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Europe : Discussions difficiles avant le sommet de la zone euro

Europe : discussions difficiles avant le sommet de la zone euroEurope : discussions difficiles avant le sommet de la zone euro

par Julien Toyer

BRUXELLES (Reuters) - Les discussions européennes sur une réponse d'envergure à la crise de la dette semblaient s'enliser mardi, à la veille d'un nouveau sommet décisif des dirigeants de la zone euro qui doit déboucher sur des solutions sur le dossier grec, l'aide aux banques et les capacités du fonds de soutien à l'euro.

Les divisions restent profondes notamment sur le degré des pertes que pourraient devoir enregistrer les investisseurs privés sur leurs titres de dette grecque ainsi que sur le caractère volontaire ou non de cette décote.

Et aucun nouveau progrès n'a été enregistré depuis dimanche soir et la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de la monnaie unique qui a permis de dégager les bases d'un accord sur la démultiplication des capacités du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

La France et l'Allemagne se sont entendues pour travailler sur un double mécanisme d'assurance partielle des dettes souveraines émises par des pays en difficulté et la création d'un nouveau "véhicule spécial" qui lèverait des fonds avec la garantie du FESF pour racheter de la dette de ces pays sur le marché secondaire.

Ce double mécanisme, s'il était endossé, permettrait d'avoir un effet largement supérieur à la puissance de tir actuelle de 440 milliards d'euros dont dispose le FESF.

En revanche, une telle formule ne permettrait pas de communiquer un chiffre clair sur la nouvelle force de frappe du fonds, un signe pourtant attendu par les marchés pour juger de sa capacité à aider des pays comme l'Italie, qui menace d'entraîner dans sa chute la zone euro toute entière.

Le président du conseil italien Silvio Berlusconi est placé depuis dimanche sous une intense pression pour annoncer de nouvelles mesures d'austérité et des réformes permettant de soutenir la croissance dans son pays.

Une réforme des retraites devrait notamment être entreprise, un accord ayant été trouvé en ce sens avec le partenaire de coalition de Berlusconi, la Ligue du Nord.

DÉCOTE GRECQUE

Les investisseurs, rendus nerveux mardi par une communication de plus en plus erratique des responsables européens sur l'organisation des réunions, pourraient également être déçus par le manque de détails qui seront communiqués sur le plan de recapitalisation des banques.

Le cadre défini samedi au niveau ministériel ne sera pas musclé et le chiffre total des besoins des banques européennes - attendu autour de 100 milliards d'euros - devrait ne pas être communiqué, selon plusieurs sources.

Cette enveloppe indicative devrait par ailleurs intégrer quelque 46 milliards d'euros déjà inclus dans les plans d'aide à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal.

Sur le troisième et dernier volet de la réponse européenne - celui de la dette grecque - les discussions se poursuivaient mardi entre un petit groupe de responsables européens et les représentants de banques.

Des sources bancaires et européennes ont précisé que les banquiers avaient proposé une décote sur les obligations grecques allant jusqu'à 50% mais plusieurs pays de la zone euro, dont l'Allemagne, souhaitent aller encore au delà, si besoin en forçant les banques à accepter cette perte.

Une majorité de pays, dont la France, s'opposent toutefois à une participation bancaire qui ne soit pas volontaire car cela pourrait déclencher le paiement d'instrument d'assurance - les CDS (Credit Default Swaps) - dont personne ne sait avec certitude qui les détient ni pour quel montant.

BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE

Alors qu'un accord semblait émerger dimanche, les discussions se sont également tendues mardi sur un éventuel message envoyé par la Banque centrale européenne sur sa volonté de poursuivre son programme d'achat d'obligations de pays en difficulté sur le marché obligataire secondaire.

Selon un projet de conclusions du sommet de la zone euro auquel Reuters a eu accès mardi, les chefs d'Etat et de gouvernement de la monnaie unique devraient "soutenir pleinement" la BCE dans son action pour assurer la stabilité des prix, "y compris via les mesures non conventionnelles dans l'environnement exceptionnel actuel des marchés financiers".

Deux sources ont précisé que cette formulation renvoyait directement à la poursuite du programme de rachat d'obligations conduit par la BCE depuis mai 2010 sous le nom de Securities Markets Program (SMP) et qui a permis ces dernières semaines de soutenir des pays comme l'Espagne ou l'Italie, dont les difficultés menacent désormais la survie de la zone euro.

Mais la chancelière Angela Merkel a vivement démenti que l'Allemagne était prête à endosser cette phrase qui, a-t-elle dit, fait référence à l'action de l'institution de Francfort pour fournir des liquidités aux banques.

"Nous ne sommes pas d'accord là-dessus", a-t-elle dit à la presse avant d'insister sur le fait que les dirigeants politiques ne devaient pas donner de directives à la BCE.

Avec le bureau de Bruxelles, édité par Marc Joanny

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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