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Europe : Déflation et craintes liées aux émergents dans les stress-tests

Europe : Déflation et craintes liées aux émergents dans les stress-testsEurope : Déflation et craintes liées aux émergents dans les stress-tests

par Laura Noonan

LONDRES (Reuters) - Le risque déflationniste, les difficultés que traversent les pays émergents et la volonté de ne pas rééditer les erreurs commises lors des précédents tests de résistance devraient se trouver au centre des évaluations que s'apprête à subir le secteur bancaire européen.

L'autorité bancaire européenne (EBA) détaillera mardi les critères retenus pour ses nouveaux "stress tests" au terme desquels les banques devront prouver qu'elles sont en mesure de surmonter des crises violentes sans avoir à solliciter le soutien des contribuables comme ce fut le cas lors de la crise financière de 2008-2012.

Les banques qui ne réussiront pas ces tests devront montrer comment elles entendent lever les fonds nécessaires auprès des investisseurs, vendre des actifs ou retenir leurs bénéfices plutôt que de verser des dividendes.

Le secteur bancaire européen a déjà levé des milliards d'euros et a entamé sa mue avant des tests de résistance dont l'objectif est aussi de montrer aux marchés que leurs doutes sur la santé des banques sont infondés.

L'économie de la zone euro s'est redressée depuis les "stress tests" organisés il y a trois ans et le coût de l'emprunt a considérablement diminué pour un certain nombre de pays, dont la Grèce qui peut désormais se financer à moins de 5% pour cinq ans au lieu de 20% en 2011.

Mais ces tests là, jugés trop laxistes, avaient laissé les investisseurs largement dubitatifs, incitant les régulateurs à revenir cette année en durcissant les critères d'évaluation.

"La clé, c'est que le scénario soit au moins aussi sévère et noir que celui de la grande récession, de la crise financière de 2008/2009", a dit Mark Zandi, chef économiste de Moody's Analytics.

MOINS DE LAXISME

Selon des chiffres qui ont fuité la semaine dernière, les régulateurs ont en effet retenu un scénario bien plus violent qu'en 2011 lorsque les autorités de régulation avaient utilisé des taux de croissance qui s'étaient avérés, pour 18 Etats sur 27, meilleurs qu'ils ne le furent en réalité.

L'exemple le plus frappant est celui de la Grèce pour laquelle on avait utilisé le cas d'une contraction économique de 1,2% finalement bien plus optimiste que celle de 7% qui s'est finalement produite.

Analystes et banquiers soulignent par ailleurs qu'ils surveilleront de près les conditions retenues pour la prise en compte des obligations souveraines détenues par les établissements de crédit.

En 2011, les tests avaient également été critiqués parce qu'ils n'avaient pas apprécié convenablement les risques induits par la détention de titres souverains en cas de défaillance de l'Etat émetteur.

NOUVEAUX RISQUES

Neil Williamson, spécialiste du crédit pour la région EMEA pour Aberdeen Asset Management souligne de son côté que les nouveaux tests de résistance devront prendre en compte le risque déflationnistes qui menace la zone euro.

En rythme annualisé, l'inflation n'a pas dépassé 0,5% le mois dernier, son niveau le plus bas depuis 2009.

Pour Neil Williamson, une période de déflation affecterait les capacités de remboursement des emprunteurs. La contraction de nouveaux crédits serait également menacée, les consommateurs risquant de refuser d'acquérir des biens dont la valeur risque de baisser.

"Il est évident que la déflation va faire courir au niveau macroéconomique, mais est-ce qu'ils vont vraiment aller aussi loin, ça n'est pas si évident. Je crains qu'ils se concentrent avant tout sur le PIB", a-t-il dit.

Dans les tests de résistance précédents, les banques utilisaient les bénéfices qu'elles anticipaient de leurs activités dans les marchés émergents pour amortir l'effet d'une récession économique en Europe. Mais les difficultés que traversent désormais les marchés émergents, à l'image des crises que subissent la Russie et le Brésil rendent cette hypothèse peu plausible.

Certaines banques s'attendent donc à être évaluées sur leur capacité à affronter des scénarios adverses en provenance des marchés émergents.

Une évaluation fondée sur les taux, ou sur la manière dont les banques pourraient survire si le loyer de l'argent continuait de rogner leurs marges devrait également être incluse.

(Nicolas Delame pour le service français)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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