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Europe : Feu vert de Bruxelles au projet nucléaire de Hinkley Point

Europe : Feu vert de Bruxelles au projet nucléaire de Hinkley PointEurope : Feu vert de Bruxelles au projet nucléaire de Hinkley Point

par Barbara Lewis et Foo Yun Chee

BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne a approuvé mercredi le projet britannique garantissant à EDF le prix de l'électricité qui sera produite par la nouvelle centrale nucléaire de Hinkley Point, dont le groupe français sera le maître d'oeuvre.

La garantie de prix, dénoncée comme une distorsion de concurrence par ses détracteurs, a été approuvée à 16 voix pour, cinq contre et une abstention lors d'une réunion tendue du collège des 28 commissaires, ont déclaré des sources à Reuters. Plusieurs commissaires étaient absents.

Cette décision ouvre la voie à la construction de la centrale nucléaire à Hinkley Point, dans le sud-ouest de la Grande-Bretagne.

Le gouvernement britannique a facilité le feu vert à ce projet de 19 milliards d'euros en acceptant de réduire son financement et la part des bénéfices dégagés par EDF revenant au groupe français, a dit la Commission.

Cette décision pourrait constituer un précédent pour des pays comme la République tchèque, la Lituanie et la Pologne, qui ont demandé des précisions sur le niveau des aides publiques autorisées pour de tel projets. C'est la première fois que la CE autorise une aide publique pour une centrale nucléaire.

"Nous avons conclu qu'il y avait une défaillance du marché. Sans soutien, cet investissement n'aurait pas eu lieu", a déclaré le commissaire à la Concurrence, Joaquin Almunia.

La décision de la CE sera définitive mais peut être contestée auprès des tribunaux.

L'Autriche avait prévenu début octobre qu'elle saisirait la Cour de justice européenne si la Commission européenne donnait son aval au projet de Hinkley Point.

Le député européen Claude Turmes (Verts) du Luxembourg a qualifié la décision de "plus scandaleuse de ces 15 dernières années, parlant de "non-sens économique." Le Parti Vert a fait savoir qu'il s'associerait à "toutes les forces en Europe décidées à annuler cette décision devant la justice."

Dans un communiqué, Andrea Carta, conseiller juridique de Greenpeace, dénonce l'absence de "la moindre raison légale, morale ou écologique pour transformer des impôts en bénéfices garantis pour une société du nucléaire, dont le seul apport sera un tas de déchets radioactifs; c'est un mauvais plan pour tout le monde excepté EDF".

D'AUTRES PROJETS EN EMBUSCADE

EDF recevra un prix garanti de 92,50 livres par mégawatts-heure durant 35 ans, soit plus du double du prix actuel du marché. La centrale doit entrer en service en 2023.

Le projet est important pour le Royaume-Uni, qui veut renouveler 20% de son parc de réacteurs nucléaires dans la décennie à venir, comme pour la France, qui y voit l'occasion d'exporter ses technologies nucléaires.

"Cette décision témoigne de la compétitivité de la technologie EPR développée par Areva, de sa réponse aux plus hautes exigences de sûreté et de sa capacité à conquérir des marchés à l'export", a réagi le ministre français de l'Economie, Emmanuel Macron, dans un communiqué.

Le consortium emmené par EDF compte construire deux réacteurs EPR de 1.650 mégawatts conçus par Areva, qui produiront 7% environ des besoins en électricité de la Grande-Bretagne et qui seront en service pendant 60 ans.

La Commission a déclaré que les autorités britanniques avaient accepté de réduire de plus d'un milliard de livres leur subvention et que la part allouée à l'Etat des bénéfices dégagés durant la totalité de la durée de vie de la centrale représenterait des milliards de livres.

Le nucléaire représente environ un cinquième de la production annuelle d'électricité en Grande-Bretagne mais son parc vieillissant doit être renouvelé.

"L'annonce d'aujourd'hui sera bien accueillie non seulement par ceux qui sont engagés dans le projet Hinkley Point C mais aussi par toutes les entreprises qui cherchent à investir dans le nucléaire en Grande-Bretagne et plus largement en Europe", a déclaré Jonathan Cobb, conseiller à l'Association nucléaire mondiale.

Horizon Nuclear Power, une filiale du japonais Hitachi, qui prévoit de construire une centrale nucléaire à Wylfa au pays de Galles, a salué la décision. Le projet de Wylfa doit également être étudié par l'Union européenne une fois ses termes conclus avec le gouvernement britannique.

Le tchèque CEZ a également suivi le dossier avec intérêt alors qu'il envisage d'agrandir la centrale nucléaire de Temelin.

(Wilfrid Exbrayat, Mathilde Gardin et Gwénaëlle Barzic pour le service français, édité par Véronique Tison)

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