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Marché : Espoirs en grèce, mais moody's abaisse encore la note

Espoirs en grèce, mais moody's abaisse encore la noteEspoirs en grèce, mais moody's abaisse encore la note

par Ingrid Melander et Andrei Khalip

ATHENES (Reuters) - La Grèce semblait s'approcher mercredi d'un accord avec l'Europe et le FMI en vue d'une nouvelle aide financière, qui lui permettrait d'éviter la cessation de paiement.

Mais l'annonce quelques heures plus tard par Moody's d'un nouvel abaissement de la note de la dette grecque est venue rappeler rajouter aux craintes déjà très lourdes qui pèsent sur Athènes.

Jugeant probable une restructuration de la dette souveraine du pays, Moody's a abaissé de trois crans la note de la dette grecque, l'enfonçant davantage encore dans la catégorie spéculative. L'agence de notation a fait tomber la note à Caa1 contre B1 auparavant. La perspective de cette nouvelle note est négative, signe qu'un autre abaissement est probable à court ou moyen terme.

"La première raison de l'abaissement d'aujourd'hui, c'est qu'il est de plus en plus probable que la Grèce échoue dans ses efforts de stabilisation de ses ratios d'endettement dans le cadre fixé dans les derniers projets budgétaires en date", a expliqué Moody's dans le communiqué accompagnant son annonce.

Moody's a également invoqué l'hypothèse selon elle de plus en plus probable de voir l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international exiger, dans une certaine mesure, une participation du secteur privé en cas de restructuration en contrepartie de leur soutien financier.

"Mis bout à bout, ces risques impliquent une probabilité de défaut d'au moins 50%", a encore estimé Moody's.

De sources proches des discussions entre représentants de la Grèce, du Fonds monétaire international, de la Commission et de la Banque centrale européennes, on avait auparavant déclaré que la dernière estimation de la situation budgétaire grecque pourrait être achevée d'ici vendredi.

Un responsable grec s'est dit optimiste de voir la "troïka" autoriser le versement d'une nouvelle tranche de 12 milliards d'euros, prélevée suivant le programme d'assistance financière de 110 milliards d'euros convenu voici un an avec le FMI et l'Union européenne.

"Il y aura moyen d'approuver le versement de la cinquième tranche. Les négociations avec la troïka seront conclues aujourd'hui (mercredi) ou demain, ou au plus tard vendredi", a déclaré ce responsable sous le sceau de l'anonymat.

Le ministère allemand des Finances avait quant à lui apaisé les inquiétudes de ceux qui redoutaient de voir le FMI traîner des pieds pour verser sa part de l'aide et laisser l'Europe combler la différence.

"Tout le monde semble se rallier progressivement à un consensus qui comprendra probablement un mélange d'aide supplémentaire, d'austérité accrue et d'implication du secteur privé", a commenté Gilles Moec, économiste à la Deutsche Bank.

VERS UNE AGENCE DE PRIVATISATION

Le gouvernement allemand a dit s'attendre à ce que les discussions s'achèvent d'ici la fin de la semaine, voire au début de la semaine prochaine.

En déplacement à Singapour, la chancelière allemande Angela Merkel a souligné que la stabilité de la zone euro était primordiale, mais ajouté que Berlin ne déciderait de sa conduite qu'une fois publié le rapport des inspecteurs européens dépêchés en Grèce.

Un nouveau plan d'aide, évalué à quelque 65 milliards d'euros, est également débattu pour répondre aux besoins de la Grèce jusqu'en 2014.

Selon l'édition allemande du Financial Times, les banques centrales de la zone euro sont prêtes à assouplir leur position sur la maturité de la dette grecque, à condition que les investisseurs fassent volontairement de même.

Le Handelsblatt rapporte de son côté que les discussions sont également sur le point de déboucher sur la formation d'une agence de privatisation indépendante du gouvernement.

Le quotidien financier allemand, qui ne cite pas ses sources, ajoute qu'il n'a pas encore été décidé si le FMI, l'UE ou la BCE seraient impliqués dans le fonctionnement de cette nouvelle institution.

La Grèce prévoit en outre de fusionner ou fermer 75 institutions publiques recevant actuellement 2,7 milliards d'euros de subventions par an, a annoncé le vice-Premier ministre Theodoros Pangalos.

Le risque de contagion de la crise grecque dans la zone euro reste en revanche présent dans les esprits.

Mercredi, une adjudication de 850 millions d'euros de dette portugaise à quatre mois a été marquée par une forte hausse du taux de rendement, à 4,967%, soit 30 points de base de plus que pour une adjudication de bons à trois mois effectuée en mai.

Avec Walter Brandimarte, Gregory Schwartz et Nicolas Delame

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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