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Europe : Jyrki Katainen invite des pays de la zone euro à investir davantage

Europe : Jyrki Katainen invite des pays de la zone euro à investir davantageEurope : Jyrki Katainen invite des pays de la zone euro à investir davantage

par Jan Strupczewski

WASHINGTON (Reuters) - L'Allemagne, la France et l'Italie, qui représentent le coeur de la zone euro, doivent privilégier l'investissement pour doper la croissance économique, juge le futur vice-président de la Commission européenne chargé de l'emploi, de la croissance, l'investissement et la compétitivité, Jyrki Katainen.

L'ancien Premier ministre finlandais, qui prendra ses fonctions le 1er novembre, estime que de nombreux pays ont trop réduit leurs investissements dans le cadre de leurs politiques d'assainissement budgétaire.

"Des pays comme l'Allemagne, qui ont des excédents au niveau des paiements courants, peuvent se permettre d'investir davantage, non seulement parce que cela stimulera l'économie de l'Union européenne, mais aussi qu'ils doivent faire attention à leur future croissance économique", a déclaré le futur vice-président dans un entretien accordé à Reuters en marge des réunions d'automne du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.

L'investissement en Allemagne baisse régulièrement depuis 20 ans. Il représentait environ 20% du produit intérieur brut (PIB) du pays à la fin des années 1990. Il n'en représente plus désormais qu'un peu plus de 17%, selon le groupe de réflexion Centre for European Reform. Mais l'Allemagne, qui a pour objectif d'équilibrer son budget fédéral, se montre réticente à accroître l'investissement public.

"Notre message est que les pays à excédent devraient investir dans leur avenir", déclare Katainen. Pour lui, l'investissement doit se porter avant tout sur la recherche et le développement et sur les infrastructures.

LA FRANCE DOIT "FAIRE PLUS"

La France et l'Italie doivent elles aussi faire plus en matière d'investissement public, estime Katainen, mais, à la différence de l'Allemagne, elles ne peuvent augmenter leurs emprunts pour atteindre ce but en raison du niveau élevé de leurs déficits et de leur endettement. Ces deux pays doivent simplement "donner la priorité" à l'investissement dans leurs budgets, dit-il.

Katainen donne un satisfecit à l'Italie pour son projet de réformer son code du travail, ce qui, estime le futur vice-président de la CE, renforcera la compétitivité du pays sur le moyen-long terme.

Quant à la France, elle doit "faire plus", dit celui qui chapeautera le futur commissaire aux Affaires économiques et financières, à la fiscalité et aux douanes, le Français Pierre Moscovici.

"Les réformes structurelles sont parfois plus difficiles à entreprendre que l'assainissement budgétaire", ajoute Katainen.

Comme exemple de réforme structurelle favorable à la croissance, Katainen cite la réduction des impôts directs et des charges et la récupération de l'argent ainsi perdu par l'augmentation des impôts indirects et des taxes sur l'environnement.

Il rappelle que la Commission européenne doit présenter pour janvier un plan permettant de générer 300 milliards d'euros d'investissements sur trois ans.

L'idée est d'utiliser les fonds disponibles la Banque européenne d'investissement (BEI) et dans le budget de l'Union européenne comme capital de départ permettant de convaincre le secteur privé d'investir massivement.

"Ce ne sont pas 300 milliards sur la table; ce sont des investissements d'une valeur de 300 milliards. C'est la raison pour laquelle le partenariat public-privé est très important", dit-il.

"Notre but est d'attirer de l'argent privé pour de grands projets d'infrastructures dans les secteurs de l'énergie, du transport et du haut débit", souligne-t-il. Le secteur privé ne peut pas prendre la totalité des risques."

(Danielle Rouquié pour le service français)

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