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Europe : La grèce obtient de l'aide en échange de plus d'austérité

Europe : la grèce obtient de l'aide en échange de plus d'austéritéEurope : la grèce obtient de l'aide en échange de plus d'austérité

par Ingrid Melander et Ben Deighton

ATHENES (Reuters) - La Grèce recevra sans doute en juillet une nouvelle tranche d'aide de la part de ses bailleurs de fonds internationaux, ce qui lui permettra d'éviter le défaut, en échange d'un nouveau train de mesures d'austérité.

Après avoir examiné pendant un mois entier la mise en oeuvre par la Grèce du premier plan de sauvetage de 110 milliards d'euros décidé en mai 2010, les inspecteurs représentant la Commission européenne, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne ont déclaré vendredi que la Grèce avait accompli des progrès considérables mais qu'il fallait accélérer les réformes structurelles.

"A partir de la décision sur ce plan d'ensemble, les discussions sur les modalités financières du programme économique de la Grèce devraient se tenir dans les semaines qui viennent. Une fois ce processus conclu et après l'approbation par le conseil exécutif du FMI et l'Eurogroupe, la prochaine tranche sera disponible, très vraisemblablement en juillet", déclarent dans un communiqué commun l'Union européenne, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne.

Le ministre grec des Finances George Papaconstantinou avait fait savoir qu'Athènes serait incapable de remplir ses obligations à partir de la mi-juillet si le gouvernement n'obtenait pas la prochaine tranche de prêt de 12 milliards d'euros dans le cadre du plan de sauvetage de l'UE et du FMI, qui devait à l'origine être débloquée le 29 juin.

Par ailleurs, Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe des ministres des Finances de la zone euro, a évoqué la perspective d'un financement supplémentaire de la Grèce au-delà du plan de sauvetage actuel. Il n'a pas donné de chiffre.

"Je pense que l'Eurogroupe acceptera que soit apporté à la Grèce un supplément financier assorti de conditions strictes", a pour sa part déclaré Jean-Claude Juncker à la presse après avoir rencontré le Premier ministre grec George Papandréou.

LE SECTEUR PRIVÉ SERA SOLLICITÉ

Une des conditions pour la poursuite de l'aide sera que les porteurs d'obligations du secteur privé aident eux aussi la Grèce, mais sur la base du volontariat, a précisé Jean-Claude Juncker. Il n'a pas dit comment. Cette question fait l'objet de très vifs débats.

Selon le journal grec Kathimerini, le nouveau plan de sauvetage de trois ans pour la Grèce, qui ira donc jusqu'en 2014, se montera à 85 milliards d'euros, dont un peu moins de la moitié sera fournie par l'UE et le FMI.

La perspective d'un second sauvetage de la Grèce a calmé les marchés obligataires qui craignaient un défaut et a allégé la pression sur les autres pays du sud de la zone euro, jugés eux aussi vulnérables. Les rendements des obligations d'Etat grecques et le coût d'assurance de la dette grecque contre un défaut ont nettement reculé. À la Bourse d'Athènes, les banques grecques ont gagné près de 9%.

Le gouvernement grec a esquissé un projet de budget à moyen terme qui prévoit de nouvelles réductions de dépenses, des mesures pour accroître les recettes de l'Etat et la vente plus rapide des actifs publics.

C'est ce plan que George Papandréou à présenté à Jean-Claude Juncker durant leur réunion de deux heures. Athènes a accepté notamment de créer une agence indépendante pour gérer les privatisations.

Athènes n'a pas pu totalement respecter le programme de sauvetage de mai dernier en raison d'une baisse de ses recettes compte tenu de la récession qui s'est installée dans le pays et d'une évasion fiscale endémique.

L'idée d'un nouveau programme d'austérité a suscité une forte opposition des syndicats et des jeunes ainsi que de certains membres du Pasok, le Parti socialiste au pouvoir de George Papandréou.

Des manifestants ont déployé une immense banderole sur le bâtiment du ministère des Finances pour protester contre une politique, qui, disent-ils, "transforme les travailleurs en esclaves modernes".

Avec Georges Georgiopoulos, Wilfrid Exbrayat et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gregory Schwartz

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