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Europe : Les fonds de capital investissement attendent leur heure

Europe : Les fonds de capital investissement attendent leur heureEurope : Les fonds de capital investissement attendent leur heure

par Freya Berry et Sophie Sassard

LONDRES (Reuters) - Les déconvenues des places boursières ces derniers jours ont amené plusieurs entreprises européennes à repousser leur introduction en Bourse mais ce qui est un désagrément pour ces dernières peut se révéler une bonne opportunité pour les fonds de capital investissement.

Ces fonds, assis sur un matelas de trésorerie sans précédent de 1.000 milliards de dollars, n'ont guère trouvé d'occasions de le faire travailler, en dépit des pressions exercées sur eux par les investisseurs.

Jusqu'à récemment, les introductions en Bourse (IPO), très courues, les avaient repoussés sur la touche. Mais les dernières turbulences boursières ont eu un effet dévastateur sur les candidats à l'aventure boursière et le ralentissement de la croissance mondiale rend les entreprises plus prudentes.

"Tout le monde, dans le capital investissement (private equity), examine quelles sont les IPO qui ne se sont pas concrétisées pour voir comment revenir dans la course", a dit une source de private equity à Reuters.

"Je ne suis pas sûr qu'on a très envie de revenir sur un tel marché actuellement parce que les investisseurs vont avoir les dents longues", a-t-elle ajouté, faisant référence au bas prix qu'exigeraient ces derniers lors d'une IPO.

Si l'action du chausseur de luxe Jimmy Choo a monté après sa cotation vendredi, en revanche la banque britannique Virgin Money a annoncé le même jour qu'elle repoussait sa propre IPO, ce qui laisse peu d'espoir de voir ce marché redémarrer rapidement.

L'indice boursier européen FTSEurofirst 300 a perdu plus de 10% depuis son pic du 19 septembre. Après un premier semestre durant lequel les entreprises ont levé près de 500 milliards de dollars sur le marché boursier, un total sans précédent depuis 2007, la tendance s'est radicalement inversée.

Jimmy Choo n'a pu placer ses titres que dans le bas de sa fourchette de prix indicative, signe que les investisseurs sont de plus en plus regardants sur les conditions financières des IPO, tandis que d'autres entreprises, de la société italienne de cosmétiques Intercos à la banque britannique Aldermore, ont renoncé à leur propre introduction en Bourse faute d'une demande suffisante.

LE PRIVATE EQUITY LORGNE SPIE

Cela dit, une IPO qui ne se fait pas n'est pas toujours une bonne nouvelle pour les fonds de capital investissement, surtout s'ils sont les propriétaires et qu'ils veulent profiter de l'opération pour vendre. Ils restent par ailleurs soumis à la concurrence d'autres intervenants sur le marché, comme les fonds souverains.

La division gestion de fortune du groupe de services financiers Old Mutual a annoncé vendredi le rachat du fonds monétaire et ex-candidat à l'IPO Quilter Cheviot pour 585 millions de livres, soit moins que le prix qu'il aurait proposé en septembre lorsque les Bourses étaient en meilleure forme.

Cela faisait suite à l'achat par le fonds souverain de Singapour GIC, en septembre au fonds américain de capital-investissement Carlyle Group, d'une participation dans le capital de la société d'assistance routière britannique RAC, et à l'acquisition du câblo-opérateur norvégien Get AS par l'opérateur télécoms danois TDC.

Mais les fonds de capital investissement espèrent que leur heure est venue.

Le groupe français d'ingénierie électrique Spie a reporté au début du mois son projet d'introduction en Bourse de Paris, ce qui aurait été la plus grosse IPO en France depuis la crise financière, et est déjà dans le champ de vision de fonds de private equity, selon deux sources proches du dossier.

Mais selon des sources professionnelles, il est peu probable que Spie se laisse séduire car l'équipe manageuriale emmenée par Gauthier Louette recherche des investisseurs sur le long terme.

L'hypothèse la plus probable verrait des fonds souverains, tel GIC ou l'Investment Authority d'Abou Dhabi (ADIA), faire partie du noyau dur à un prix convenu à l'avance afin de lancer une nouvelle tentative d'introduction en Bourse.

Mais elle attendrait au moins 2015 et les perspectives de voir d'autres candidats se lancer à l'assaut de la Bourse sont maigres, ce qui implique que les fonds de capital investissement gardent l'espoir de faire des affaires lucratives en s'intéressant par exemple à Elis, le spécialiste français de la blanchisserie industrielle, ou au groupe allemand de petites annonces Scout24, qui ont également renoncé pour le moment à se mettre sur le marché.

"Toutes les banques disent que le marché des IPO est mort", a dit la source de private equity. "Je pense que Jimmy Choo sera le dernier".

(Avec Matthieu Protard, Wilfrid Exbrayat pour le service français)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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