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Europe : Le marché du crédit en euro retrouve son éclat en janvier

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par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - Janvier 2012 s'inscrit parmi les mois les plus brillants jamais enregistrés sur le marché du crédit en euro qui, assommé par la crise de la dette souveraine, avait dû quasiment fermer ses portes près de six mois avant la fin de l'année 2011.

L'accalmie intervenue au tournant de 2012 sur le marché des emprunts d'Etat malgré la rafale récente de dégradations de pays de la zone euro par les agences de notation a réveillé l'appétit pour les actifs risqués, pour les obligations d'entreprises (credit corporate) plus que pour les actions.

Toutefois, les interrogations sur la durée de l'embellie se multiplient. "La consigne 'retour du capital' et non plus 'retour sur capital' demeure", prévient Bill O'Neill, directeur des investissements chez Merrill Lynch Wealth Management.

"Ce mois de janvier est réellement excessivement optimiste. On n'est pas sorti des problèmes de la zone euro entre novembre et maintenant", souligne Etienne Gorgeon, directeur de la gestion taux chez Edmond de Rothschild Investment Managers (Edrim).

Un retour de bâton pourrait se matérialiser à la faveur d'une nouvelle dégradation de l'Italie, estime-t-il, en relevant que le 'rally' sur les actifs risqués s'est accompagné d'une stabilité du Bund allemand, référence de la zone euro, qui ne se dément pas, trahissant ainsi la volonté de maintenir une dose suffisante de sécurité dans les portefeuilles ou les bilans.

"Nous clôturons janvier sur une superbe performance pour le marché du crédit. Les chiffres sont impressionnants. Nous avons enregistré le cinquième meilleur mois en termes de resserrement des spreads", écrit Suki Mann, responsable de la stratégie crédit chez Société générale.

Les précédentes performances record mensuelles en termes de spreads remontent à 2009, année qui en a enregistré trois, et à octobre 2011.

"RESSERREMENT STELLAIRE"

"Le moteur principal de ce resserrement stellaire a été le rally des financières, lequel est à mettre au crédit de la Banque centrale européenne qui, grâce à son opération de refinancement de long terme (LTRO) à trois, a restauré la confiance et levé les inquiétudes sur la liquidité et le financement des banques", ajoute Suki Mann.

Le retour sur investissement de l'ensemble du credit corporate de la catégorie investissement (Investment grade) mesuré par l'indice iBoxx a gagné 2,74% en janvier, les financières ayant été les principaux contributeurs à cette performance.

Le crédit de la catégorie spéculative (high yield) a enregistré une performance de 6,3%.

Les indices synthétiques (sur dérivés de crédit CDS) se sont tous fortement détendus en janvier, l'iTraxx Main IG de 33 points de base à 146, l'iTraxx Xover (HY) de 153 pdb à 627 points et l'iTraxx Fin de 67 pdb à 221.

Dans le même temps, les indices boursiers comme l'EuroStoxx 50 et le CAC 40 ont progressé respectivement de 2,37% et de 1,96%.

Quant aux rendements des emprunts souverains des pays périphériques de la "zone euro", ils ont connu une détente spectaculaire. Le taux du BTP italien à 10 ans est tombé de 7,15% le 9 janvier à 5,76% (-139 points de base) mercredi en début d'après-midi. Même tendance sur le 10 ans espagnol qui, dans la même période, est passé de 5,75% à 4,92%.

DANS L'ATTENTE DU LTRO 2

Les marchés attendent désormais la seconde opération non conventionnelle à trois ans de la BCE programmée pour le 29 février.

Les pronostics vont bon train, certains estimant que, comme en décembre, les banques emprunteront près de 500 milliards d'euros, d'autres qu'elles emprunteront moins et d'autres encore qu'elles prendront le double, soit un milliard.

En attendant, la première LTRO a permis aussi de rouvrir le marché du crédit aux banques, à qui les investisseurs refusaient de prêter autrement que sous la forme d'achat d'obligations sécurisées (covered bonds) très bien notées.

Fermé depuis juillet, le marché primaire de la dette bancaire senior s'est déchaîné avec 22 milliards d'euros émis au mois de janvier, contre moins de 18 milliards d'euros émis au cours des six derniers mois de 2011. Elles ont également émis 26 milliards d'euros de covered bonds.

L'essentiel des émissions de dette senior a toutefois été le fait de banques du 'noyau dur' de la zone euro et de banques scandinaves, toutes correctement notées.

Intesa Sanpaolo a été mardi la première banque italienne à se présenter sur le marché de la dette senior depuis juillet, et la première d'un pays en difficulté à solliciter les investisseurs cette année. Elle a émis 1,5 milliard d'euros d'obligations à 18 mois assorties d'un coupon de 4%. Le rendement à l'émission s'est établi à 295 points au-dessus de la courbe des swaps.

Les grandes entreprises non financières du segment IG ont profité de la détente pour lever des fonds dans de bonnes conditions, tout en répondant au besoin de rendement quand le Bund allemand à 10 ans offre moins de 2%.

Elles ont émis 18 milliards d'euros en janvier, la moitié l'ayant été par des signatures françaises connues, comme Bouygues, Alstom, Renault, PSA ou encore Saint-Gobain.

Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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