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Europe : Les bourses européennes secouées par la crise de la zone euro

Europe : les bourses européennes secouées par la crise de la zone euroEurope : les bourses européennes secouées par la crise de la zone euro

par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes restent sous pression mardi, au lendemain d'une forte baisse, l'absence d'accord sur un nouveau plan d'aide à la Grèce qui associerait les créanciers privés alimentant la nervosité des marchés.

L'explosion de l'endettement américain et les difficultés du président Obama à obtenir du Congrès un relèvement du plafond de la dette ajoute aux inquiétudes entourant la première grande crise de l'Union économique et monétaire (UEM).

Toutefois, certains professionnels estiment que ce mouvement de baisse devrait marquer le pas en milieu de semaine avec le les premières publications des résultats trimestriels des sociétés américaines.

L'indice CAC 40, qui a chuté lundi de 2,71%, se rapproche de son plus bas de l'année (3.693 points) touché le 16 mars. La diffusion du niveau de l'indice est interrompue depuis 09h56 pour des raisons techniques, a dit une porte-parole de NYSE Euronext, précisant que les valeurs le composant cotaient toujours. Lors de l'interruption, le CAC perdait 2,36% à 3.710,70.

"La crise est intégrée dans le marché. Mais il reste très nerveux et réagit aux moindres déclarations. Celles de Christine Lagarde n'ont pas arrangé les choses", dit David Thébault, responsable du trading quantitatif chez Global Equities.

"Je suis convaincu que les Bourses vont se reprendre quand on aura les premiers résultats américains qui devraient être bons", ajoute-t-il.

Dans la matinée, la directrice générale du Fonds monétaire international a déclaré qu'un deuxième plan d'aide à la Grèce n'était pas acquis.

L'euro, qui avait plutôt bien résisté aux aléas de la dette souveraine, est désormais fortement pénalisé et s'échange autour de 1,3915 dollar après avoir plongé à un plus bas à 1,3838 contre 1,4037 lundi soir.

Londres lâche 1,55%, Francfort 2,11%. Milan, qui a perdu plus de 4% en matinée, réduit ses pertes (-0,58%), alors que l'Italie, troisième économie de la zone euro, est désormais dans l'oeil du cyclone. Du côté des indices paneuropéens, l'EuroStoxx 50 cède 1,89% et l'EuroFirst 300 1,61%.

NUCLÉAIRE

L'Italie, confrontée à un endettement élevé et à une

situation politique incertaine, est attaquée depuis lundi sur le marché obligataire. L'écart de rendement (spread) entre ses emprunts souverains et ceux de l'Allemagne, références de la zone euro, continuent de s'écarter.

Sur la maturité 10 ans, ce spread s'est écarté de plus de 80 points de base depuis lundi pour atteindre 319 points.

L'ensemble des dettes souveraines des pays périphériques subissent le même sort alors que celles des pays du noyau dur profitent de la remontée de l'aversion au risque.

Ainsi, le taux du Bund allemand à 10 ans est tombé de 2,88% vendredi à 2,61% mardi en fin de matinée, le rendement de l'OAT française de même maturité étant passé de 3,36% à 3,38%.

Dans ce contexte de fuite vers la qualité, le Bund allemand garde une place de choix qui se mesure aux écarts de rendement avec notamment l'OAT française. Le spread 10 ans France-Allemagne a atteint 72 points de base contre 59 vendredi.

"Les craintes quant à la capacité des Européens à circonscrire l'incendie grec vont continuer de peser sur les marchés financiers", soulignent les analystes de CM-CIC Securities dans leur note de recherche.

"Une perte de confiance durable risque de s'enclencher si un certain nombre de décisions ne sont pas prises rapidement."

Les stratégistes taux de la Société générale estiment que la "crise s'autoalimente, c'est-à-dire que dans des pays fortement endettés comme l'Italie la hausse des conditions de financement peuvent faire boule de neige et rendre, éventuellement, la dette insoutenable".

Les valeurs financières, les plus sensibles à la crise de la dette, ont plongé en début de séance puis ont réduit leurs pertes. A Paris, Crédit agricole, qui avait perdu jusqu'à 5%, recule de 2,8%, BNP Paribas cède 2,2% et Axa 2,9%.

"On a atteint des niveaux de valorisation de guerre nucléaire en matière de financière, ce qui n'est pas aberrant vu l'indécision des Politiques", dit un responsable de la vente chez un courtier parisien.

Avec la contribution de Juliette Rouillon, édité par Pascale Denis

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