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Europe : Le dollar à l'origine des derniers mouvements boursiers

Europe : le dollar à l'origine des derniers mouvements boursiersEurope : le dollar à l'origine des derniers mouvements boursiers

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - Les variations du dollar sont à l'origine des variations des Bourses européennes et des matières premières, le recours au billet vert comme monnaie d'emprunt pour acheter des actifs risqués ayant été accentué depuis les événements au Japon et un regain d'aversion au risque, notent des analystes.

Le dollar est reparti à la hausse vendredi après-midi, poursuivant une tendance qui a conduit cette semaine les marchés d'actions européens et les cours des matières premières à une nouvelle correction, la deuxième en huit jours.

"Les mécanismes de marché sont un petit peu particuliers depuis la faillite de Lehman", souligne Yves Maillot, directeur des investissements et de la gestion actions chez Robeco.

"Le dollar est une monnaie conduite par les taux directeurs de la Fed et est devenu une monnaie de carry trade (...) On emprunte du dollar pour investir sur d'autres classes d'actifs à risque", rappelle-t-il. "Les actions européennes s'apprécient lorsque le dollar baisse, et le dollar baisse quand l'aversion au risque recule. Et c'est encore plus net dans les périodes plus nerveuses."

Outre la remontée du dollar, la fin dans un mois et demi du deuxième programme d'assouplissement quantitatif (QE2) de la Fed, la décélération de la croissance des marchés émergents, en particulier chinoise, et le relèvement des appels de marges sur l'argent et le pétrole pour endiguer la spéculation pèsent sur les matières premières.

PRISES DE BÉNÉFICES DE LA PART DES HEDGE FUNDS

Et la baisse des cours des matières premières est d'autant plus brutale que la spéculation a été très forte sur plusieurs actifs (or, argent, pétrole) et que certaines positions avaient pour objectif de se couvrir contre la baisse du billet vert, soulignent plusieurs gérants.

"L'appréciation récente du dollar a été l'occasion rêvée pour des prises de bénéfices de la part de quelques hedge funds", ajoute Michael Aflalo, responsable de la gestion diversifiée benchmarkée - matières premières et actions - chez Natixis AM.

"Avec la fin du QE2, on va sans doute vivre quelques semaines au cours desquelles le marché va évoluer dans un 'trading range', notamment sur les actifs risqués."

A moyen terme, les groupes spécialisés dans les biens de consommation et les exportateurs devraient bénéficier de l'amélioration des marges induites par le repli des matières premières et la remontée du dollar.

"Tout cela va bénéficier aux entreprises qui vont moins avoir besoin de passer des hausses de prix aux consommateurs, qui sont toujours difficiles en période de sortie de crise", remarque Joffrey Ouafqa, analyste-gérant chez Convictions AM.

"A plus court terme, la correction des matières premières résulte des craintes grandissantes d'un ralentissement de la croissance, qui aurait un impact négatif sur le marché des actions", prévient toutefois Michael Aflalo.

PATIENCE

Les gérants appellent donc les investisseurs à faire preuve de patience pour savoir si les matières premières ne connaissent actuellement qu'un simple trou d'air ou s'il s'agit d'une tendance plus structurelle, d'autant que tous les secteurs d'activité ne devraient pas profiter d'une baisse des cours des matières premières.

Dans le secteur de l'énergie, une telle baisse est défavorable au chiffre d'affaires des producteurs de pétrole, ce qui peut peser sur leur décision d'investissements et affecter par ricochet les groupes de services pétroliers, rappelle Laurent Ducoin, gérant actions européennes chez BlackRock.

En termes de valorisation, le marché européen est aujourd'hui le moins cher avec un ratio cours sur bénéfices (PE) de 8,91 pour l'Eurostoxx 50 en 2012 contre 12 pour le S&P 500, note Michael Aflalo, ce qui pourrait attirer les investisseurs.

Cette situation s'explique toutefois par le risque souverain en zone euro et par les craintes d'une restructuration de la dette grecque qui pourrait faire jurisprudence, précisent des gérants.

"Tant que les incertitudes concernant le redressement de la Grèce ne seront pas levées, le CAC 40 ne pourra pas s'affranchir des 4.200 points", prévient Fabrice Cousté, directeur général de CMC Markets France.

Une semaine après avoir chuté de 4,9%, l'indice mondial Reuters-Jefferies CRB, une référence pour les prix des matières premières, a perdu jeudi jusqu'à 1,4% en journée et l'euro a touché un plus bas de six semaines contre le dollar, entraînant un recul de 0,72% de l'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 et de 0,86% du CAC 40.

Avec Blaise Robinson, édité par Dominique Rodriguez

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