailleurs indiqué que l'approche retenue vendredi par les dirigeants des Vingt-Sept de ne plus impliquer les créanciers privés dans le sauvetage financier d'un pays ne remettait pas en question sa volonté de les voir mis à contribution dans le cas du sauvetage d'une banque.

"Tous les pays qui le veulent, et la porte est ouverte, doivent travailler à cette coordination économique de la zone euro et à ce que la zone euro fonctionne mieux", a déclaré Michel Barnier au sujet de l'accord sur une plus grande intégration de la zone euro, auquel le Premier ministre britannique David Cameron a décidé de ne pas souscrire.

"J'ai regretté personnellement que le Royaume-Uni ne soit pas dans cet accord, donc je souhaiterais qu'il puisse s'y associer (...) Ce n'est l'intérêt de personne, ni du Royaume-Uni, ni de l'Allemagne ou de la France, d'aller vers de nouvelles divisions ou de nouveaux malentendus", a-t-il ajouté.

Il a par ailleurs indiqué que la Commission européenne était en elle-même une garantie pour le Royaume-Uni qu'aucune décision discriminatoire ne serait prise qui puisse mettre en danger le marché intérieur et la City.

"La non-discrimination fait partie du traité, elle est dans le traité. La Commission européenne en est garante. C'est déjà une garantie (...) C'est une garantie que nous devons donner", a-t-il insisté, tout en jugeant "inacceptables" certaines des demandes formulées par Londres afin d'accepter une révision des traités à 27, comme celle d'un droit de veto sur la régulation future des services financiers.

Il se montre néanmoins souple sur certaines des préoccupations britanniques en matière de régulation bancaire, comme la possibilité d'imposer des règles plus strictes pour les fonds propres des banques britanniques ou d'envisager une séparation des activités d'investissement et de détail.

QUE LES BANQUES PAYENT POUR LES BANQUES

Alors que ses services mettent la dernière main à un nouveau texte permettant d'encadrer à l'avenir les faillites bancaires et de ne plus placer les contribuables en première ligne, Michel Barnier a dit qu'il fallait continuer de tirer les leçons de la crise qui frappe l'Europe depuis trois ans.

Il a notamment indiqué que les décisions prises vendredi par les dirigeants européens afin de protéger les créanciers privés d'un pays n'affectaient pas sa réflexion sur la nécessité de voir les créanciers des banques participer au sauvetage d'un établissement en difficulté.

"Ma réflexion n'est pas liée à ce qui se passe en ce moment mais aux leçons de la crise. C'est la dernière pièce de l'agenda du G20, que nous avons quasiment terminé", a-t-il dit.

"Cette question de la résolution des crises (bancaires), c'est-à-dire un système de prévention et de réparation ordonnée, avec le 'bail-in', nous la finalisons actuellement. Il s'agit d'éviter des faillites désordonnées. Nous souhaitons que les banques soient organisées pour payer pour les banques et non les contribuables", a-t-il poursuivi.

Afin de ne pas tendre encore la difficile situation que traversent actuellement les banques européennes, Michel Barnier se réserve toutefois le droit de différer encore ces propositions, qui avaient d'abord été annoncées pour septembre avant d'être prévues d'ici la fin de l'année.

"Nous ne traitons pas la conjoncture actuelle (...) Nous allons regarder le meilleur moment pour présenter la proposition, sans doute lorsque nous aurons retrouvé un peu de sérénité dans la crise actuelle", a-t-il prévenu.

"C'est une proposition pour l'avenir, si je la présente comme j'en ai l'intention dans les semaines et les mois qui viennent, en tous cas début 2012 (...) elle ne sera pas applicable avant deux ou trois ans."

Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...