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Europe : Des prix nobel d'économie misent sur la survie de la zone euro

Europe : des prix nobel d'économie misent sur la survie de la zone euroEurope : des prix nobel d'économie misent sur la survie de la zone euro

par Eva Kuehnen

LINDAU (Reuters) - De nombreux lauréats du prix Nobel d'économie pensent que la zone euro survivra à la crise de la dette souveraine, et qu'en cas d'éclatement de la zone euro, il serait plus logique que l'Allemagne quitte la zone monétaire, plutôt que la Grèce.

Alors que l'Europe et les Etats-Unis font face à des difficultés économiques notamment sur les dettes souveraines, 17 prix Nobel d'économie se sont réunis cette semaine sur l'île de Lindau en Allemagne pour discuter des soubresauts économiques actuels.

Des économistes tels que Joseph Stiglitz, lauréat du prix Nobel en 2001 pour ses travaux sur l'asymétrie d'information, Myron Scholes, ou encore Robert Mundell, vainqueur du prix en 1999 pour son analyse sur les zones monétaires optimales, ont participé à cette rencontre.

"Je ne pense pas que l'euro soit au bord du précipice", a déclaré Robert Mundell. L'Europe a besoin de s'orienter vers "quelque chose d'équivalent aux Etats-Unis d'Europe", a-t-il ajouté.

Les sujets de discussions se sont portés notamment sur le ralentissement de l'économie américaine et sur la nécessité d'un troisième assouplissement quantitatif, dénommé QE3. La plupart d'entre eux pensent qu'une telle mesure est inutile.

Le débat entre les partisans de l'austérité et ceux de la relance économique a été virulent, mais les difficultés de la zone euro ont occupé la place centrale des discussions.

UNE ZONE EURO EN CRISE EXISTENTIELLE

"Il est très difficile de séparer des oeufs brouillés", a déclaré Joseph Stiglitz, admettant qu'une des discussions a porté sur l'existence "d'une voie optimale à la désintégration".

"Un consensus a fait surface parmi les économistes. Il serait préférable que l'Allemagne quitte la zone euro, plutôt que la Grèce", a-t-il ajouté.

Si un pays comme la Grèce quitte la zone euro, leur monnaie nationale serait dévaluée, ce qui rendrait difficile le paiement de la dette libellée en euro.

Quant à l'Allemagne, qui possède une économie performante, sa monnaie locale s'apprécierait probablement face à l'euro.

Le lancement de la monnaie unique en 1999 fut le triomphe du politique sur l'économie. Cependant, de nombreux experts se sont interrogés à l'époque si un groupe de pays au tissu économique disparate pouvait partager une monnaie commune sans renoncer à leur souveraineté budgétaire.

Ces doutes se sont ainsi révélés prémonitoires. Après avoir connu une décennie sans encombre, la zone euro semble se trouver à la croisée d'une crise existentielle.

En effet, trois de ses membres, la Grèce, l'Irlande et le Portugal ont bénéficié d'un plan de sauvetage, tandis que des pays comme l'Italie ou l'Espagne sont menacés de devoir demander des aides similaires.

A travers les rues de Lindau, on peut observer de nombreuses inscriptions sur les murs: "Le monde n'est pas à vendre", "Une autre Europe pour un autre monde", et "Honte à vous, prix Nobel d'économie, vous menez le monde à sa perte avec vos théories néolibérales."

Sur le lieu des échanges, l'atmosphère est plus optimiste. "Vous avez besoin d'une crise réelle, avant d'avoir des réformes", a estimé le lauréat 2004 du prix Nobel d'économie, Edward Prescott, qui a partagé la récompense avec Finn Kydland.

"Je suis optimiste. L'Europe doit se réformer. Ils vont s'asseoir, se mettre d'accord et mettre en place des réformes. Ainsi, l'Europe prospèrera et dépassera les Etats-Unis", a ajouté Edward Prescott.

Mehdi-Nicolas El Moueffak pour le service français, édité par Catherine Monin

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