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Europe : Les banques européennes chutent plus brutalement qu'en 2008

Europe : Les banques européennes chutent plus brutalement qu'en 2008Europe : Les banques européennes chutent plus brutalement qu'en 2008

par Sinead Cruise et Richa Naidu

LONDRES (Reuters) - Les actions des grandes banques européennes sont au coeur des préoccupations des investisseurs et dégringolent plus brutalement qu'elles ne l'avaient fait en 2008, au début de la crise financière.

Les banques européennes ont perdu près d'un quart de leur valeur en Bourse, soit plus de 240 milliards de dollars, depuis le début de l'année.

L'accumulation des inquiétudes macro-économiques menace ainsi de défaire ce qui avait été construit en huit ans pour réduire les coûts, équilibrer les bilans et se protéger contre le risque.

La chute des cours du pétrole, l'explosion des coûts technologiques et la volatilité des marchés ne sont que quelques-uns des facteurs qui placent les banques au centre des préoccupations des investisseurs.

Il faut y ajouter le poids des créances douteuses et les taux d'intérêt négatifs qui menacent les marges nettes d'intérêt et pourraient conduire les banques à facturer les comptes courants.

"Il n'y a aucun signal à l'achat sur le secteur bancaire", résume Neil Dwane, responsable de la stratégie chez Allianz Global Investors.

Dans ce contexte, Deutsche Bank, UniCredit et Credit Suisse ont vu leurs actions chuter deux fois plus qu'elles ne l'avaient fait sur la même période au début de 2008.

Parmi les 15 principales banques européennes, seules ING et Nordea Bank, qui ont cédé respectivement 21% et 15%, ont perdu moins qu'entre le nouvel an et le 8 février 2008.

L'indice bancaire du STOXX Europe 600 a perdu 24% depuis le début de l'année, contre 17% sur la même période il y a huit ans.

MOINS GRAVE QU'EN 2008 ?

Certains investisseurs pointent du doigt l'argent bon marché mis à la disposition des banques par la Banque centrale européenne (BCE) sous la forme des opérations de refinancement à long terme (LTRO) lancées en 2011. Cet argent a permis, estiment-ils, aux banques de camoufler leur dette en la restructurant.

Le marché des CDS (credit default swaps), soit les primes d'assurances acquittées par les investisseurs pour limiter leur exposition au risque de défaut d'un émetteur, est également très nerveux en ce début d'année.

Les prix des CDS pour HSBC, Deutsche Bank, Barclays et Standard Chartered flirtent ainsi avec des pics de 10 ans.

Les risques de faillites dans le secteur de l'énergie en raison de l'effondrement des cours du pétrole constituent un facteur supplémentaire de défiance à l'égard des banques, déjà pénalisées par un environnement de taux bas, notent les analystes.

Chaque banque a ses propres soucis. Deutsche Bank, qui a plongé lundi à un creux de plusieurs années, inquiète quant à sa capacité à honorer certains paiements obligataires tandis que HSBC et Standard Chartered souffrent surtout en raison de leur exposition à la Chine.

Barclays, dont la cotation a été brièvement suspendue lundi pour excès de volatilité des échanges, pourrait, craignent certains investisseurs, devoir recourir à une augmentation de capital pour améliorer son ratio de solvabilité de référence (common equity tier one).

Malgré la méfiance envers les banques européennes, qui coïncide avec les mauvais résultats publiés par certaines grosses banques américaines, les investisseurs pensent que l'horizon est moins sombre qu'avant la crise financière.

"C'est un moment préoccupant pour un actionnaire de banques mais je ne pense pas que ce soit aussi grave qu'avant la crise de Lehman parce que la BCE est davantage prête à agir et que les fissures dans le système financiers en sont pas encore là", dit Andrea Williams, gérante de fonds chez Royal London Asset Management.

(Patrick Vignal pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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