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Europe : Berlin accepte un sommet sur la grèce, fitch en dégrade la note

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par Julien Toyer et John O'donnell

BRUXELLES (Reuters) - La zone euro continuait mercredi d'être divisée sur la question d'un possible défaut grec, qui devrait finalement être tranchée la semaine prochaine lors d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des 17 pays de la monnaie unique.

Berlin, qui avait mercredi matin largement refroidi les espoirs de voir une telle réunion être organisée, a fini par en accepter le principe, a indiqué une source diplomatique de haut rang, qui a ajouté que la date finale dépendrait de l'avancement des discussions en cours sur la participation du secteur privé à un second plan d'aide à la Grèce.

Pratiquement au même moment, l'agence de notation Fitch annonçait l'abaissement de la note de la Grèce, qui était déjà en catégorie spéculative, de B+ à CCC en invoquant l'absence d'un programme crédible dans le pays.

"Le principe d'avoir une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro est accepté par les principaux acteurs, dont l'Allemagne", a dit ce diplomate, avant de préciser que le sommet aurait lieu la semaine prochaine et non vendredi comme évoqué initialement.

Il a par ailleurs indiqué que la date finale en serait arrêtée en fonction de l'état d'avancement des discussions en cours entre les membres de la zone euro sur le double dossier de la participation du secteur privé et d'un "défaut sélectif" de la Grèce qui serait déclaré par les agences de notation et dont les conséquence potentielles sont incalculables.

Les dates de lundi et mardi font partie des options étudiées, a-t-on appris auprès de plusieurs autres sources.

OPPOSITION DE LA BCE

Le plan initial du président du Conseil européen Herman Van Rompuy, tel que communiqué aux ambassadeurs à Bruxelles, était de tenir ce sommet vendredi, avec la possibilité de réunir ensuite les ministres des Finances dimanche.

Mais les autorités allemandes se sont montrées réticentes à fixer une date tant qu'une solution claire n'émergerait pas des discussions techniques en cours sur la forme que doit prendre la participation des banques, compagnies d'assurance et fonds d'investissement au sauvetage de la Grèce.

Apportant de l'eau au moulin allemand, le Fonds monétaire international a estimé que cette participation privée à un nouveau plan grec était primordiale alors que la dette du pays devrait atteindre un pic à 172% en 2012, contre 159% précédemment attendu.

Selon plusieurs diplomates, trois idées restent sur la table: celle d'un rachat d'obligations grecques sur le marché secondaire avec l'aide du fonds de soutien "zone euro" (FESF), celle d'un "swap" d'obligations existantes pour de nouveaux titres à la maturité allongée, poussée par l'Allemagne, et celle d'un "roll-over" de la dette grecque, soutenue par la France.

La Banque centrale européenne, comme beaucoup d'Etats membres, reste toutefois vivement opposée à toute solution impliquant un "défaut sélectif" et Jens Weidmann, président de la Bundesbank et membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a rappelé mercredi matin que l'option d'un rachat d'obligations par le FESF n'était absolument pas souhaitable.

LES GRANDS PAYS EN CRISE

Au-delà des cas grecs, irlandais et portugais, les trois pays bénéficiant d'un plan d'aide, c'est aussi et surtout désormais les situations de l'Italie et de l'Espagne, des pays jugés trop gros pour être secourus, qui inquiètent les marchés.

Avant de se replier légèrement mercredi, les rendements des obligations italiennes et espagnoles ont touché des plus hauts historiques ces derniers jours. "Les grands pays sont désormais en crise. Cela devient assez dangereux", a estimé un trader.

Les résultats des stress tests bancaires européens, qui seront publiés vendredi soir, pourraient faire pencher la balance dans un sens ou dans l'autre.

Une petite quinzaine de banques pourraient échouer à ces tests, dont six institutions en Espagne, selon le journal ABC.

Les banques italiennes ont quant à elles déjà souffert cette semaine en Bourse des inquiétudes liées à la situation politique et économique transalpines.

Le président de la Banque d'Italie et futur président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a toutefois répété mercredi qu'il était absolument sûr que les banques italiennes réussiraient les tests.

Il a également fait valoir que la crise appelait à des décisions politiques de plus grande ampleur que celles prises au cours des derniers 18 mois.

Le Premier ministre irlandais Enda Kenny a lui-aussi estimé, après l'abaissement mardi soir de la dette de l'Irlande en catégorie spéculative par l'agence de notation Moody's, que s'il devait y avoir un sommet, celui-ci devrait permettre de dégager des solutions politiques à long terme.

Avec les bureaux de Bruxelles et de Berlin, édité par Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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