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Europe : La ce voit une reprise solide, une hausse de l'inflation

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par Julien Toyer

BRUXELLES (Reuters) - La reprise se confirme dans la zone euro, selon les prévisions de la Commission européenne, qui anticipe aussi une hausse de l'inflation largement au dessus de l'objectif de 2% fixé par la BCE ainsi qu'une baisse des déficits.

Dans ses prévisions économiques de printemps, l'exécutif communautaire dit par ailleurs anticiper une relative stabilité des niveaux de dette et du chômage, mais avertit que les évolutions demeureront très contrastées au sein de la zone euro.

"Il ressort principalement de nos prévisions que la reprise économique en Europe est solide et se poursuit malgré de récentes turbulences et tensions dans l'environnement extérieur sur le marché de la dette souveraine", a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn.

"Il est désormais essentiel que cette tendance à la croissance et à la consolidation se confirme (...) Cela exige la poursuite de l'assainissement budgétaire et la mise en oeuvre résolue de réformes structurelles qui favorisent la création d'emplois et améliorent la compétitivité de nos économies", a-t-il poursuivi.

La Commission attribue cette bonne tenue de l'économie européenne à des perspectives internationales plus favorables et au sentiment d'optimisme général des entreprises, mais elle ajoute que, compte tenu des événements dans le monde arabe et de la fragilité des marchés financiers, l'équilibre des risques "penche nettement du côté négatif".

Elle maintient donc ses prévisions de croissance en zone euro inchangées par rapport à février, à 1,6% en 2011 puis 1,8% en 2012, en dépit des chiffres solides du premier trimestre enregistrés vendredi et France, en Allemagne et dans l'ensemble de la zone monétaire.

HAUSSE DE L'INFLATION, BAISSE DES DÉFICITS

Sur le front de l'inflation, Bruxelles s'attend à ce que la situation se tende nettement en 2011 sous l'effet de la hausse des prix de l'énergie et des matières premières, même si la modération salariale et l'inflation sous-jacente contenue devraient permettre un reflux en 2012.

La Commission revoit à la hausse à 2,6% sa prévision de hausse des prix pour 2011, contre 2,2% attendu en février. Pour 2012, la révision est plus légère, avec 1,8% anticipé contre 1,7% précédemment.

Autre sujet de préoccupation actuel au sein de la zone euro, l'assainissement budgétaire en cours dépasse les prévisions initiales et conduit la Commission à réviser à la baisse ses prévisions de déficit, désormais attendu à 4,3% en 2011 dans la zone euro, contre 4,6% avant et un chiffre de 6,0% en 2010.

Pour 2012, l'exécutif communautaire voit désormais les déficits à 3,5% contre 3,9% précédemment, soit proches de la barre des 3% fixée par le Pacte de stabilité et de croissance.

De leur côté, les niveaux de dette devraient quant à eux augmenter légèrement à 87,7% puis 88,5% du PIB de la zone monétaire commune en 2011 et 2012, soit une légère révision à la hausse des prévisions de février à 86,5 et 87,8% respectivement.

La dette publique grecque, jugée insoutenable à terme par nombre d'analystes, devrait atteindre 157,7% du PIB en 2011 puis 166,1% en 2012, même si le pays devrait enregistrer un retour à la croissance en 2012 après plusieurs trimestres de récession.

DIFFÉRENCES MARQUÉES

Ces chiffres font apparaître de fortes différences entre les économies du coeur de la zone euro et celles de la périphérie.

Outre la Grèce, les deux autres pays ayant requis une aide internationale - l'Irlande et le Portugal - verront eux aussi leur dette publique bondir, sous l'effet de déficits importants et d'une croissance en berne après les plans de réformes structurelles mis en place.

La Commission confirme ainsi que le Portugal devrait connaître une récession au cours des deux prochains exercices annuels alors que la croissance irlandaise devrait rester morose, à respectivement 0,6% et 1,9% en 2011 et 2012.

A l'inverse, les deux locomotives de la zone euro - la France et l'Allemagne - s'en sortent beaucoup mieux, de même que l'ensemble des petites économies, notamment le Luxembourg, la Finlande, l'Estonie ou la Slovaquie.

La Commission anticipe une croissance de l'économie française de 1,8% en 2011 puis 2,0% en 2012, soit des prévisions légèrement plus prudentes que celles du gouvernement français, qui a confirmé vendredi sa prévision de croissance de 2,0% pour 2011.

Les déficits français devraient continuer de se réduire à 5,8% en 2011 puis 5,3% en 2012, encore assez loin de la barre des 3% du PIB fixée par le Pacte de stabilité et de croissance que les autorités françaises ont promis d'atteindre dès 2013.

Ombre au tableau, la reprise, en France comme dans le reste de la zone euro, devrait être relativement pauvre en emplois.

Le chômage devrait rester à un niveau relativement élevé à 10,0% de la population active en 2011 puis 9,7% en 2012.

Edité par Benoît Van Overstraeten

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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