Bourse > Actualités > Points de marché > Europe : La CE révise en hausse sa prévision de déficit 2014 pour la France

Europe : La CE révise en hausse sa prévision de déficit 2014 pour la France

Europe : La CE prévoit un déficit pire que prévu en France cette annéeEurope : La CE prévoit un déficit pire que prévu en France cette année

par Jean-Baptiste Vey

PARIS/BRUXELLES (Reuters) - La France devrait afficher un déficit public équivalent à 4,0% du PIB cette année, supérieur à la moyenne de la zone euro, qui rendra difficile le retour à 3% l'an prochain, selon les prévisions de la Commission européenne publiées mardi.

Le ministre français des Finances, Pierre Moscovici, a répondu qu'il s'en tenait pour l'instant à la trajectoire prévue et qu'il ne négociait pas avec la Commission un nouveau délai pour atteindre la limite européenne de 3%.

Pour 2015, échéance à laquelle la France s'est engagée à repasser sous ce niveau, l'exécutif européen attend 3,9%. Cette prévision s'entend à politique inchangée, alors que le gouvernement souhaite réaliser un effort de redressement des comptes supérieur à 15 milliards d'euros.

Dans ses prévisions précédentes publiées en novembre, la Commission prévoyait un déficit à 3,8% en 2014 et 3,7% en 2015. Pour 2013, elle estime qu'il atteindra 4,2%, les chiffres officiels étant attendus fin mars.

"La France a une trajectoire qu'elle a présentée à la Commission européenne et elle s'y tient", a dit Pierre Moscovici lors d'une conférence de presse.

Le budget 2014 prévoit de ramener le déficit à 3,6% à la fin de l'année, avant 2,8% fin 2015, une trajectoire incertaine selon la Cour des comptes française.

"Je suis attaché à ce que la France garde sa capacité à faire refluer le ratio de dette en 2015, c'est dans cet esprit que j'ai commencé à parler avec (le commissaire européen) Olli Rehn, sans évoquer quoi que ce soit qui ressemble à un délai", a ajouté Pierre Moscovici.

Le ministre a contesté l'estimation de la Commission pour le déficit structurel, qui gomme l'impact de la conjoncture.

Cette dernière estime qu'il devrait passer de 2,8% à 2,3% cette année, après une baisse de 0,8 point en 2013, et juge que "l'effort structurel devrait être inférieur aux niveaux recommandés par le Conseil (européen) pour les deux années".

LENTE REPRISE ÉCONOMIQUE

Côté croissance, la Commission a légèrement relevé sa prévision, à 1,0% en 2014, alors qu'elle prévoyait 0,9% en novembre, et a maintenu sa prévision pour 2015 à 1,7%. Le gouvernement prévoit 0,9% en 2014 et 1,7% en 2015.

Après un ralentissement au premier trimestre de cette année, l'économie française accélèrerait, dans un premier temps grâce une demande extérieure plus importante, relayée par une consommation privée soutenue par une amélioration de la confiance, et enfin par l'investissement des entreprises.

La Commission estime que la consommation, moteur traditionnel de la croissance française, devrait accélérer pour croître de 0,6% cette année et de 1,6% en 2015, expliquant largement la croissance du PIB. Cette progression se ferait notamment grâce à l'amélioration de la confiance liée à la stabilisation attendue du chômage.

Le taux de chômage devrait ainsi se stabiliser en 2014 et 2015, à 11,0% de la population active, après 10,8% en 2013, des prévisions plus favorables que celles de novembre (11,2% en 2014 et 11,3% en 2015, après 11,0% en 2013).

Le Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) devrait avoir progressivement un impact positif, estime-t-elle. "Cependant, l'impact complet de cette mesure sur l'investissement peut mettre du temps à se matérialiser."

Quant au "pacte de responsabilité", il n'est pas pris en compte car il n'est pas suffisamment documenté.

Les mesures pour accroître la compétitivité des entreprises peuvent freiner la perte de parts de marché à l'export, estime la Commission, "sans cependant inverser la tendance".

En 2014, les employeurs devraient préférer augmenter la productivité qu'embaucher, écrit-elle, et l'impact complet des mesures d'amélioration du fonctionnement du marché du travail ne devrait être visible qu'en 2015. Seul l'emploi aidé dans le secteur public devrait améliorer l'emploi global cette année.

Conséquence des déficits, le niveau de la dette publique par rapport au PIB devrait, selon la Commission, continuer à augmenter pour atteindre 96,1% en 2014 et 97,3% en 2015, après 93,9% en 2013. La prévision 2015 étant à politique inchangée.

Le gouvernement prévoit lui une baisse du taux de dette publique en 2015, à 94,7% du PIB après 95,1% cette année.

L'inflation accélèrerait légèrement, à 1,2% en 2014 et 2015, après 1,0% l'an dernier.

L'économie française croîtrait donc moins rapidement que la moyenne de la zone euro en 2014 (1,2%) comme en 2015 (1,8%) et que celle de l'Union européenne (1,5% en 2014 et 2,0% en 2015).

Le déficit public moyen des pays de la zone euro devrait atteindre 2,6% en 2014 et 2,5% en 2015. La moyenne de l'Union européenne serait de 2,7% en 2014 comme en 2015.

(édité par Yves Clarisse)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...