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Europe : Les Bourses européennes aggravent leurs pertes en clôture

Europe : Les Bourses européennes aggravent leurs pertes en clôtureEurope : Les Bourses européennes aggravent leurs pertes en clôture

PARIS/LONDRES (Reuters) - Les Bourses européennes ont nettement aggravé leurs pertes mercredi après-midi pour terminer sur leurs plus fortes baisses quotidiennes en près de trois ans, le recul des prix à la production aux Etats-Unis ayant renforcé les inquiétudes sur la santé de l'économie mondiale.

Dans un climat de forte aversion au risque, Wall Street a perdu plus de 2% dans les premiers échanges avant de ramener ses pertes autour de 1,5%, tandis que les indices de volatilités rebondissaient fortement.

"Il y a eu une forte accélération du courant de ventes sur les marchés d'actions, avec une aversion au risque exacerbée et généralisée (...) et même un retour de l'anxiété autour des actifs grecs", dit Alexandre Baradez, responsable de l'analyse de marché d'IG France. "Tout cela ne rassure pas les investisseurs; tous les ingrédients sont là pour accentuer les pertes."

À Paris, l'indice CAC 40 est passé sous les 4.000 et a terminé sur un recul de 3,63% à 3.939,72 points. Le Footsie britannique a rétrogradé de 2,83% et le Dax allemand a abandonné 2,87%, tandis que l'indice EuroStoxx 50 a perdu 3,61% et le FTSEurofirst 300 3,22%.

L'indice de la Bourse d'Athènes a encore chuté de 6,25% après avoir déjà perdu 5,7% la veille, tandis que le rendement de la dette souveraine à 10 ans est remonté vers 7,86%, dans un climat d'incertitudes politiques.

Egalement malmenées, la place de Madrid a perdu 3,6% et celle de Milan 4,44%.

L'indice de volatilité de l'EuroStoxx 50, encore appelé "indice de la peur", en fait un bond de 23%, à son plus haut niveau depuis la mi-2012 de 28,76, alors qu'il était à 19 environ il y a une semaine.

A la clôture en Europe, les grands indices américains étaient en recul, tandis que l'indice de volatilité du CBOE prenait 18,43% à 26,98, également à ses plus hauts niveaux depuis la mi-2012.

L'indice Dow Jones est brièvement passé sous la barre des 16.000 points dans les tout premiers échanges à la suite de l'annonce d'une baisse des prix à la production aux Etats-Unis en septembre, pour la première fois depuis plus d'un an, qui suggère que l'économie peine à générer de l'inflation.

L'annonce d'une baisse des ventes au détail et d'un ralentissement de l'activité industrielle dans la région de New York en octobre, à son plus bas depuis avril, ont alimenté les inquiétudes.

LE BRUT GLISSE PUIS SE STABILISE

Toutes les valeurs du CAC 40 et de l'EuroStoxx 50 ont fini dans le rouge, ainsi que tous les indices sectoriels, notamment l'indice bancaire (-4,23%) et technologique (-3,62%), mais aussi l'indice de la santé (-3,88%), plombé par la chute de 21,94% de Shire.

Le laboratoire américain AbbVie a laissé entendre qu'il pourrait finalement renoncer à racheter son concurrent britannique à la lumière des modifications de la législation fiscale pour tenter d'empêcher les entreprises américaines de déplacer leur base fiscale hors des Etats-Unis.

Danone (-0,36%) a surperformé, tout comme LVMH (-0,16%) après la publication de bons chiffres d'affaires.

Sur le marché obligataire, le rendement de l'emprunt de référence allemand à 10 ans évolue sous 0,8%, un nouveau plus bas record, en réaction à la détérioration des perspectives de croissance en Europe.

Sur le marché des changes, le dollar plonge et a touché son plus bas niveau en trois semaines face à l'euro et de plus d'un mois contre le yen après des indicateurs décevants reflétant une certaine fragilité de l'économie américaine.

L'attention s'est portée sur la couronne norvégienne et le dollar canadien, tombés à des plus bas respectifs de quatre et cinq ans face au billet vert en raison de la chute du pétrole, matière première à laquelle ces deux devises sont assez étroitement corrélées.

Après leur glissade de plus de 4% mardi, les cours du brut ont perdu encore du terrain avant de se stabiliser en fin de journée. Le baril de Brent se traite à 84,89 dollars après la clôture des Bourse, après avoir testé les 84 dollars, ce qui représente une baisse de près de 25% depuis le 1er janvier.

Les marchés d'actions et de devises des pays émergents en Russie et au Moyen-Orient, qui dépendent aussi des cours du pétrole, ont souffert également.

(avec Blaise Robinson et Lionel Laurent, Juliette Rouillon pour le service français, édité par wilfrid Exbrayat)

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