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Europe : L'UE assouplirait ses règles budgétaires pour plaire à Rome

Europe : L'UE assouplirait ses règles budgétaires pour plaire à RomeEurope : L'UE assouplirait ses règles budgétaires pour plaire à Rome

BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne travaille à une interprétation du Pacte de stabilité et de croissance pour tenir compte de la demande de l'Italie qui veut pouvoir infléchir sa politique économique vers plus de croissance, a déclaré mardi le président sortant du groupe Socialistes et démocrates (S&D) au Parlement européen, Hannes Swoboda.

Le président du Conseil italien Matteo Renzi, qui a triomphé aux élections européennes le mois dernier, a indiqué en mars que l'Italie profiterait de sa présidence de l'Union européenne, au second semestre, pour demander plus de souplesse budgétaire pour les pays qui veulent réformer leur économie.

"Nous sommes en contact avec Renzi. Nous essayons de formuler un texte pour voir comment le Pacte de stabilité peut être assoupli sans renoncer au projet à long terme de réduction de la dette", a déclaré Hannes Swoboda lors d'une conférence de presse.

Obtenir une marge de manoeuvre budgétaire plus importante, a souligné Hannes Swoboda, est une condition pour que le social-démocrate Matteo Renzi soutienne la candidature de l'ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, soutenu par le Parti populaire européen (PPE, droite, premier groupe au Parlement européen) à la présidence de la Commission européenne.

Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, qui doit rencontrer Renzi mercredi à Rome, est en train de travailler à un texte, a ajouté le parlementaire.

"SIGNAL POSITIF"

S'exprimant mardi aux côtés du secrétaire italien aux Affaires européennes Sandro Gozi au Parlement italien, le ministre délégué allemand chargé des Affaires européennes, Michael Roth, a lui aussi prôné la souplesse budgétaire.

"Je veux être sûr que nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour faire en sorte que les pays qui mettent en oeuvre des réformes de façon sérieuse obtiennent encouragement et soutien", a déclaré Michael Roth.

Les priorités de l'Europe, a-t-il dit, doivent être l'emploi et la croissance économique.

Lundi, le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel, avait indiqué que le coût de mise en oeuvre des réformes devait être pris en compte dans l'examen des déficits publics des Etats.

L'Italie voit dans ces propos "un signal positif", a réagi Sandro Gozi.

Sans une croissance plus forte, l'Italie a peu de chance de pouvoir réduire sa dette publique, qui représente plus de 130% de son produit intérieur brut (PIB).

Aux termes du Pacte de stabilité et de croissance, le déficit public d'un Etat ne doit pas, sauf exception, dépasser 3% de son PIB et sa dette publique 60% du PIB.

En France, la Cour des comptes a estimé mardi que le déficit public de la France risquait de baisser moins que prévu et d'atteindre 4% du PIB fin 2014, voire davantage si la croissance économique est inférieure au 1% sur lequel table le gouvernement.

Le Conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne doit choisir le candidat à la présidence de la Commission européenne lors de son prochain sommet les 26 et 27 juin.

(Jan Strupczewski; Danielle Rouquié pour le service français)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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