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Europe : L'UE menace de s'en prendre à la ristourne britannique

Europe : L'UE menace de s'en prendre à la ristourne britanniqueEurope : L'UE menace de s'en prendre à la ristourne britannique

BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne a averti le Royaume-Uni lundi que le rabais budgétaire dont il bénéficie depuis 1984 serait menacé s'il tentait de modifier les règles en réponse à la contribution supplémentaire de 2,1 milliards d'euros qui lui est demandée.

Le Premier ministre David Cameron a jugé vendredi "absolument inacceptable" cette facture qui résulte d'une révision de statistiques montrant une amélioration de l'état de santé de l'économie britannique. Le chef du gouvernement, confronté sur ses terres à la montée du mouvement eurosceptique UKip, a affirmé qu'il refuserait de s'acquitter de la note d'ici le 1er décembre comme le demande Bruxelles.

Le commissaire européen au Budget Jacek Dominik s'est dit surpris lundi par cette réaction. Le Royaume-Uni et les autres pays membres ont été informés des révisions le 17 octobre et Londres avait au moins deux occasions de les contester, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Les règles budgétaires actuelles ne laissent "aucune possibilité" de délai pour payer la contribution et un changement de règles nécessiterait une majorité qualifiée des Etats membres, ce qui serait "extrêmement difficile à obtenir", a-t-il souligné.

Ce sont ces mêmes règles, a noté Jacek Dominik, qui permettent au Royaume-Uni de bénéficier d'une réduction de sa contribution, le fameux "chèque" obtenu il y a 30 ans par Margaret Thatcher pour tenir compte des moindres fonds agricoles et structurels perçus par Londres au regard d'autres pays.

"Si on demande de nouvelles négociations, on ouvre une boîte de Pandore", a dit le commissaire.

Le rabais britannique totalise 5,9 milliards d'euros pour l'année 2014 et devrait augmenter de plus de 500 millions l'an prochain sur la base des données ayant servi à la révision de la contribution, a-t-il ajouté.

"Je crois qu'il serait extrêmement difficile d'expliquer aux autres Etats membres que le lundi vous appréciez ces données mais que le mardi elles ne vous conviennent plus."

Si Londres ne paie pas sa contribution additionnelle d'ici le 1er décembre, la Commission lui enverra une demande d'explications, a précisé Jacek Dominik. Si rien ne suit, des pénalités lui seront imposées.

Le sujet devrait être abordé lors d'une réunion des ministres des Finances de l'UE le 7 novembre, a déclaré lundi le porte-parole de David Cameron.

(Adrian Croft et Julia Fioretti, avec Andrew Osborn à Londres, Véronique Tison pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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