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Europe : La CE préserve la City au détriment de Paris, selon Moscovici

Europe : La CE préserve la City au détriment de Paris, selon MoscoviciEurope : La CE préserve la City au détriment de Paris, selon Moscovici

PARIS (Reuters) - Le projet de réforme bancaire de la Commission européenne fait la part trop belle à Londres au détriment de la France et de l'Allemagne, a estimé jeudi Pierre Moscovici, indiquant que les deux pays n'entendaient pas voir remettre en cause les réformes qu'ils ont déjà votées.

"Je serai très vigilant quant aux choix faits par le texte européen pour qu'il ne remette pas en cause les acquis de la réforme française, c'est une démarche que nous suivrons avec l'Allemagne", a dit le ministre français de l'Economie et des Finances dans un entretien à Reuters.

Les propositions présentées mercredi par le commissaire Michel Barnier ont suscité de vives critiques de la Banque de France et des banques françaises, même si elles ne remettent pas en cause le principe de la banque universelle cher à Paris.

Mais le projet va au-delà de la réforme adoptée en France en 2013 en prévoyant l'interdiction pure et simple du trading pour compte propre et la filialisation d'activités comme la tenue de marché.

"Je ne crois pas qu'on puisse dire que ce soit une réforme qui aille plus loin que la réforme française, elle est différente", a déclaré Pierre Moscovici.

"Elle s'applique à moins de banques que la réforme française et, ce faisant, elle oublie que le risque n'est pas proportionnel à la taille", a-t-il poursuivi.

"Et elle fait la part belle à un système anglo-saxon, lequel paraît préservé : la Grande-Bretagne se trouve en effet dans une situation relativement favorable dans cette proposition."

"Il est important que la Commission garde une position neutre et qu'elle évite de privilégier un modèle sur un autre ou de remettre en cause des réformes ambitieuses que nos deux grands pays, la France et l'Allemagne, ont mises en oeuvre aujourd'hui, avant les autres."

La Fédération bancaire française s'est inquiétée mercredi que le Royaume-Uni puisse échapper à certaines règles prônées par la Commission.

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, inquiet que ce projet de réglementation empêche les banques françaises d'accompagner les entreprises sur les marchés pour se financer, a jugé mercredi que les propositions de Bruxelles étaient "irresponsables et contraires aux intérêts de l'économie européenne".

"J'espère que ce projet restera enterré et qu'il n'aura aucune suite", a-t-il ajouté, les gouvernements et le Parlement de l'Union européenne devant désormais s'en saisir.

Jean-Baptiste Vey, Yann Le Guernigou et Leigh Thomas, édité par Yves Clarisse

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