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Marché : En espagne, mariano rajoy défend sa gestion de la crise

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par Julien Toyer et Tracy Rucinski

MADRID (Reuters) - Le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a défendu dimanche sa gestion de la crise de la dette, estimant que les réformes menées sous sa direction avaient permis à Madrid d'éviter le recours à une aide étrangère, malgré le plan de sauvetage des banques annoncé la veille par la zone euro.

Lors d'une conférence de presse, le dirigeant conservateur n'a jamais qualifié de "sauvetage" la décision de la zone euro de prêter à l'Espagne jusqu'à 100 milliards d'euros pour renflouer ses banques, préférant employer l'expression "ce qu'il s'est passé hier".

"Si nous n'avions pas fait que nous avons fait ces cinq derniers mois, ce qui se serait passé hier aurait été une intervention en Espagne", a déclaré le chef du gouvernement.

Cette volonté de Mariano Rajoy de ne pas voir dans l'aide européenne un "sauvetage" est moquée par les médias, qui reprochent aussi au président du gouvernement de ne pas s'être montré samedi, préférant laisser le soin à son ministre de l'Economie, Luis de Guindos, d'annoncer la décision des ministres des Finances de l'Eurogroupe.

Beaucoup, sur les réseaux sociaux, raillent aussi sa décision d'assister dimanche au match Espagne-Italie en Pologne, dans le cadre de l'Euro 2012 de football.

"Le gouvernement s'emploie à ne pas utiliser le terme de sauvetage et cherche des euphémismes", souligne El Pais.

Si Rajoy évite à tout prix d'utiliser cette notion, c'est qu'elle s'est accompagnée, dans les cas de l'Irlande, de la Grèce et du Portugal, les trois pays de la zone euro déjà aidés, de conditions humiliantes et d'une perte de souveraineté.

Dans le cas de l'Espagne, les responsables européens le soulignent également, aucune coupe budgétaire supplémentaire ou réforme économique n'aurait été demandée à Madrid.

UNE AIDE "NORMALE"

Le chef du gouvernement assure que c'est l'Espagne qui a demandé une ligne de crédit pour ses banques handicapées par l'éclatement de la bulle immobilière qui a porté pendant une décennie la croissance espagnole.

Il a ajouté que les conditions d'octroi de cette aide étaient très limitées et que l'ensemble s'inscrivait dans son grand projet pour relancer l'économie nationale.

"Obtenir une ligne de crédit de 100 milliards d'euros n'a pas été chose aisée", a-t-il souligné lors de sa conférence de presse.

"Qui va payer les intérêts de cette ligne de crédit?" interroge cependant Pedro Arranz, un enseignant du primaire.

Mariano Rajoy explique que le paiement des intérêts des crédits accordés aux banques espagnoles ne sera pas affecté au déficit public, mais Luis de Guindos n'a pas suivi le même raisonnement samedi.

Les fonds seront apportés au Fonds de restructuration bancaire espagnol (Frob), seront comptabilisés au titre de la dette publique et le versement des intérêts sera affecté au déficit, a déclaré le ministre de l'Economie.

Pour Antonio Barroso, analyste politique au cabinet de consultants Eurasia Group, Mariano Rajoy s'efforce, en maintenant ses occupations du week-end ou en évitant à tout prix de prononcer le mot "sauvetage", de banaliser l'aide aux banques espagnoles comme une étape de plus dans le programme de redressement économique qu'il a mis en place.

"Le gouvernement veut transmettre une image de normalité, essayer de montrer que ce n'est rien d'extraordinaire", dit-il.

Les réformes menées par Rajoy pour réduire le déficit espagnol ou améliorer la compétitivité des entreprises ont été applaudies par les partenaires européens de Madrid, mais l'économie est en récession depuis qu'il est arrivé au pouvoir en décembre, le taux de chômage reste supérieur à 24% et le coût du remboursement de la dette a grimpé en flèche.

L'opposition socialiste a toutefois dit douter dimanche que l'aide ne soit pas octroyée sans contrepartie et demande à Rajoy de venir en détailler le mécanisme devant le parlement.

"Le gouvernement essaie de nous faire croire que nous avons gagné à la loterie", a déclaré Alfredo Perez Rubalcaba, le chef des socialistes espagnols, lors d'une conférence de presse.

Immédiatement après l'annonce du plan de sauvetage par Luis de Guindos samedi, les thèmes les plus suivis sur le site Twitter étaient: #rajoycobarde (rajoylâche) et #rescate (sauvetage).

"Qui va sauver les chômeurs? Et les personnes licenciées par les banques?" s'interrogeait un internaute dans un commentaire.

Marine Pennetier et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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