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Europe : Attention à l'autosatisfaction face à la crise, dit van rompuy

Europe : attention à l'autosatisfaction face à la crise, dit van rompuyEurope : attention à l'autosatisfaction face à la crise, dit van rompuy

AMSTERDAM (Reuters) - Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a mis en garde dimanche contre toute autosatisfaction dans la gestion de la crise de la dette en zone euro et a souligné la nécessité de respecter les règles budgétaires et de réduire les déficits.

"La crise n'est pas encore totalement terminée. Nous sommes revenus dans des eaux plus calmes, c'est vrai, mais au cours des deux prochaines années nous devons nous assurer que cette crise ne puisse jamais se reproduire", a-t-il dit à la télévision néerlandaise.

L'accord sur un "pacte budgétaire", signé vendredi par les dirigeants européens, et l'injection par la Banque centrale européenne (BCE) de quelque 1.000 milliards d'euros dans le système bancaire ont permis de stabiliser les marchés financiers, a estimé Herman Van Rompuy.

Selon lui, les anticipations d'une désintégration de la zone euro se sont évanouies mais les gouvernements doivent continuer de réduire leurs déficits budgétaires et de mettre sur pied des plans pour renforcer la croissance.

"Si un plan ne répond pas aux exigences (en matière budgétaire), nous prendrons des sanctions. Ceci ne s'est jamais produit dans l'Union. Nous devons rendre (la procédure) crédible sans quoi la crise se répétera", a dit le président du Conseil européen, qui a été reconduit jeudi par les Vingt-Sept pour un nouveau mandat de deux ans et demi.

Par ailleurs, Herman Van Rompuy a prévenu que les pays qui ne respecteraient pas leur objectif de réduction du déficit risqueraient de voir augmenter le coût de financement de leur dette.

"On peut s'imaginer prendre les objectifs de déficit à la légère, mais les marchés financiers peuvent répondre sévèrement à cela. Ce qu'on espère gagner avec de moindres coupes budgétaires, on le perd avec des taux d'intérêts plus élevés (sur la dette)", a fait valoir l'ancien Premier ministre belge.

Vendredi, l'Espagne a ouvertement défié Bruxelles sur la question de son déficit, ce qui a fait grimper le rendement des obligations à long terme espagnoles sur le marché secondaire.

Alors que l'objectif de déficit convenu avec l'Union européenne était de 4,4% du produit intérieur brut, Madrid a annoncé bâtir son budget 2012 avec une prévision de 5,8%, mettant en doute la crédibilité du nouveau "pacte budgétaire" européen.

Interrogé au sujet de l'appel à un référendum aux Pays-Bas sur une sortie de l'euro, lancé samedi par Geert Wilders, dirigeant d'extrême droite et soutien du gouvernement de Mark Rutte, Herman Van Rompuy a estimé qu'une telle sortie signerait l'arrêt de mort de l'Union européenne.

"Si un pays sortait de l'euro, les Pays-Bas ne seraient pas le seul pays à le faire et la zone euro s'écroulerait. Puis l'ensemble de l'Union s'écroulerait", a-t-il jugé.

Gilbert Kreijger, Jean Décotte pour le service français, édité par Natalie Huet

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