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Europe : La zone euro serre les rangs, berlin se veut optimiste

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par Julien Toyer et Emmanuel Jarry

BRUXELLES (Reuters) - Les pays de la zone euro devaient serrer les rangs vendredi face aux tensions sur les marchés autour des situations grecque, irlandaise et portugaise tandis que certaines avancées dans la réponse "globale" à la crise semblaient se dessiner.

Pressé par ses pairs, le Portugal a présenté quelques heures avant le début du sommet à Bruxelles une série de mesures visant à atteindre son objectif d'un déficit budgétaire 2011 de 4,6%, mais les marchés ont peu réagi, dans l'attente d'une décision de plus grande ampleur de l'UE.

Une source au sein du gouvernement allemand a dit entrevoir des signaux positifs dans les négociations en cours. Les chefs d'Etat et de gouvernement réunis en sommet à Bruxelles espéraient publier une déclaration en ce sens vendredi soir.

Angela Merkel a estimé que les annonces portugaises allaient aider aux discussions sur la réponse "globale" à la crise attendue pour la fin mars.

Un diplomate européen a par ailleurs indiqué que les Vingt-Sept travaillaient à une déclaration de soutien au Portugal, à la Grèce et à l'Irlande et détaillant une série de lignes directrices à cette réponse.

"Les Etats membres accueilleront positivement les nouvelles mesures annoncées vendredi à Lisbonne et rappelleront qu'ils feront tout ce qui sera nécessaire pour soutenir la zone euro", a indiqué un diplomate européen ayant consulté une version préliminaire du texte.

"La déclaration apportera aussi un soutien clair à (George) Papandréou mais pourrait aussi demander des précisions sur la mise en oeuvre du plan de privatisation de 50 milliards d'euros", a-t-il ajouté.

Cette source a précisé que la question de réduire le taux d'intérêt des prêts grecs et irlandais et d'allonger la période de remboursement était également discutée à Bruxelles et pourrait figurer dans le texte final.

Enfin, le pacte de "compétitivité" proposé par l'Allemagne, qui sera endossé vendredi, ne serait par contre pas formellement adopté avant le sommet des 24 et 25 mars.

Une majorité de pays réclament que Berlin assouplisse d'abord sa position sur la réforme du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et les missions du futur mécanisme européen de stabilité (MES), a-t-on dit de même source.

S'ENTENDRE DÈS VENDREDI

Une discussion est en cours sur ces deux mécanismes depuis plusieurs semaines afin d'en relever les capacités de prêts et d'en permettre une utilisation plus flexible via des achats d'obligations sur le marché primaire et secondaire, des prêts à un pays pour racheter ses propres obligations ou des lignes de crédit à court terme.

Alors que toutes ces solutions ont jusqu'à maintenant buté sur un refus allemand, une source à Berlin a indiqué être désormais optimiste sur la possibilité de s'entendre dès vendredi sur les bases d'un compromis sur ces instruments ainsi que sur la réforme de la gouvernance économique.

"De manière idéale, il s'agirait des lignes directrices pour les ministres des Finances", a-t-on dit.

Ces derniers seront réunis à Bruxelles lundi et mardi pour les réunions mensuelles de l'Eurogroupe et du conseil Ecofin.

Avant que ne s'ouvre le sommet, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a déclaré que les mesures supplémentaires annoncées par Lisbonne ouvraient la voie à une augmentation des capacités du prêt du FESF ainsi qu'à un élargissement des missions du fonds de soutien européen.

"ME PASSER SUR LE CORPS"

Le Premier ministre portugais José Socrates se refuse à demander l'aide de l'UE et, selon un diplomate européen, il aurait répété au cours des dernières heures au président de la Commission européenne José Manuel Barroso qu'il faudrait lui "passer sur le corps" avant qu'il n'envisage cette éventualité.

Son ministre des Finances a énuméré vendredi matin une série de mesures comprenant notamment une réduction des dépenses de santé et d'aide sociale, le report de projets d'infrastructures et le renforcement des réformes structurelles, notamment celle du marché du travail avec une diminution des indemnités de licenciement.

En dépit du soutien officiel qui sera apporté à Lisbonne, une source haut placée participant au sommet de la zone euro a toutefois indiqué que ces annonces n'étaient pas un point d'inflexion dans la crise et que les marchés attendaient avant tout une décision forte de l'UE.

Ces derniers n'ont d'ailleurs pas relâché la pression et le rendement du papier à dix ans s'est encore apprécié après la publication des mesures portugaises, bien au delà de 7,5%, un niveau jugé insoutenable.

Ces taux sont montés à 7,79% après l'annonce des mesures portugaises, alors que l'euro a chuté à son plus bas niveau depuis un mois, à 1.3750 dollar.

Avec Andreas Rinke, édité par Danielle Rouquié

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