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Marché : Eni demande la levée des sanctions économiques contre la libye

Eni demande la levée des sanctions économiques contre la libyeEni demande la levée des sanctions économiques contre la libye

par Alberto Sisto et Dmitri Jdannikov

ROME/LONDRES (Reuters) - L'Italien Eni a appelé mercredi l'Europe à lever les sanctions imposées à la Libye, alors que l'armée libyenne reprend le terrain conquis précédemment par l'opposition au régime de Mouammar Kadhafi.

Le groupe pétrolier italien, très implanté en Libye, est la première société occidentale à demander que les liens soient renoués avec Tripoli, qui pourrait prochainement rouvrir les vannes d'or noir.

Les sanctions internationales imposées à la Libye empêchent les entreprises étrangères d'y être actives, ce qui ouvre le champ aux trafics de petits opérateurs mal connus.

"Les installations sont en parfait état mais nous devons tout d'abord nous assurer que les opérations ne seront pas visées par des sanctions", a déclaré l'administrateur délégué d'Eni, Paolo Scaroni.

"Quoi qu'il arrive, nous nous tirons une balle dans le pied en imposant des sanctions, parce qu'en nous privant de ce pétrole, nous n'assurons pas notre sécurité énergétique."

Au début de l'insurrection libyenne, les forces rebelles se sont emparées de plusieurs sites pétroliers et semblaient en passe de prendre Tripoli, avec la bénédiction des puissances occidentales.

Mais l'armée libyenne a depuis inversé la tendance et repris la majeure partie des sites pétroliers du littoral.

"MISÉ SUR LE MAUVAIS CHEVAL"

Selon Paolo Scaroni, les relations d'Eni avec la Libye ne sont pas remises en cause.

"Je ne considère pas qu'elles aient été compromises. Nous avons maintenu des relations avec la National Oil Corporation (NOC), qui est notre principal interlocuteur" en Libye, a-t-il déclaré.

Mercredi, le directeur de la NOC, Shokri Ghanem, a assuré à Reuters que les contrats existants avec les groupes pétroliers occidentaux seraient honorés.

Eni a investi des milliards de dollars en Libye, et l'Italie importait avant le début des violences 500.000 barils de pétrole libyen par jour, soit 22% de sa consommation.

Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, était considéré comme le plus proche partenaire de Mouammar Kadhafi en Europe, mais l'a récemment appelé à quitter le pouvoir.

Le guide libyen a depuis déclaré se sentir trahi par ses anciens alliés européens.

"Il me semble que l'on a trop vite misé sur le mauvais cheval et qu'il sera difficile d'en changer", a déclaré un des conseillers d'une firme d'analyse du risque travaillant sur la Libye.

"D'un point de vue pratique, je ne vois pas comment des grandes entreprises comme Eni peuvent revenir au milieu des sanctions, même si Kadhafi appelle Berlusconi pour lui envoyer sa bénédiction", a ajouté cette source, qui ne souhaitait pas être nommée.

Gregory Schwartz pour le service français, édité par Nicolas Delame

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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