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Europe : La france ne recourra pas au fesf

Europe : la france ne recourra pas au fesfEurope : la france ne recourra pas au fesf

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - La France n'aura pas recours au Fonds européen de stabilisation financière (FESF) pour recapitaliser ses banques, a déclaré mercredi la porte-parole du gouvernement français, ce qui semble être une concession à l'Allemagne.

En vertu de l'accord européen du 21 juillet sur le sauvetage financier de la Grèce et le renforcement du FESF, ce quasi-fonds monétaire de la zone euro pourra prêter de l'argent à des Etats qui en auraient besoin pour recapitaliser leurs banques.

"Mais la France ne fera pas appel au FESF", a assuré Valérie Pécresse, qui est aussi ministre du Budget, lors du compte rendu du conseil des ministres.

Avant la rencontre de vendredi dernier entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, dimanche à Berlin, des sources allemandes et européennes faisaient état de désaccords entre l'Allemagne et la France sur un recours au FESF pour recapitaliser les banques.

La chancelière allemande avait estimé que le FESF, doté de capacités d'intervention de 440 milliards d'euros, ne devait être activé que "si un pays ne peut s'en sortir seul".

Selon une source proche des discussions, la France soutenait pour sa part la possibilité, pour les pays de la zone euro, d'accéder "de manière conjointe au FESF".

"DEVOIR D'ENTENTE"

Nicolas Sarkozy a cependant fait état dimanche d'un accord "complet" avec Berlin sur les modalités de recapitalisation des banques européennes fragilisées par leur exposition à la dette souveraine de la Grèce et d'autres pays de la zone euro.

Le président et la chancelière se sont engagés à apporter une réponse "durable et globale" à la crise pour le sommet du G20, début novembre à Cannes sous présidence française.

Nicolas Sarkozy a livré mardi la clef de la position française aux dirigeants de sa majorité réunis à l'Elysée, en jugeant "centrale" l'entente avec l'Allemagne.

"En ce moment se joue, d'une façon ou d'une autre, la pérennité de l'Europe", a-t-il dit selon un participant. "Nous avons un devoir d'entente avec les Allemands."

Selon la même source, le président français a dit ne pas vouloir évoquer publiquement le sujet avant qu'un accord soit définitivement bouclé avec les Allemands.

La France souhaite une "solution collective européenne", a souligné Valérie Pécresse, selon qui elle sera présentée au Conseil européen du 23 octobre. Après quoi Nicolas Sarkozy se proposerait d'aller en informer Washington et Pékin avant le sommet du G20.

"Nous n'avons aucun doute sur la solidité des banques françaises mais il existe des turbulences sur les marchés financiers qui font que l'augmentation des capitaux des banques européennes est devenue une nécessité", a-t-elle expliqué.

"Nous allons regarder toutes les banques européennes, déceler celles qui ont le plus de fragilités et les aider à se recapitaliser", a ajouté la porte-parole.

LA FRANCE PRÊTE À FAIRE FACE

La France privilégie l'apport de capitaux privés, a-t-elle précisé. Mais "l'Etat français est prêt à faire face à une demande de capitaux publics par les banques".

Selon un analyste financier basé à Londres, beaucoup de banques européennes ne souhaitent cependant pas recourir à des capitaux publics. "Elles préfèreront trouver par leurs propres moyens des capitaux sur les marchés ou vendre des actifs."

Les trois grandes banques françaises, BNP Paribas, Crédit agricole et Société générale, ont accéléré le renforcement de leurs fonds propres dans l'espoir de rassurer les investisseurs sur leur capacité à résister à une crise qui a déjà poussé la banque franco-belge Dexia au démantèlement.

Elles ont dit être en mesure d'atteindre un ratio de fonds propres "durs" ("core tier one") de 9%, voire plus, en 2013, dans le cadre de la nouvelle réglementation bancaire de Bâle III qui entrera alors en vigueur.

Cette réglementation exige des banques un ratio minimum de 7%, alors que la Grande-Bretagne et la Suisse demandent déjà à leurs établissements d'aller au-delà pour atteindre 10%.

"Nous voulons anticiper sur la mise en oeuvre de ces règles", a souligné Valérie Pécresse.

"L'Europe doit montrer sa solidarité et en même temps se donner une règle du jeu collective en terme de fonds propres, de recapitalisation et de solidité", a-t-elle expliqué.

Concernant l'accord européen du 21 juillet, que la Slovaquie est le dernier pays de la zone euro à n'avoir pas ratifié, ce qui en bloque la mise en oeuvre, elle a dit croire à un nouveau vote du Parlement slovaque, cette fois positif.

Edité par Yves Clarisse

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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