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Europe : L'UE fait un pas vers plus de coordination économique

Europe : L'UE fait un pas vers plus de coordination économiqueEurope : L'UE fait un pas vers plus de coordination économique

par Emmanuel Jarry

BRUXELLES (Reuters) - Les dirigeants de l'Union européenne ont fait un nouveau pas vers plus de coordination économique en actant le principe de nouveaux instruments, mais leur appréciation sur la suite et l'issue de la crise de la zone euro divergent encore.

Le président français a salué vendredi des "pas décisifs", permettant selon lui à l'Europe de sortir d'une période de doute et d'espérer un retour de la croissance l'année prochaine.

"Tout est aujourd'hui prêt pour qu'il y ait cette reprise de croissance (...) et je pense qu'elle viendra en 2013", a dit François Hollande lors d'une conférence de presse.

La chancelière allemande a aussi salué les résultats du sommet mais s'est montrée plus réservée sur l'avenir. Elle a même prédit des temps difficiles et répété qu'il n'y aurait pas de solution miracle, signe de divergences persistantes.

"Les changements que nous traversons sont très douloureux", a déclaré Angela Merkel. "On a beaucoup parlé d'un grand pas, que ce soit une annulation de dette, des obligations européennes ou tout autre mesure qui règlerait tout. Ça ne sera pas le cas."

La zone euro ne verra les fruits de ses réformes que dans plusieurs années, a-t-elle ajouté. "L'an prochain, nous aurons une croissance très faible, des pays seront en récession et nous pouvons encore nous attendre à des taux de chômage très élevés."

Les Vingt-sept ne s'en sont pas moins félicités d'un esprit de compromis qui leur a permis, jeudi et vendredi lors de ce dernier Conseil européen de l'année, de s'accorder sur le principe de mécanismes uniques de résolution des crises bancaires et de garanties des dépôts.

Ces dispositifs doivent voir le jour respectivement fin 2013 et début 2014 et complèteront le mécanisme de supervision sur lequel leurs ministres des Finances se sont entendus jeudi.

"CONTRATS DE COMPÉTITIVITÉ ET DE CROISSANCE"

Angela Merkel a jugé nécessaire de préciser les modalités de recapitalisation des banques supervisées au niveau européen et d'élaborer un cadre juridique pour leur fermeture éventuelle.

"Cela ne doit pas se faire aux frais des contribuables. Il faut faire en sorte que les responsables des problèmes bancaires soient aussi ceux qui en supportent le fardeau", a-t-elle dit.

Les ministres de Finances ont aussi décidé le versement à la Grèce d'une nouvelle tranche d'aide.

Les chefs d'Etat et de gouvernement ont pour leur part acté le principe de "contrats de compétitivité et de croissance", qui pourront être conclus entre les Etats de la zone euro et les institutions européennes pour améliorer la coordination de leurs politiques économiques.

Le reste de la feuille de route proposée par le président du Conseil, Herman Van Rompuy, pour renforcer l'Union économique et monétaire, est cependant renvoyé après les élections européennes de 2014 et pourrait entraîner une révision des traités.

Les Vingt-sept ont ainsi évacué de leurs conclusions l'idée d'une "capacité budgétaire" pour aider les pays de la zone euro à absorber les chocs économiques -un embryon de budget autonome auquel s'opposent jusqu'ici l'Allemagne mais aussi des pays hors zone euro comme la Suède.

Berlin reproche aussi à Herman Van Rompuy d'avoir mis les dirigeants de l'UE devant le fait accompli en introduisant cette notion dans son rapport sans consultations préalables.

Herman Van Rompuy en fait de toute façon un sujet pour l'après-2014, ce à quoi s'est rallié François Hollande, qui est pour sa part favorable à une telle "capacité budgétaire", au point même d'envisager d'en faire le coeur d'une "coopération renforcée" entre pays désireux de franchir cette étape.

COOPÉRATION RENFORCÉE

Il a fait valoir que soulever la question aujourd'hui risquait de nuire aux négociations laborieuses sur le budget de l'UE pour la période 2014-2020, qui reprendront début 2013.

Mais il a estimé que le sujet pourrait être remis à l'ordre du jour après les élections européennes de 2014.

"Je plaide pour qu'il y ait pour la zone euro une étape nouvelle qui puisse être franchie", a poursuivi le président français. "Si certains pays ne veulent pas aller jusque-là, eh bien nous ferons des coopérations renforcées."

"Il y a la possibilité pour ceux qui veulent aller de l'avant, pour ceux qui veulent trouver de nouvelles ressources ou développer de nouveaux moyens de s'organiser", a-t-il ajouté. "Eh bien moi je plaiderai à partir de 2014 pour que nous allions encore plus loin dans les coopérations renforcées."

Le Conseil européen estime pour sa part dans ses conclusions que toute nouvelle étape dans le renforcement de la gouvernance économique de l'UE devra "s'accompagner de nouveaux pas vers une légitimité et une responsabilité plus fortes".

Pour François Hollande, il faudra "éventuellement" envisager une révision des traités après les élections européennes.

"Après 2014, il y aura un débat politique pour savoir jusqu'où nous sommes prêts à aller. C'est là que reviendront les questions du fonds d'absorption des chocs et les euro-bonds", a souligné le président français.

Avec Mark John, Noah Barkin, Justyna Pawlak, John O'Donnell, Paul Taylor, Robin Emmott, Ethan Bilby, Barbara Lewis et Sebastian Moffett, édité par Gilles Trequesser

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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