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Europe : L'union bancaire, ligne de fracture, selon des députés européens

Europe : l'union bancaire, ligne de fracture, selon des députés européensEurope : l'union bancaire, ligne de fracture, selon des députés européens

par John O'Donnell

BRUXELLES (Reuters) - La création d'une union bancaire pour contribuer au règlement de la crise de la dette dans la zone euro pourrait conduire à une fracture au sein de l'Union européenne à 27, ont averti mercredi des élus allemands au cours d'un débat au Parlement européen qui a révélé de profondes tensions sur le sujet.

Début septembre, la Commission européenne a proposé que la Banque centrale européenne prenne en charge la supervision de la totalité des banques de la zone euro, première étape d'une union bancaire qui permettra, le cas échéant, aux différents pays membres de venir collectivement en aide au secteur.

Mais les dix pays de l'UE qui n'utilisent pas l'euro redoutent d'être indirectement concernés par les nouvelles attributions de la BCE, au risque d'être désavantagés.

"Pourquoi avoir un mécanisme unique de supervision (pour la zone euro) quand on laisse de côté le Royaume-Uni et ses 60% des marchés financiers?", s'est interrogé Werner Langen, un député européen allemand, lors du débat de mercredi au sein de l'influente commission des affaires économiques et monétaires.

"Au lieu d'un mécanisme unique de supervision, on se retrouve avec une division de l'Europe, une division très explosive".

"Ce dont on ne veut pas, c'est de voir les Britanniques faire bande à part, organiser un référendum et nous dire (...) qu'ils en ont assez", a renchéri un autre élu allemand, Wolf Klinz.

L'union bancaire, destinée à rétablir la confiance dans le secteur bancaire après près de cinq ans de crise, se construirait en trois étapes : l'attribution à la BCE de la supervision des banques de la zone euro et d'autres qui le demanderaient; la création d'un fonds unique pour fermer et régler le passif des banques faillies et la mise en place d'un mécanisme global de protection des dépôts des épargnants.

L'union bancaire permettrait par ailleurs au nouveau Mécanisme européen de stabilité (MES) de renflouer directement les banques qui auraient un besoin urgent de capitaux, comme en Espagne actuellement.

"On a le couteau sous la gorge (car) l'union bancaire est liée à l'accès au MES", a déploré Sven Giegold, autre député allemand. L'Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande ont cependant fait une distinction entre problèmes futurs et problèmes "hérités", laissant entendre que les banques en difficulté d'Espagne et d'Irlande resteraient du ressort de leurs Etats.

LES CRAINTES DE LONDRES

Le problème principal concerne les membres de l'UE qui n'appartiennent pas à la zone euro.

Le ministre suédois des Finances Anders Borg a d'ores et déjà fait savoir qu'il n'accepterait pas que la BCE supervise Nordea, la première banque nordique, qui a son siège à Stockholm mais est très implantée en Finlande, le seul pays d'Europe du Nord à avoir l'euro.

De même, bon nombre de banques internationales basées dans la City de Londres ont des activités dans la zone euro qui tomberont sous le coup de la réforme.

Londres craint que la BCE, enhardie par ses nouveaux pouvoirs, pousse à un renforcement de la réglementation qui pourrait miner sa position de capitale financière de l'Europe.

Certains aimeraient voir l'Autorité bancaire européenne (ABE) faire contrepoids. Cette instance, mise en place pendant la crise financière pour coordonner la supervision bancaire, regroupe les régulateurs de l'ensemble de l'UE.

La Commission bancaire a déjà proposé un mécanisme de vote qui associerait les régulateurs de l'UE au dispositif.

"Les pays devraient être tentés d'en faire partie, il faudrait que ce soit difficile pour eux de refuser", rêve Sven Giegold.

Les liens étroits entre certains pays en difficulté et les banques qu'ils supervisent - et sur lesquelles ils comptent pour acheter leur dette - ont aggravé la crise en Europe. L'union bancaire entend rompre ce lien en rendant la surveillance bancaire supranationale et en couvrant collectivement le coût de la fermeture de banques faillies et de la protection des dépôts.

Véronique Tison pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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