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Europe : L'impact du séisme au japon pèse sur le secteur auto européen

Europe : l'impact du séisme au japon pèse sur le secteur auto européenEurope : l'impact du séisme au japon pèse sur le secteur auto européen

par Maria Sheanan

FRANCFORT (Reuters) - Les constructeurs automobiles européens sont confrontés au risque d'une baisse de leur production si les difficultés d'approvisionnement en pièces en provenance du Japon persistent, et certains analystes estiment que leurs bénéfices annuels pourraient être amputés de 2,4 milliards d'euros.

De nombreuses usines ont été fermées dans l'archipel après le séisme et le tsunami du 11 mars, affectant par ricochet les constructeurs européens qui importent pour leurs véhicules des composants électroniques, des semi-conducteurs ou des pièces mécaniques - comme les leviers de vitesse par exemple - depuis le Japon.

Le secteur automobile, qui fonctionne en flux tendu, est donc particulièrement sensible aux problèmes d'approvisionnements, d'autant que pas moins de 30.000 pièces entrent désormais dans la fabrication d'une voiture moderne, provenant en majorité d'une myriade de fournisseurs.

Pour le seul secteur automobile japonais, la perte de production enregistrée au cours des deux semaines qui se sont écoulées depuis le tremblement de terre dépasse 300.000 véhicules.

Certains spécialistes estiment que le délai avant que la production ne retrouve un niveau normal pourrait se mesurer en mois, et non en semaines.

PSA ET FIAT LES PLUS VULNÉRABLES

Selon Commerzbank, dans l'hypothèse peu probable du pire des scénarios - soit un arrêt complet de la production nipponne pendant un mois - les bénéfices avant impôts 2011 des constructeurs automobiles européens pourraient être grevés de 2,4 milliards d'euros.

Le français PSA Peugeot Citroën et l'italien Fiat seraient les plus affectés, par exemple, dans la mesure où ils sont moins rentables que leurs homologues allemands, davantage présents sur le haut de gamme.

Les analystes de la banque estiment en effet que dans le pire des scénarios, le bénéfice imposable de PSA (manque-à-gagner et frais fixes compris sur le mois en question) s'en trouverait amputé de 65%, contre 44% pour Renault.

Ce pourcentage culminera à 81% pour Fiat, contre 22 à 30% pour les allemands Daimler, BMW et Volkswagen.

Ce dernier, numéro un du secteur en Europe, pourrait toutefois être affecté lui aussi par un ralentissement de l'approvisionnement en éléments de transmission ou pour certains capteurs qu'il se procure au Japon, relève Horst Schneider, analyste chez HSBC.

"Même s'ils peuvent se procurer certains composants auprès d'autres fournisseurs, nous pouvons imaginer que cela génèrera quelques coûts supplémentaires, ce qui pourrait faire baisser la marge d'Ebit (résultat opérationnel) de VW pour un ou deux trimestres", note-t-il.

EFFET BOULE DE NEIGE

Le cabinet d'études IHS Automotive estime pour sa part qu'une pénurie de composants liée à la catastrophe naturelle au Japon pourrait se traduire par une diminution de 30% de la production mondiale de véhicules dans le pire des cas.

PSA a commencé mercredi à réduire la cadence sur une partie de ses sites européens, après que Hitachi, qui lui fournit un composant de moteur diesel, a suspendu sa production.

L'équipementier allemand spécialiste du câblage Leoni, victime d'une réaction en chaîne, devrait lui perdre trois millions d'euros par semaine du fait des baisses de production chez PSA, précise Henning Cosman, analyste de West LB, en citant la direction du groupe.

Jürgen Pieper, analyste chez Metzler Equities, se montre pour sa part moins pessimiste que ses pairs. Le pire scénario qu'il a envisagé limite à deux semaines au maximum l'arrêt total de la production au Japon, soit environ 4 à 5% des ventes annuelles, et l'impact pourrait donc être compensé selon lui par de simples aménagements des horaires de travail.

Les conséquences se situent "dans une fourchette qui peut être compensée par des heures supplémentaires ultérieurement, et maintenant avec des horaires allégés ou en mettant des ouvriers en vacances", juge-t-il.

Myriam Rivet pour le service français, édité par Gilles Guillaume

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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