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Egypte, tunisie : Les troubles ont pesé sur le transport aérien

Egypte, tunisie : les troubles ont pesé sur le transport aérienEgypte, tunisie : les troubles ont pesé sur le transport aérien

par Tim Hepher

PARIS (Reuters) - Les manifestations et changements de régimes en Tunisie et en Egypte, pays qui dépendent fortement du tourisme, ont eu un effet prononcé sur le transport aérien, avec au moins 100.000 sièges par semaine en moins vers et en provenance de ces deux pays.

Même si la situation se normalise peu à peu, l'extension des troubles à des pays du Moyen-Orient, ainsi que les affrontements armés en Libye, ont poussé les compagnies aériennes à revoir leurs plans pour la période touristique d'avril.

Lors de la semaine ayant précédé le départ de l'ancien président tunisien Zine ben Ali, le 14 janvier, les compagnies aériennes ont effectué 733 vols vers ou en provenance de Tunis, pour un total de 107.000 sièges, selon un rapport du cabinet Innovata, spécialiste des données sur l'aviation, dont Reuters a obtenu l'exclusivité.

Entre cette semaine et la même semaine au mois de mars, période de grande incertitude suivant la chute du président égyptien Hosni Moubarak et le début de la révolte en Libye, 57 vols hebdomadaires sur Tunis ont été suspendus, avec 9.400 sièges de moins chaque semaine.

Ces modifications se traduisent par un recul de 6,2% du nombre de kilomètres par siège disponible, une mesure de la capacité des compagnies aériennes en fonction des distances parcourues.

La compagnie la plus affectée est logiquement Egyptair, avec 51% de réduction des capacités. Emirates, basée à Dubaï, et Alitalia viennent ensuite.

Toutefois, Saudi Arabian Airlines a relevé de 35% le nombre de sièges disponibles vers la Tunisie, tout en maintenant six vols par semaine.

Il n'empêche que les troubles en Afrique du Nord viennent à leur tour affecter un secteur du transport aérien qui a déjà dû compter avec un hiver particulièrement rigoureux dans l'ensemble de l'Europe et qui subit l'impact de la flambée des prix des carburants.

BAISSES PRÉVUES POUR AVRIL

Ces chiffres n'indiquent pas le taux de remplissage des appareils, ni le nombre d'annulations de vols au jour le jour.

L'industrie touristique tunisienne, première source de devises du pays, s'est en tous les cas trouvée paralysée en février. Le secteur représente plus de 6% de l'économie nationale et emploie à peu près 400.000 personnes sur une population totale de 10 millions.

L'économie égyptienne aussi est presque passée au point mort durant les manifestations qui ont débuté le 25 janvier, et certaines de ses principales sources de devises, notamment le tourisme, se sont taries.

Entre le 11 janvier et le 11 mars, 776 vols à destination ou en provenance du Caire ont été supprimés, soit 32% du total, selon Innovata.

Le nombre de sièges disponibles à reculé de 28%, ou de presque 30% une fois ajusté des distances parcourues. A elle seule, Egyptair représente 85.000 des 110.000 sièges en moins chaque semaine entre le 11 janvier et le 11 mars.

Alitalia, Air France et Emirates ont toutes réduit leurs capacités de 40% à 50%, mais Lufthansa n'a modifié ni le nombre de vols ni le type d'appareils les effectuant.

Le 4 mars, la fédération allemande des voyagistes DRV estimait que le tourisme reprenait rapidement vers la Tunisie et l'Egypte mais le ministre tunisien du Tourisme a également laissé entendre que les arrivées dans le pays chuteraient de 40% en 2011.

Le pic de la saison touristique en Tunisie a lieu entre avril et juin.

L'incertitude demeure et se reflète dans les calendriers détaillés et les programmes de capacité des compagnies.

Avant même le début des frappes en Libye la semaine dernière, Air France et Emirates avaient déjà fortement revu à la baisse les capacités programmées vers Tunis pour le mois d'avril.

A plus long terme, le transport aérien pourrait, selon des analystes, profiter d'un essor de l'investissement en Afrique du Nord une fois qu'elle se sera stabilisée mais l'échéance d'un tel développement reste encore très incertaine.

Gregory Schwartz pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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