Bourse > Actualités > Points de marché > Europe : Le secteur du médicament demande des garanties à l'ue

Europe : Le secteur du médicament demande des garanties à l'ue

Europe : le secteur du médicament demande des garanties à l'ueEurope : le secteur du médicament demande des garanties à l'ue

par Ben Hirschler

LONDRES (Reuters) - A quelques jours du sommet européen de Bruxelles, les industriels de la pharmacie ont écrit aux dirigeants de l'Union pour leur demander des garanties leur permettant d'assurer l'approvisionnement en médicaments des pays les plus touchés par la crise, comme la Grèce ou l'Espagne.

Confrontés aux baisses de prix imposées par les gouvernements et à l'accumulation d'impayés qui se chiffrent en milliards, les fabricants du secteur souhaitent des mesures exceptionnelles pour prévenir une extension au nord de l'Europe des baisses de prix déjà en oeuvre dans les pays du sud.

Dans la lettre aux dirigeants de l'UE que Reuters s'est procurée, le directeur général du géant GlaxoSmithkline (GSK), Andrew Witty, écrit que laisser se propager des mesures d'austérité handicaperait un secteur qui emploie 660.000 personnes.

"Alors que l'Europe, son économie et ses citoyens traversent une période extraordinaire, des politiques ordinaires - des mesures de maîtrise des coûts qui créent des distorsions de marché - vont détourner les investissements vers l'extérieur", ajoute Andrew Witty, qui préside la Fédération européenne des industries et associations pharmaceutiques (Efpia).

Celle-ci a envoyé sa lettre au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et au président du Conseil, Herman Van Rompuy, en vue du sommet de jeudi et vendredi.

La crise de la zone euro exerce une double pression sur les laboratoires pharmaceutiques, censés maintenir l'approvisionnement en médicaments afin d'éviter une catastrophe sanitaire tout en risquant des pertes financières.

Première conséquence concrète de cette situation: le laboratoire allemand Biotest, un petit fournisseur de produits sanguins, a annoncé il y a une dizaine de jours son retrait de Grèce faute de pouvoir se faire payer.

Selon les chiffres du secteur, moins de 1% des médicaments livrés au système de santé grec au premier trimestre ont été payés et cette proportion n'est que de 34% pour l'ensemble de 2011.

DÉJÀ SEPT MILLIARDS D'EUROS D'EFFORTS

De grands groupes pharmaceutiques comme Roche ou Novo Nordisk exigent désormais d'être payés comptant dans certains cas, mais ils ne sont jusqu'à présent pas allés plus loin.

En Grèce, en Irlande, en Italie, au Portugal et en Espagne, les entreprises pharmaceutiques ont contribué à hauteur de plus de sept milliards d'euros au total au rééquilibrage des comptes publics en 2010 et 2011, en consentant des baisses de prix et des remises exceptionnelles, souligne la lettre de l'Efpia.

Mais l'impact global est plus lourd encore, poursuit-elle, car de nombreux gouvernements en Europe et ailleurs utilisent les prix pratiqués dans le sud de l'Europe pour fixer leurs propres prix.

Et ce mouvement est amplifié par le fait que certains grossistes réexportent des médicaments des pays du sud vers des destinations où les prix sont plus élevés, comme l'Allemagne.

L'Efpia demande donc aux pays de l'Union d'exclure les pays affectés par un programme de restructuration budgétaire des paniers servant de référence à la fixation des prix des médicaments, et elle souhaite voir l'UE interdire temporairement la réexportation de médicaments.

"Nous demandons aux chefs d'Etat de nous aider mais, en nous aidant, ils s'aideraient eux-mêmes", a déclaré Richard Bergstrom, le directeur général de l'Efpia, au cours d'un entretien téléphonique.

"Cela débloquerait la situation et nous permettrait d'être plus imaginatifs afin de répondre aux besoins des gouvernements, notamment pour les pays sujets à un programme structurel."

Dans sa lettre, Andrew Witty assure que les entreprises de l'Efpia ont "travaillé très dur dans les pays membres qui connaissent les plus grandes difficultés pour tenter d'assurer la continuité de l'approvisionnement".

Ces efforts incluent un plan d'urgence afin d'assurer que la Grèce ne connaîtrait pas de pénuries au cas où elle sortirait de la zone euro, avaient déclaré le mois dernier plusieurs sources du secteur.

En échange de cette coopération, les laboratoires souhaitent de meilleures conditions financières dans les pays les plus aisés.

Des dirigeants de Pfizer, Bayer et GSK se sont plaints ces derniers mois du fait que l'Union pénalisait la recherche pharmaceutique en ne jouant pas un rôle équivalent à ceux qu'assument les Etats-Unis et le Japon.

Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2012 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...