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Europe : Athènes dit ne pas pouvoir rembourser sa dette sans nouvelle aide

Europe : Athènes dit ne pas pouvoir rembourser sa dette sans nouvelle aideEurope : Athènes dit ne pas pouvoir rembourser sa dette sans nouvelle aide

par Karolina Tagaris et Angeliki Koutantou

ATHENES (Reuters) - Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a écrit la semaine dernière à la chancelière allemande Angela Merkel pour l'avertir qu'il serait "impossible" pour son pays d'assurer le service de sa dette dans les prochaines semaines sans aide financière supplémentaire, a confirmé lundi le porte-parole du gouvernement grec.

Dans une lettre datée du 15 mars, Alexis Tsipras dit que son gouvernement sera forcé de choisir entre le remboursement des prêts, dus principalement au Fonds monétaire international, et le maintien des dépenses sociales, a rapporté dimanche le Financial Times.

Angela Merkel et Alexis Tsipras doivent se rencontrer ce lundi à 17h00 à Berlin, pour la première visite officielle du chef du gouvernement grec dans la capitale allemande

Le porte-parole du gouvernement grec Gabriel Sakellaridis a précisé que leurs discussions ne porteraient pas sur cette lettre, qui a été évoquée lors du Conseil européen à Bruxelles jeudi.

Un porte-parole du gouvernement allemand a de son côté confirmé qu'Angela Merkel avait reçu la lettre et ajouté que la chancelière souhaitait qu'Alexis Tsipras lui expose lui-même ses intentions en matière de réformes.

"Bien sûr, il est intéressant pour la chancelière d'entendre de la bouche du Premier ministre ce que sont ses idées", a dit Steffen Seibert, tout en soulignant que la rencontre Merkel-Tsipras ne pouvait pas se substituer à une solution dans le cadre de l'Eurogroupe.

Pour obtenir le déblocage des aides financières attendues, Athènes doit présenter à l'Eurogroupe des ministres des Finances de la zone euro une liste détaillée de réformes structurelles, conformément à l'accord conclu le mois dernier à Bruxelles sur la prolongation de quatre mois de l'aide internationale à la Grèce.

"BESOIN D'INITIATIVES POLITIQUES"

Prié de dire si la lettre du 15 mars revenait à menacer de ne plus payer les traitements des fonctionnaires, Gabriel Sakellaridis a répondu: "Ce n'est pas une menace, c'est la réalité".

"C'est une lettre qui répète plus ou moins ce que nous avons dit depuis la semaine dernière, à savoir qu'il y a un problème de liquidités, et c'est pour cela qu'il y a besoin d'initiatives politiques", a-t-il expliqué à la chaîne de télévision grecque Mega TV.

Dans sa lettre, Alexis Tsipras fustige la limitation, imposée par la Banque centrale européenne (BCE), de la capacité de la Grèce à émettre de la dette à court terme ainsi que le refus des créanciers de la zone euro d'une quelconque aide avant l'adoption d'un nouveau cycle de réformes économiques, a rapporté le Financial Times.

"Il doit être clair que les restrictions exceptionnelles de la BCE, lorsqu'elles se conjuguent au report de versements, rendent impossibles pour tout Etat d'assurer le service de sa dette," a écrit le chef du gouvernement grec.

Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, a assuré lundi que la BCE, comme les autres "institutions" concernées (FMI et Union européenne), était "déterminée" à soutenir le processus en cours et prête à adapter le plan d'aide.

"Il est prévu que le programme soit amendé pour refléter les nouvelles priorités du gouvernement grec (...) afin de faire en sorte que toute modification du plan d'aide aboutisse à un résultat équivalent en termes de (...) stabilité budgétaire", a-t-il lors d'une visite au Monténégro. "C'est cela qui sera débattu au cours des prochains jours."

Les tensions entre Athènes et Berlin ont aussi été alimentées ces dernières semaines par les demandes grecques de réparations allemandes au titre de l'occupation nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais le ministère allemand des Affaires étrangères a réaffirmé lundi que le chapitre était définitivement "clos".

(avec Stephen Brown et Michael Nienaber à Berlin, Marja Novak à Podgorica, Claude Chendjou pour le service français, édité par Marc Angrand)

Copyright © 2015 Thomson Reuters

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