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Europe : L'UE s'accorde sur le chômage des jeunes et les PME

Europe : L'UE s'accorde sur le chômage des jeunes et les PMEEurope : L'UE s'accorde sur le chômage des jeunes et les PME

par Emmanuel Jarry

BRUXELLES (Reuters) - Les dirigeants de l'Union européenne se sont mis d'accord dans la nuit de jeudi à vendredi à Bruxelles sur les modalités d'un plan de lutte contre le chômage des jeunes et de mesures pour faciliter le financement des PME.

Ce Conseil européen a également validé l'accord conclu dans la matinée entre ses négociateurs et le Parlement européen sur le cadre budgétaire de l'Union européenne pour 2014-2020, malgré un ultime débat sur le "rabais" britannique.

La France s'est pour sa part félicitée d'avoir obtenu une réécriture de la recommandation de la Commission européenne sur les réformes structurelles à entreprendre, en particulier pour assurer l'équilibre du système de retraites.

Les Vingt-Sept ont accepté de concentrer sur 2014 et 2015 six milliards d'euros de crédits budgétaires européens initialement prévus pour sept ans, afin de financer un mécanisme garantissant à de jeunes chômeurs européens de retrouver un emploi, un stage, une formation ou un apprentissage.

Selon la Commission européenne, le taux de chômage des moins de 25 ans atteint 23,5% en Europe -six millions de personnes.

Experts et économistes jugent l'enveloppe de six milliards d'euros très insuffisante. Pour répondre à cette objection, les dirigeants de l'UE ont décidé qu'elle pourrait être complétée, au-delà de 2015 par des crédits dégagés grâce à la flexibilité introduite dans la gestion des lignes budgétaires de l'Union.

"La flexibilité signifie qu'il y aura substantiellement plus d'argent disponible que les six milliards", a dit à la presse le président du Conseil, Herman Van Rompuy, qui a évalué la totalité des sommes ainsi disponibles à huit milliards d'euros.

Le président français a pour sa part déclaré que les Vingt-Sept avaient décidé de consacrer en priorité à l'emploi des jeunes "toutes les marges de manoeuvre supplémentaires qui pourront être dégagées à partir de 2015-2016".

"Ce qui veut dire qu'en réalité nous aurons non seulement les six milliards mais sans doute deux à trois fois plus de crédits européens pour lutter contre le chômage des jeunes" sur l'ensemble de la période 2014-2020, a ajouté François Hollande.

RABAIS BRITANNIQUE

La Banque européenne d'investissement (BEI) financera pour sa part des infrastructures d'apprentissage et d'enseignement supérieur, la formation des jeunes et des prêts étudiants, a également dit le président français.

Ce programme sera concentré sur les régions de l'UE où le taux de chômage des jeunes est supérieur à 25%. Pour la France, a souligné François Hollande, cela représentera 600 millions d'euros en 2014-2015, pour 300.000 jeunes.

La BEI, dont le capital a été augmenté de 10 milliards d'euros dans le cadre du pacte de croissance conclu il y a un an par les Etats membres de l'UE, sera aussi mise à contribution dans un plan d'investissement et de financement des PME.

Il s'agit de dégager 50 à 100 milliards d'euros de prêts aux PME par des mécanismes alliant effet de levier et garantie de ces crédits par les fonds structurels européens.

Trois scénarios plus ou moins complexes sont proposés. Le choix sera fait en octobre. "A mes yeux, le meilleur est celui qui est mis en oeuvre le plus vite possible", a estimé François Hollande. "Il vaut mieux faire simple et tout de suite."

Ce Conseil s'était ouvert jeudi dans un climat apaisé après une salve d'accords sur l'agriculture, les banques et le budget communautaire et la mise en sourdine par la France de son différend avec José Manuel Barroso.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a cependant failli gâter l'ambiance en revenant sur la question du rabais sur la contribution britannique au budget communautaire, que tout le monde croyait réglée depuis février dernier.

Selon des sources diplomatiques européennes, les Britanniques refusaient qu'un nouveau mode de financement de la Politique agricole commune (Pac) modifie l'assiette d'une partie du chèque britannique et donc, de facto, réduise son montant.

L'affaire a finalement été réglée: le mode de rabais britannique "peut avoir quelques corrections" mais ça n'aura pas d'incidence sur la France, a déclaré François Hollande.

"Nous avons dû prendre des mesures techniques, pas des mesures politiques", a pour sa part expliqué Herman Van Rompuy.

Quant aux recommandations adressées par la Commission à la France, celle-ci a obtenu que la mention d'un report de l'âge légal de départ à la retraite soit remplacée par celle de l'"âge effectif" et que soit reconnu le rôle des partenaires sociaux dans les réformes structurelles.

Avec Jan Strupczewski, Paul Taylor et Luke Baker, édité par Eric Faye

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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