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Europe : L'Autriche isolée dans l'UE sur le secret bancaire

Europe : L'Autriche isolée dans l'UE sur le secret bancaireEurope : L'Autriche isolée dans l'UE sur le secret bancaire

par John O'Donnell et Jan Strupczewski

DUBLIN (Reuters) - L'Autriche a de nouveau rejeté vendredi les appels à emboîter le pas au Luxembourg et à remettre en question son secret bancaire, défiant ses partenaires européens alors que l'évasion fiscale devient un sujet prioritaire pour l'Union.

Le président du Conseil, Herman Van Rompuy, a annoncé que le dossier figurerait à l'ordre du jour du prochain sommet européen, le 22 mai à Bruxelles, en soulignant que l'évasion fiscale représentait 1.000 milliards de dollars par an.

Avant ses déclarations, la ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter, avait choisi d'assumer l'isolement de son pays en défendant son droit à préserver le secret bancaire.

"L'Autriche s'en tient au secret bancaire", a-t-elle dit à la presse à son arrivée à Dublin pour des réunions de l'Eurogroupe puis de l'Ecofin. "Nous luttons contre l'exil fiscal et le blanchiment d'argent."

Elle a ajouté ne pas juger nécessaire l'échange automatique d'informations, un principe que le Luxembourg s'est engagé cette semaine à appliquer à partir de 2015, et elle a estimé qu'une telle pratique constituerait une violation du droit au respect de la vie privée.

Elle s'en est pris aux grandes économies du G20, leur reprochant de n'avoir adopté "aucune mesure pour faire cesser le blanchiment d'argent dans toutes les îles comme les îles Caïman, les îles Vierge ou (...) au Delaware".

Les ministres des Finances allemand, français, espagnol, italien et britannique devaient présenter en fin de journée leur conception de la coopération internationale en matière de lutte contre l'évasion fiscale.

Les discussions sur le sujet devraient se poursuivre samedi dans la capitale irlandaise, ce qui pourrait donner lieu à des échanges animés entre Maria Fekter et son homologue allemand, Wolfgang Schäuble, grand pourfendeur du secret bancaire.

En remettant en question cette pratique, a jugé la ministre autrichienne, "l'Etat met son nez dans les affaires privées des titulaires de comptes".

FEU VERT POUR CHYPRE, PORTUGAL ET IRLANDE

Il est loin d'être certain que la position intransigeante affichée par Maria Fekter soit unanimement partagée en Autriche même, où certains prônent une approche plus mesurée, à commencer par le chancelier Werner Faymann: il a déclaré cette semaine que l'Autriche pourrait partager certaines informations sur les comptes ouverts par des étrangers sans remettre en cause le secret bancaire.

La France, elle, entend afficher sa détermination à lutter contre la fraude fiscale, a déclaré un responsable. Une volonté qui s'explique évidemment par les secousses à répétition provoquées en France par l'affaire du compte suisse de l'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac.

La réunion de Dublin a parallèlement permis aux Vingt-Sept d'adopter la prolongation de sept ans des prêts accordés à l'Irlande et au Portugal dans le cadre des plans de sauvetage dont ils ont bénéficié.

Lisbonne devra toutefois présenter de nouvelles mesures assurant le respect des objectifs de déficits fixés pour cette année, afin de compenser l'impact du rejet par la Cour constitutionnelle portugaise de plusieurs mesures d'austérité.

Les ministres de la zone euro ont aussi approuvé formellement le plan d'aide de 10 milliards d'euros pour Chypre, que Nicosie devra compléter par 13 milliards de recettes ou d'économies.

Chypre pourrait entre autres demander à mobiliser plus rapidement que prévu les fonds structurels de l'Union.

Sujet connexe mais distinct, le projet d'union bancaire européenne, un projet de réforme à long terme, sera aussi débattu lors de cette réunion informelle

Le ministre irlandais Michael Noonan a dit vouloir évoquer les réticences de l'Allemagne sur ce projet, qui prévoit entre autres un renforcement des pouvoirs de supervision de la Banque centrale européenne (BCE) et la possibilité d'un renflouement des banques en difficulté par le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage permanent de la zone euro.

Avec Conor Humphries, Padraic Halpin et Annika Breidthardt, Marc Angrand pour le service français

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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