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Europe : L'europe fait tout pour éviter un défaut grec, assure merkel

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par Noah Barkin et Stefano Bernabei

BERLIN/ROME (Reuters) - La chancelière allemande Angela Merkel s'est employée mardi à tenter de détromper ceux qui anticipent un défaut imminent de la Grèce, alors même que les Etats-Unis s'inquiètent d'une situation financière qui semble de plus en plus incontrôlable dans la zone euro.

Témoin de la crise qui n'en finit pas de déstabiliser la zone euro, l'Italie a dû s'acquitter de rendements records pour pouvoir emprunter à cinq ans, en dépit de la présence de la Banque centrale européenne (BCE) sur le marché secondaire.

Angela Merkel a assuré que l'Europe faisait tout son possible pour éviter un défaut grec. Elle a également exhorté les politiques de son propre camp à peser leurs mots pour ne pas aggraver l'instabilité des marchés.

Priée de dire sur la station de radio RBB si un défaut grec serait catastrophique pour l'euro, elle a répondu: "Nous employons tous les moyens à notre disposition pour éviter ça. Il faut éviter un processus désordonné lorsqu'il s'agit de l'euro".

Jugeant que l'Europe était confrontée à un défi "historique", la chancelière a ajouté qu'il fallait tout faire pour préserver la zone euro "parce qu'il y aurait très vite un effet de dominos".

Dans ce contexte de grande incertitude, une information selon laquelle Berlin et Paris annonceraient ce jour des initiatives sur la Grèce, a été rapidement démentie par les deux capitales.

En revanche, un haut fonctionnaire du gouvernement grec a fait savoir que le Premier ministre George Papandréou tiendrait mercredi une téléconférence avec le président Nicolas Sarkozy Angela Merkel. Des sources gouvernementales allemandes ont confirmé le fait.

CAUSE QUASIMENT ENTENDUE

Sarkozy et Merkel avaient fait cause commune en août en dévoilant un ambitieux programme censé déboucher sur une plus grande intégration économique dans la zone euro mais ils avaient déçu des marchés pour qui la solution à la crise de la dette dans la zone euro passe par l'émission d'euro-obligations.

Pour Barack Obama, les leaders de la zone euro doivent absolument montrer aux marchés qu'ils assument leurs responsabilités face à la crise de la dette. La faiblesse de l'économie mondiale persistera tant qu'ils ne l'auront pas résolue, a-t-il dit, suivant la presse espagnole.

Même si la Grèce est le sujet d'inquiétude le plus immédiat, la zone euro sera confrontée à un problème encore plus sérieux si les marchés continuent d'attaquer des économies plus importantes comme l'Italie et l'Espagne, a déclaré le président américain.

"Au final, les grands pays d'Europe, les dirigeants du continent, doivent se rencontrer et prendre une décision sur une intégration coordonnée de la politique monétaire, avec une politique budgétaire mieux coordonnée", a-t-il dit, cité par l'agence EFE.

Pour les marchés, la cause d'un défaut grec est quasiment entendue. L'évolution des swaps de défaut de crédit (CDS) suggère une probabilité de défaut de 90% dans les cinq années à venir, selon le spécialiste Markit.

La Grèce a dit qu'elle avait absolument besoin du versement en octobre de huit milliards d'euros, correspondant à une nouvelle tranche du premier plan de renflouement international dont elle bénéficie depuis l'an passé, pour pouvoir payer traitements et pensions.

"Les marchés veulent une action décisive; ils veulent voir quelqu'un qui maîtrise la situation", commente Marc Ostwald, analyste chez Monument Securities.

"Rien de ce qu'on a vu, que ce soit au niveau intérieur en Italie, au niveau de l'ensemble de la zone euro, ou par dessus tout de la part de l'Allemagne, ne permet de penser que quelqu'un prend réellement les choses en main pour que la zone euro ne parle que d'une seule voix".

CATASTROPHE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE

Un article du Financial Times publié lundi soir a redonné un bref espoir aux marchés car il rapportait que l'Italie avait demandé à la Chine d'acheter sa dette souveraine en quantités importantes.

L'effet positif a été bref car le Wall Street Journal a signalé que l'affaire était loin d'être faite. La Chine a estimé mardi que la zone euro était capable maîtriser sa dette mais n'en réclame pas moins des garanties.

La Chine a apporté son soutien verbal à des pays tels que l'Espagne, la Grèce et le Portugal, mais pour l'instant elle s'en tient là. Pékin achète bien de la dette européenne, mais de pays plutôt bien notés de préférence aux "périphériques", constatent des traders.

A la rumeur qui se répand d'un défaut grec, s'ajoute l'éventualité évoquée d'une sortie de la Grèce de la zone euro. Ce serait une "catastrophe économique et financière" à la fois pour la Grèce et pour les 16 autres pays de la zone euro, estime Willem Buiter, économiste chez Citigroup, dans une note publiée mardi.

"A peine la Grèce serait-elle partie, que les marchés se porteraient sur le ou les pays les plus susceptibles de suivre son exemple", explique-t-il. Un avis que partage Angela Merkel, laquelle a dit par ailleurs que la zone euro n'aurait de procédure d'insolvabilité ordonnée qu'en 2013, lorsque sera mis en place le Mécanisme européen de stabilité (MES).

Les propos d'Obama semblent un encouragement à une intégration budgétaire plus poussée dans la zone euro ou à défaut à la constitution d'un organisme de renflouement plus puissant pour recapitaliser les banques.

Mais la politique européenne, surtout en Allemagne, voit les choses autrement. L'idée de sanctionner les Etats indisciplinés, au point de vue budgétaire, fait son chemin en Allemagne, même si les locomotives de l'Europe comme la France et elle-même sont loin d'être irréprochables en la matière.

"Pour l'instant, par exemple, si un pays enfreint le Pacte de stabilité et de croissance, on ne peut pas le poursuivre devant la Cour européenne de justice", a souligné Merkel.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Danielle Rouquié

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