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Europe : La CE prône les réformes en zone euro au nom de la croissance

Europe : La CE prône les réformes en zone euro au nom de la croissanceEurope : La CE prône les réformes en zone euro au nom de la croissance

par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - La zone euro doit privilégier la réforme des marchés du travail et des services et elle peut se donner un peu plus de temps pour réduire son endettement, a annoncé mercredi la Commission européenne, prenant ainsi ses distances avec les politiques d'austérité.

Ce changement de ton intervient alors que la zone euro tente avec peine d'échapper à une deuxième année consécutive de récession et d'endiguer un chômage sans précédent.

Dans ses recommandations aux Etats membres, l'exécutif européen a insisté sur l'urgence d'agir tout en soulignant la nécessité de poursuivre l'assainissement des comptes publics.

"Les Etats membres doivent à présent redoubler d'effort sur les réformes structurelles en ayant en vue la compétitivité", a dit son président, José Manuel Barroso, lors d'une conférence donnée à l'occasion de la présentation des recommandations annuelles de la Commission.

"Nous devons réformer, et tout de suite. Le coût de l'inaction sera très élevé (...) La consolidation budgétaire est en cours et doit se poursuivre à une cadence qui reflète la situation de chaque pays".

Appliquant ce principe, la CE a accordé à la France et à l'Espagne, respectivement deuxième et quatrième économies de la zone euro, deux années de plus pour ramener leur déficit budgétaire en deçà du plafond de 3% du produit intérieur brut (PIB) fixé par l'UE.

Le taux de chômage dépasse 10% en France et risque bien d'augmenter encore, tandis qu'en Espagne il atteint 27% et culmine à plus de 57% chez les moins de 25 ans.

La France a dit qu'elle était d'accord avec les recommandations et de la Commission et qu'elle mènerait les réformes structurelles à son rythme.

L'OCDE elle-même a annoncé dans la journée anticiper désormais une contraction de 0,6% du PIB de la zone euro cette année, alors qu'elle ne prévoyait qu'un recul de 0,1% précédemment.

La Pologne et la Slovénie ont elles aussi bénéficié d'un délai de grâce de deux ans, le Portugal et les Pays-Bas ayant droit à un sursis d'un an seulement.

Prenant acte des efforts accomplis dans le sens d'une plus grande discipline budgétaire, la Commission a mis fin à sa procédure disciplinaire contre l'Italie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie et la Roumanie, dans la mesure où ces pays ont ramené leur déficit dans les bornes admises par l'UE.

TOUJOURS PLUS DE RÉFORMES

Les pays de la zone euro déjà surendettés ne peuvent se permettre de relancer la croissance par la dépense publique. Ils doivent donc engager des réformes structurelles souvent douloureuses, en comblant les carences du marché du travail, des régimes de retraite et des services publics.

La CE insiste sur la nécessité de rendre le marché du travail plus souple et sur l'ouverture totale des marchés des biens et services. Elle recommande par ailleurs à l'Allemagne d'augmenter les salaires à la mesure des gains de productivité, pour stimuler la demande intérieure.

Mais c'est surtout la France qui a retenu son attention: pour l'exécutif communautaire, Paris doit réformer son marché du travail et son système de retraites - avec pour objectif de le ramener à l'équilibre financier d'ici 2020 - pour regagner le dynamisme économique perdu tout en réduisant la dépense publique. La Commission prône aussi une réforme de la fiscalité permettant de rendre ses entreprises plus compétitives.

"Ce délai supplémentaire doit être employé à bon escient pour s'attaquer à la compétitivité déclinante de la France, les entreprises françaises ayant souffert d'une perte inquiétante de compétitivité au cours de la dernière décennie, et même, pouvons-nous dire, au cours des 20 dernières années", a dit José Manuel Barroso.

Un message que s'est fait fort de relayer le commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn.

"Il est dorénavant primordial que la marge de manoeuvre créée par un rythme de consolidation ralenti soit employé par les Etats membres à la mise en oeuvre des réformes économiques indispensables à la réalisation de notre potentiel de croissance et à l'amélioration de notre capacité à créer de l'emploi", a-t-il déclaré.

Les recommandations de la CE, une fois adoptés lors du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement fin juin, deviendront contraignantes. Elles sont notamment censées influencer la préparation des budgets nationaux dès 2014.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand

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