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Europe : La zone euro est en crise de leadership, selon guy verhofstadt

Europe : la zone euro est en crise de leadership, selon guy verhofstadtEurope : la zone euro est en crise de leadership, selon guy verhofstadt

par Julien Toyer

BRUXELLES (Reuters) - La crise de la zone euro est le reflet du manque de courage et de compétence des leaders européens, a dit mardi le chef de file des libéraux au Parlement européen Guy Verhofstadt, qui a défendu l'idée allemande d'un "swap" d'obligations grecques à la condition que le fonds de sauvetage "zone euro" y participe.

Dans une interview à Reuters, l'ancien Premier ministre belge, qui compte parmi les eurodéputés les plus influents à Bruxelles, a aussi fait valoir que les attaques des marchés contre l'Italie et l'Espagne n'étaient pas dirigées directement contre ces pays mais étaient un test à l'égard de la solidité et de la cohésion de l'union monétaire européenne.

"J'accuse les leaders politiques européens, qui réagissent toujours avec des demi-mesures, d'un manque de capacité ou d'un manque de courage, ou les deux", a déclaré Guy Verhofstadt.

"Les leaders européens doivent maintenant arrêter le stop-and-go politique auquel ils se livrent depuis un an et demi (...) Ce qu'il faut c'est une politique de réforme structurelle de la zone et créer une Union économique et fiscale qui est nécessaire pour avoir une Union monétaire", poursuit-il.

Ces déclarations interviennent quelques heures à peine après une réunion houleuse des ministres des Finances de la zone euro lundi soir à Bruxelles, au cours de laquelle ils ont ouvert la porte à un défaut grec, une perspective qu'ils avaient pourtant écarté à de maintes reprises auparavant.

Cette possibilité d'un "défaut sélectif" est défendue par l'Allemagne dans le cadre d'un plan visant à réaliser un échange d'obligations grecques actuellement en circulation contre de nouveaux titres à la maturité allongée, afin de faire participer le secteur privé à un second plan d'aide à Athènes.

"CACOPHONIE, CHAOS"

Guy Verhofstadt a défendu cette option d'un "swap" car, a-t-il indiqué, la priorité doit désormais aller à un "nettoyage" des marchés obligataires en Europe.

"Cela pourrait se faire via un debt swap dans lequel on peut échanger par exemple 100% de dette grecque contre 60% de dette émise par le FESF (le Fonds européen de stabilité financière)", créé en mai 2010 au plus fort de la crise, a-t-il expliqué.

"Dans un tel debt swap, la participation du secteur privé est automatique", a-t-il insisté, tout en expliquant qu'une telle opération devait être suivie immédiatement par la création d'un véritable "marché obligataire européen unique, en euros, avec une émission commune de dette, et en donnant des garanties technique aux pays AAA pour qu'ils ne payent pas plus qu'aujourd'hui pour émettre leur dette".

Il a par ailleurs regretté que les divergences entre l'Allemagne et la Banque centrale européenne sur la gestion de la crise soient exposées sur la place publique.

"Cela donne une image de cacophonie, de chaos, qui est très mauvaise. Dans une zone monétaire, on n'a pas besoin de cela (...) D'ailleurs, c'est la cohésion de l'Union économique et monétaire que testent les marchés, pas la résistance de l'Italie ou de l'Espagne", a-t-il fait valoir.

Les Allemands doivent se convaincre vite d'une chose, a-t-il conclu : si les problèmes de l'euro se poursuivent, c'est eux qui vont payer la facture parce que c'est l'euro qui est le moteur du marché intérieur et c'est le marché intérieur qui est le moteur de l'économie allemande".

Edité par Nicolas Delame

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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