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Europe : La reprise s'essouffle dans la zone euro, plombée par la France

Europe : Ralentissement de la croissance du secteur privé en zone euroEurope : Ralentissement de la croissance du secteur privé en zone euro

LONDRES/PARIS (Reuters) - La fragile reprise du secteur privé dans la zone euro s'est affaiblie de manière inattendue au mois de novembre, la vigueur de l'économie allemande ne parvenant pas à compenser une nouvelle dégradation en France, selon les premiers résultats de l'enquête PMI de Markit auprès des directeurs d'achat.

L'estimation "flash" de l'indice composite de cette enquête, qui combine l'industrie et les services, est ressorti à 51,5 contre 51,9 le mois précédent, en dessous de la plus basse des prévisions des économistes interrogés par Reuters. Il se maintient toutefois au-dessus de la barre des 50 qui sépare croissance et contraction.

Les résultats de l'enquête "flash" laissent augurer d'une croissance de 0,2% de la zone euro au quatrième trimestre, selon l'économiste en chef de Chris Williamson, une prévision conforme au consensus des économistes interrogés par Reuters.

Le produit intérieur brut de la zone euro a enregistré une croissance de 0,1% au troisième trimestre, selon une première estimation publiée la semaine dernière par Eurostat.

"Il est important de rappeler qu'il croit encore", a souligné Chris Williamson.

La fragilité de la reprise au sein de la zone euro a conduit la Banque centrale européenne à abaisser son principal taux directeur à un nouveau plus bas record le 7 novembre.

Confrontés à un ralentissement très marqué de la hausse des prix, les responsables monétaires européens ont souligné depuis qu'ils disposaient d'autres outils pour lutter si nécessaire contre un éventuel risque de déflation.

DIVERGENCE FRANCO-ALLEMANDE

Les enquêtes PMI montrent, une nouvelle fois, que l'écart entre l'Allemagne, principal moteur de reprise dans la zone euro, et les autres pays du bloc, France en tête, se creuse.

"Les données relatives à la France sont le principal facteur d'explication de la baisse des indices. Mais il y a aussi des preuves d'une activité moins soutenue ailleurs dans la région", a toutefois relevé Chris Williamson.

L'activité dans le secteur privé s'est contractée en France après deux mois de faible croissance faisant craindre une rechute en récession de la deuxième économie de la zone euro.

L'indice composite flash pour la France s'est inscrit à 48,5 contre 50,5 le mois précédent sous l'effet d'une nouvelle dégradation de l'activité dans le secteur manufacturier et d'un secteur des services qui a renoué avec la contraction.

Frederik Ducrozet, économiste chez Crédit agricole, souligne sur Twitter le "mal-être" de la France face à l'extrême force de l'économie allemande et estime qu'une convergence est absolument nécessaire.

Ben May, chez Capital Economics, assure quant à lui que le chiffre français "va exacerber les inquiétudes sur la divergence entre les deux plus grandes économies de la région".

En Allemagne, l'estimation "flash" de l'indice PMI composite a progressé à 54,3 contre 53,2 en octobre sous l'effet d'une accélération de l'expansion dans le secteur manufacturier comme dans celui des services.

Après avoir stagné sur les trois premiers mois de l'année, l'économie allemande a enregistré une croissance de 0,7% sur le deuxième trimestre avant un PÏB en hausse de 0,3% sur le troisième trimestre, cette dernière donnée pouvant encore être révisée.

"L'enquête de novembre suggère que l'économie allemande a gagné en puissance au cours du dernier trimestre de 2013", a déclaré Tim Moore, économiste de Markit.

A l'inverse, les données pour la France laisse augurer selon Markit une contraction de l'activité de 0,2% du produit intérieur brut sur la période octobre-décembre par rapport au trois mois précédent, où il a reculé de 0,1%, selon les premières estimations publiées la semaine dernière par l'Insee.

Marc Joanny avec Jean-Baptiste Vey, édité par Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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