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Europe : Paris veut du temps pour un accord de libre-échange UE/USA

Europe : Paris veut du temps pour un accord de libre-échange UE/USAEurope : Paris veut du temps pour un accord de libre-échange UE/USA

PARIS (Reuters) - La France a averti lundi ses partenaires européens que tout accord de libre-échange entre l'Union et les Etats-Unis devrait respecter ses "lignes rouges", insistant sur la fragilité du soutien à l'Europe dans l'opinion publique.

La ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, a énuméré lors d'une conférence de presse les conditions posées par la France : maintien de "l'exception culturelle", refus des OGM et des hormones dans la viande et exigence de la réciprocité dans l'ouverture des marchés.

Elle a estimé que les Européens devaient prendre le temps d'élaborer un mandat de négociation ferme et clair avant de le confier à la Commission européenne, qui souhaite pouvoir commencer les négociations avec les Etats-Unis en juin et conclure avant la fin de son mandat en 2014.

"On veut un accord mais il ne faut pas que la négociation s'engage dans la précipitation, il est hors de question de donner un mandat de négociation bâclé", a-t-elle déclaré.

L'exemple des négociations avec le Canada, qui devaient s'achever fin 2012 mais sont toujours en cours, montrent qu'un mandat flou handicape la recherche d'un accord, a-t-elle ajouté.

Avec les Etats-Unis, "la négociation va être longue. Elle va durer à mon avis plusieurs années", a-t-elle estimé, en soulignant que la première "ligne rouge" de la France était la réciprocité dans l'ouverture des marchés.

"Les Etats-Unis ont un discours libre-échangiste mais dans la pratique, ils sont loin de ce discours", a-t-elle dit. "Les marchés publics américains sont fermés. Le plan de relance américain, c'est quasiment tout aux Etats-Unis."

Les échanges entre les Etats-Unis et les 27 pays de l'Union européenne représentent quelque 1.000 milliards de dollars par an et les deux parties ont mutuellement des investissements directs de quelque 3.700 milliards au total.

EXCEPTION CULTURELLE

Nicole Bricq a répété que la France voulait que soit exclu de l'accord tout ce qui concerne la culture, une position "qui n'est pas négociable". Il en va de même pour "le refus des OGM, le refus des hormones pour la viande animale", a-t-elle ajouté.

En demandant le respect de "l'exception culturelle", Paris veut notamment défendre le système d'avances sur recettes qui permet de financer les films français et que les Etats-Unis jugent contraire à la libre concurrence.

Les Européens doivent discuter mi-avril de cet accord lors d'un sommet informel puis lors d'un sommet formel mi-juin.

L'Allemagne et le Royaume-Uni sont de fervents partisans d'un accord qui pourrait selon eux doper la croissance en levant les obstacles au commerce qui subsistent.

"La maladresse, c'est plus le moment", a dit Nicole Bricq à propos des négociations avec les Etats-Unis. "Quand vous regardez les perceptions de l'Union européenne, il faut faire très attention, j'espère que la Commission va entendre ce message comme les autres Etats membres, on est dans un contexte délicat au sein de l'Union européenne", a-t-elle ajouté.

Son entourage a précisé que l'opinion de la France sur la nécessité de ne pas précipiter les choses était la même pour les négociations avec le Japon, avec lequel l'Union européenne s'est entendue lundi pour entamer des discussions en vue d'un accord de libre-échange.

"On pense qu'il faut prendre le temps de négocier plutôt que d'avoir un calendrier resserré et que la Commission s'apprête à lâcher des choses puisqu'elle veut conclure à tout prix. On préfère un temps de négociation long", a déclaré cette source.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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