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Europe : Chypre et l'union bancaire au menu de l'Ecofin à Dublin

Europe : Chypre et l'union bancaire au menu de l'Ecofin à DublinEurope : Chypre et l'union bancaire au menu de l'Ecofin à Dublin

par John O'Donnell et Jan Strupczewski

DUBLIN (Reuters) - Les suites du sauvetage de Chypre sont à l'ordre du jour de la réunion des ministres des Finances vendredi et samedi à Dublin, qui leur donnera aussi l'occasion de débattre des réticences croissantes de l'Allemagne à engager l'union bancaire.

Les discussions sur Chypre pourraient être animées car des documents dont Reuters et plusieurs autres médias ont eu connaissance mercredi montrent que le montant total du sauvetage pourrait atteindre 23 milliards d'euros, soit six milliards de plus qu'évoqué initialement, un surcoût dont l'Etat chypriote devrait assumer seul la charge.

Nicosie pourrait entre autres vendre pour 400 millions d'euros une partie de ses réserves d'or et relever les taux de l'impôt sur les sociétés et de la taxation des plus-values, alors même que son économie est menacée d'une contraction de 12% sur les deux ans à venir.

Le démantèlement de la Cyprus Popular Bank (Laiki), ainsi que l'effacement d'une partie des dettes garanties et la mise à contribution des dépôts bancaires non-garantis de la première banque du pays, Bank of Cyprus, devraient rapporter au total 10,6 milliards d'euros, expliquent les documents.

Ce montage pourrait subir des ajustements mineurs vendredi, a déclaré à la presse la ministre finlandaise des Finances, en précisant que le montant global resterait inchangé.

L'accord formel sur l'aide à Chypre pourrait être signé à la fin du mois afin que Nicosie puisse recevoir début mai les premiers prêts extérieurs.

La réunion de Dublin est informelle et aucune décision d'envergure ne devrait y être adoptée. Mais outre le dossier chypriote, elle donnera l'occasion aux ministres des Finances de l'Union d'évoquer la situation de la Slovénie, jugée de plus en plus préoccupante et de débattre du projet d'union bancaire à l'échelle de la zone euro, voire de l'Union dans son ensemble.

En juin dernier, les dirigeants de l'Union s'étaient accordés pour lancer cette union bancaire, jugée indispensable pour briser le lien entre la santé financière des grandes banques et celle des Etats souverains.

Mais l'impulsion donnée à l'époque s'est essoufflée depuis, notamment dans le camp allemand, au fur et à mesure que les difficultés et la complexité du projet apparaissaient au grand jour.

BERLIN TRAÎNE DES PIEDS SUR L'UNION BANCAIRE

L'Allemagne, première économie du continent, craint avant tout de devoir contribuer au financement du sauvetage des banques en cas de nouvelle crise du secteur.

"Les Allemands ont constamment soulevé des obstacles", a déclaré un responsable de l'Union. "Tout le monde en a assez d'eux."

Les responsables allemands assurent rester déterminés à faire avancer le projet mais se disent attachés à adopter les bonnes mesures au bon moment, en expliquant qu'une démarche hâtive aurait des effets néfastes à long terme.

D'autres responsables de l'UE laissent entendre que Berlin veut surtout éviter de s'engager dans un projet susceptible de susciter des critiques en Allemagne afin de ne pas compromettre les chances de victoire d'Angela Merkel aux élections de septembre.

Parmi les sujets les plus sensibles évoqués vendredi et samedi à Dublin figure la proposition de l'Irlande (titulaire de la présidence tournante de l'Union) d'imposer des pertes aux dépôts interbancaires détenus par les banques en difficulté.

Cette proposition, que Reuters a pu consulter, a déjà suscité des inquiétudes en France et en Italie, car elle pourrait être une cause supplémentaire de déstabilisation des marchés financiers en gelant le crédit interbancaire.

Les ministres des Finances évoqueront aussi le projet de recapitalisation directe des banques par le Mécanisme européen de solidarité (MES), le fonds de sauvetage permanent de la zone euro.

Jeroen Dijsselbloem, le président de l'Eurogroupe, a déclaré le mois dernier à Reuters que ce pouvoir de recapitalisation par le MES pourrait ne jamais être utilisé, des propos qui ont alarmé certains Etats.

Enfin, l'Ecofin pourrait donner le feu vert à une prolongation du délai de remboursement des prêts accordés à l'Irlande et au Portugal dans le cadre de leur plan de sauvetage. Cette faveur pourrait notamment permettre à l'Irlande de reprendre ses emprunts sur les marchés.

Lors d'une conférence de presse jeudi à Cork, Jeroen Dijsselbloem, a précisé que les ministres des Finances européens conviendraient sans doute de donner à l'Irlande et au Portugal sept années de plus pour rembourser les prêts de l'Union européenne.

"J'espère que nous pourrons finaliser cela demain", a-t-il ajouté.

Marc Angrand pour le service français, édité par Nicolas Delame

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