Bourse > Actualités > Points de marché > Europe : Les banques devront réduire leurs coûts de 10% d'ici 2016

Europe : Les banques devront réduire leurs coûts de 10% d'ici 2016

tradingsat

PARIS (Reuters) - Les principales banques européennes devront réduire leurs coûts de 40 à 70 milliards d'euros d'ici 2016 pour rétablir leur rentabilité, mise à mal par la crise et l'évolution réglementaire, selon les estimations de Roland Berger.

Confrontées à l'effondrement du rendement de leurs fonds propres, passé de 17% en moyenne en 2007 à 4% en 2011, les banques vont devoir réduire leur base de coûts de 10% à 17% sur la période, selon le scénario retenu, pour retrouver des niveaux de rentabilité compris entre 9% et 11%, compatibles avec leur coût du capital, estime le cabinet de consultants dans une étude présentée mercredi.

Le scénario favorable correspondrait à une reprise graduelle de l'économie accompagnée d'une mise en oeuvre progressive des nouvelles dispositions réglementaires, d'un interventionnisme politique limité et du retour à un environnement de financement stable et fluide.

Un scénario plus difficile consisterait en une stagnation durable de l'activité accompagnée d'une application stricte des nouvelles règles, d'un activisme politique et de la persistance d'épisodes de tension sur les marchés.

Les grandes banques européennes ont toutes présenté des plans d'ajustement pour faire face à la crise mais, selon Roland Berger, seules neuf des 25 premières se sont véritablement dotées d'un plan à moyen terme leur permettant de réduire leur ratio d'exploitation de six à sept points.

SOUS-TRAITANTS ET FOURNISSEURS EN PREMIÈRE LIGNE

Les banques françaises ont pour l'instant annoncé des plans d'adaptation à court terme destinés à parer au plus pressé alors qu'aucune banque française n'affiche un ratio d'exploitation inférieur à la moyenne européenne.

Les grandes banques européennes ont ramené leur ratio d'exploitation de 69% en moyenne au milieu des années 90 à 61% à fin 2012, soit une baisse de 0,5 point par an, dans un contexte où la hausse de l'activité de l'ordre de 3 à 5% l'an permettait d'absorber des hausses de coûts de 2 à 4% l'an.

L'objectif d'un ratio d'exploitation de 55% en 2016 retenu par la plupart des banques ayant présenté des plans d'ajustement à cet horizon correspond à une baisse de 1,5 point chaque année. Dans un contexte de relative stagnation du produit net bancaire, il implique un ajustement annuel de -0,5% à -2,5% de la base de coûts.

Selon Roland Berger, les économies proviendront pour moitié des sous-traitants et fournisseurs, qui ne représentent pourtant que 15% de la structure actuelle des coûts des établissements bancaires, et pour l'autre des frais de personnel.

Ces ajustements ne pourront pas se faire à structure constante et impliqueront des changements d'organisation avec une simplification aussi bien des produits que des process et la sous-traitance de pans entiers d'activité.

"Dans les métiers à coûts fixes élevés et fortement dépendants des systèmes d'information, les banques qui sont confrontées à la nécessité d'investir plusieurs centaines de millions d'euros pour des raisons réglementaires ou d'obsolescence afin de refondre leur chaînes de traitement, réfléchissent de plus en plus à le faire à plusieurs", a expliqué Stéphane Potier, associé-stratégie IT et Opérations.

SPÉCIFICITÉS NATIONALES

"Il y a aussi la possibilité de passer à des modèles qui existent depuis assez longtemps dans des industries comme l'aéronautique ou l'automobile, avec la création de fournisseurs s'adressant à l'ensemble du secteur, dans lesquels des tiers comme des SSII peuvent être impliqués, et qui ont aussi une capacité à proposer des innovations produit", a-t-il ajouté.

Roland Berger anticipe que l'emploi dans le secteur bancaire européen reviendra à l'horizon 2016 à ses niveaux du début des années 2000, avec environ 180.000 destructions d'emplois sur près de trois millions en 2011 tandis que prévaudra la modération salariale, y compris pour les rémunérations caractérisées par une part variable importante.

Dans la banque de détail, "les réseaux d'agences constituent un levier de réduction de coûts importants", a relevé Stéphane Potier.

Sur les quelque 240.000 agences bancaires existantes en Europe de l'Ouest, 15.000 à 20.000, soit 8% à 10% du total pourraient être fermées à l'horizon 2016 dans le scénario le plus favorable et de 30.000 à 35.000 (12% à 14%) dans un scénario plus difficile.

La nature et l'ampleur des ajustements dépendra des spécificités nationales, notamment du degré de concentration déjà atteints par les différents systèmes bancaires mais aussi du degré de flexibilité du marché du travail.

Roland Berger, l'un des deux cabinets de consultants retenus par l'Espagne pour conduire l'audit de ses banques et chiffrer leurs besoins de recapitalisation, note que la relative faiblesse de la concentration et le nombre élevés d'agences bancaires rapportés au nombre d'habitants font des fusions et de la rationalisation des réseaux des leviers importants de réduction des coûts dans ce pays.

En France, où le degré de concentration et la protection de l'emploi sont élevés, la sous-traitance voire le transfert d'activités à de nouveaux acteurs seront sans doute privilégiés.

Marc Joanny, édité par Marc Angrand

Copyright © 2012 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...