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Europe : France télécom passe en revue ses actifs européens

Europe : france télécom passe en revue ses actifs européensEurope : france télécom passe en revue ses actifs européens

par Leila Abboud et Victoria Howley

PARIS/LONDRES (Reuters) - France Télécom passe en revue ses actifs européens, hors de son marché historique français, et pourrait en céder une partie ou se renforcer dans certains pays pour améliorer sa rentabilité, disent des banquiers.

Le processus, qui est encore à ses débuts, intervient en parallèle de la stratégie d'acquisition affichée par Orange en Afrique, au Moyen-Orient et plus généralement dans les pays émergents, où le groupe français compte doubler ses ventes à l'horizon 2015.

France Télécom détaillera vraisemblablement ses projets européens lors d'une journée investisseurs qui se tiendra le 25 mai, mais des banquiers et des analystes tablent sur des opérations de taille limitée de la part du groupe français.

Ils estiment que l'opérateur n'ira probablement pas aussi loin que son rival britannique Vodafone, qui a cédé près de 16 milliards d'euros de participations minoritaires au total, au Japon, en France et en Chine.

Dans le même secteur, Deutsche Telekom a annoncé la vente de T-Mobile aux Etats-Unis à l'américain AT&T pour 39 milliards de dollars (27 milliards d'euros).

"France Télécom est sous le feu des projecteurs depuis que Vodafone et Deutsche Telekom ont quitté le marché américain. Mais les opérations qu'on attend de l'opérateur français sont moins évidentes, ce ne sera rien de spectaculaire", juge Tim Daniels, analyste chez Olivetree Securities.

Orange n'a pas d'actifs aussi gros à céder et pourrait peiner à trouver des repreneurs pour certaines de ses participations dans des opérateurs européens présents dans des marchés matures, comme en Suisse ou en Autriche, ajoutent des analystes et des banquiers.

Ils estiment donc que la revue stratégique de l'opérateur, qui réalise encore plus de la moitié de ses ventes en France, n'aura probablement pas d'influence majeure sur son cours de Bourse, comme ce fut le cas pour Vodafone.

RESTER OU PARTIR ?

La revue stratégique en cours ne se soldera probablement pas par une sortie de France Télécom de l'un de ses marchés européens majeurs, la Pologne ou l'Espagne, ont indiqué des sources proches de l'entreprise.

L'opérateur français pourrait en revanche se renforcer en Espagne, où il est aujourd'hui numéro trois derrière Telefonica et Vodafone, disent des banquiers.

Sur ce marché, Orange pourrait convoiter Yoigo, le quatrième opérateur mobile espagnol, filiale du suédois TeliaSonera, ou Jazztel, qui renforcerait sa base d'abonnés dans le fixe.

"Un rachat de Jazztel ferait sens", estime Stéphane Beyazian, analyste chez Raymond James, qui chiffre cette éventuelle opération à environ un milliard d'euros.

"Ça permettrait à Orange de consolider sa position dans le fixe pour mener une stratégie de convergence en Espagne", a expliqué l'analyste.

Ailleurs en Europe, France Télécom pourrait empocher quelques centaines de millions de dollars en cédant sa part de 20% au capital de Sonaecom au Portugal, mais une sortie paraît difficile dans l'immédiat étant donné le contexte économique défavorable, ajoutent des banquiers.

En Autriche, l'opérateur français pourrait obtenir quelques 350 millions d'euros de ses 35% dans One, selon une note d'Espirito Santo Investment Bank.

Mais France Télécom pourrait avoir davantage intérêt à renforcer sa participation dans cette unité autrichienne ou à envisager des partenariats de partage de réseau avec Deutsche Telekom pour réduire ses coûts, selon certains analystes.

Des rumeurs ont récemment fait état d'une montée de France Télécom au capital de sa filiale belge Mobistar, dont il détient déjà 51%, mais elles avaient été niées par l'opérateur français et jugées irréalistes par des banquiers.

France Télécom, dont la capitalisation boursière est de 41,6 milliards d'euros, est le troisième opérateur télécoms européen en termes de chiffre d'affaires. Ses ventes se sont élevées à 45,5 milliards d'euros en 2010.

Avec la contribution de Marie Mawad à Paris, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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