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Europe : Le sommet à quatre de rome avance sur la croissance

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par Emmanuel Jarry

ROME (Reuters) - Les quatre principales économies de la zone euro - Allemagne, France, Italie, Espagne - se sont mises d'accord vendredi sur un plan d'urgence pour la croissance mais ont laissé ouvert le débat sur la stabilité financière et l'intégration européenne.

A l'issue d'un sommet à quatre à Rome, Angela Merkel, François Hollande, Mario Monti et Mariano Rajoy ont affiché leur volonté d'adresser au reste du monde et aux marchés financiers un message sur "l'irréversibilité de l'euro", fragilisé par les crises à répétition de ces quatre dernières années.

Le président du Conseil italien, hôte de cette réunion de préparation du Conseil européen des 28 et 29 juin, a annoncé qu'ils étaient tombés d'accord sur les contours d'un paquet de mesures en faveur de la croissance de l'ordre de 1% du PIB de l'Union européenne, soit 120 à 130 milliards d'euros.

Il en faudra plus pour que la France s'engage à ratifier le pacte de discipline budgétaire conclu début 2012, dit-on de source diplomatique française.

"Le volet croissance est essentiel mais il y a aussi la stabilité financière", explique-t-on de même source. "Il faudra que le Conseil européen adopte des décisions ambitieuses."

Le nouveau président français n'en a pas moins voulu voir dans cet accord le fruit de son plaidoyer pour ajouter un volet croissance au pacte budgétaire, même si ces mesures font en fait l'objet d'un quasi consensus depuis des mois.

"Qui aurait pu dire il y a encore quelques semaines (que la croissance) serait à ce point à l'ordre du jour d'un Conseil européen ?" a-t-il dit lors d'une conférence de presse commune. "La croissance (...) est devenue la priorité."

La chancelière allemande, réticente vis-à-vis de tout ce qui pourrait aggraver l'endettement des pays de l'euro, a confirmé son ralliement à des mesures d'urgence pour la croissance.

"Je suis d'accord avec ce 1% du PIB européen qui doit être investi dans la croissance", a dit Angela Merkel. "Je pense que c'est véritablement le bon signal, celui dont nous avons besoin."

Elle a néanmoins insisté sur le fait que "la croissance et des finances solides (étaient) les deux faces d'une même médaille".

"PAS D'AUSTÉRITÉ" POUR LA FRANCE

François Hollande a lui aussi fait entendre sa petite musique.

Tout en admettant que la France avait encore à faire la preuve de son "sérieux budgétaire", il a estimé qu'il y avait des limites. "Je suis contre l'austérité", a-t-il dit.

Mario Monti les a renvoyés dos à dos : "Je vous invite à ne pas oublier qu'il y a dix ans (...), l'Allemagne et la France, avec l'autorisation et la complicité de la présidence italienne, avaient dérogé aux règles de l'euro."

"Et il a fallu pratiquement dix ans pour retrouver une crédibilité qui n'avait pas été mise à mal par la Grèce ou le Portugal mais par deux pays parmi les plus puissants de la zone euro", a ajouté le président du Conseil italien.

Les quatre dirigeants ont par ailleurs confirmé leur accord sur la mise en place d'une taxe sur les transactions financières dans le cadre d'une "coopération renforcée".

Pour lancer une telle coopération, il faut au moins neuf Etats volontaires, rappelle-t-on de source diplomatique auprès de la présidence française. Or, une douzaine de pays prêts à s'engager ont été recensés, assure-t-on de même source.

Angela Merkel, François Hollande, Mario Monti et Mariano Rajoy ne sont en revanche guère allés au-delà des déclarations d'intention sur la création de nouveaux instruments de stabilisation financière et de supervision du système bancaire.

Le président français n'insiste certes plus sur la création rapide d'obligations européennes pour mutualiser les dettes publiques des Etats de la zone euro, dispositif auquel Angela Merkel reste opposée. Il a néanmoins affirmé qu'il n'était pas question pour lui d'attendre dix ans.

UNE FEUILLE DE ROUTE

"Je considère que ça doit être une perspective, pas à dix ans", a-t-il déclaré. "A mesure qu'il y aura une union, une intégration, les eurobonds seront un instrument utile pour l'Europe et je continuerai de travailler dans ce sens."

Quant au renforcement de l'intégration européenne, "c'est là-dessus que nous avons les débats les plus difficiles", a admis François Hollande devant la communauté française lors d'une réception à la résidence de l'ambassadeur de France.

Il ne conçoit, pour sa part, les abandons de souveraineté que suppose une intégration politique européenne plus poussée, qu'en contrepartie d'améliorations des mécanismes de solidarité entre les Etats membres de la zone euro.

"Nous nous sommes retrouvés sur une vision commune de l'Union économique et monétaire, sur une feuille de route qui supposera à chaque étape de l'union - union monétaire, union bancaire - des instruments qui correspondent à cette volonté de travailler ensemble", a-t-il néanmoins assuré devant la presse.

Angela Merkel a, pour sa part, rappelé son credo en la matière : "Lorsque la solidarité est nécessaire, il faut qu'il y ait également un contrôle."

Et s'ils ont affirmé à l'unisson leur souhait d'utiliser tous les mécanismes existant pour renforcer la stabilité financière de la zone euro, le débat sur les modalités d'un recours au Fonds et au Mécanisme européen de stabilité (FESF et MES) pour porter secours aux banques en difficultés ou racheter de la dette souveraine n'est pas non plus tranché.

Edité par Yves Clarisse et Jean-Loup Fiévet

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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