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Europe : Divisé, l'eurogroupe diffère les décisions sur la grèce

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par Julien Toyer

BRUXELLES (Reuters) - Divisés sur les modalités d'une participation du secteur privé à un nouveau plan d'aide à la Grèce, les pays de la zone euro ont décidé de différer leurs décisions sur ce dossier, prenant le risque d'une accélération de la contagion à des pays comme l'Espagne et l'Italie.

Au terme de huit heures de discussions qualifiées d'intenses par plusieurs diplomates, les ministres se sont séparés sans clarifier quelles options de cette participation des banques, compagnies d'assurance et fonds d'investissements étaient envisagées, se limitant à charger un groupe technique de les étudier au cours des prochains jours.

Ils ont également refusé d'exclure la perspective d'un "événement de crédit" et d'un "défaut sélectif" en Grèce, qui avait pourtant été spécifiquement écartée depuis plus de trois semaines et seule l'opposition de la Banque centrale européenne a cette possibilité a été reprise dans la déclaration finale.

De manière inattendue, ils ont en revanche décidé de revoir à nouveau les conditions et le champ d'intervention du fonds de sauvetage "zone euro" (FESF), via notamment un allongement des maturités et un abaissement des taux d'intérêt des prêts versés au pays en difficulté.

"Les ministres se tiennent prêts à adopter de nouvelles mesures qui amélioreront la capacité systémique de l'UE à résister au risque de contagion, notamment en renforçant la flexibilité et le champ du FESF, en allongeant les maturités des prêts et en réduisant les taux d'intérêts", ont-ils indiqué dans un communiqué commun.

Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a dit que les ministres se prononceraient sur ces différents aspects "dans les prochains jours, dès que possible". Une nouvelle réunion de l'Eurogroupe pourrait être organisée d'ici une dizaine de jours, a-t-on appris de source diplomatique.

TROIS OPTIONS

Les incertitudes autour du nouveau plan d'aide à la Grèce se sont traduites lundi par une forte pression des marchés sur la périphérie de la zone euro.

Les taux des obligations espagnoles et italiennes ont atteint leur plus haut niveau depuis la création de la monnaie unique et les bourses européennes ont clôturé en net repli.

Selon plusieurs sources diplomatiques, trois options d'une participation du secteur privé au nouveau plan grec restent sur la table: celle proposée par la France d'un "roll-over" de la dette grecque arrivant à maturité d'ici 2014, celle d'un rachat d'obligations par l'Etat grec et celle d'un "swap" d'obligations grecques existantes contre de nouveaux titres à la maturité allongée, poussée par l'Allemagne.

Cette dernière option, qui permettrait de réduire de manière conséquente le fardeau de la dette grecque, avait déjà été proposée par Berlin et discutée début juin avant d'être finalement écartée car elle impliquait un "défaut sélectif" de la Grèce, auquel s'opposaient la BCE et la France.

L'ensemble de la zone euro s'était ralliée à cette position après un accord entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel mais ce consensus a volé en éclat lundi.

Interrogé sur ce point, le ministre français de l'Economie, François Baroin, a botté en touche en indiquant que l'Eurogroupe avait simplement "élargi la palette d'intervention.

Tout en rappelant que cela restait la position française, il a reconnu qu'il s'agissait à nouveau d'"un élément en discussions" parmi les ministres des Finances.

Un diplomate a toutefois insisté sur le fait qu'il fallait voir dans la déclaration de l'Eurogroupe "la reconnaissance que les Etats membres jugent désormais qu'il sera difficile d'éviter ce défaut sélectif", une position défendue par l'Allemagne mais aussi par l'Autriche, les Pays-Bas et la Finlande.

D'autres diplomates ont quant à eux souligné que le refus ferme de Berlin d'avancer sur les options du "roll-over" et du rachat d'obligations avait rendu les discussions particulièrement difficiles et tendues.

Julien Toyer, avec Luke Baker et John O'Donnell, édité par Nicolas Delame

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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