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Marché : Divergences au sein de la zone euro sur le rôle de la bce

Divergences au sein de la zone euro sur le rôle de la bceDivergences au sein de la zone euro sur le rôle de la bce

par Julien Toyer et Andreas Rinke

BRUXELLES/BERLIN (Reuters) - Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro pourraient appeler mercredi la Banque centrale européenne (BCE) à poursuivre ses achats d'obligations pour soutenir l'Italie et l'Espagne, selon un projet des conclusions de leur sommet auquel l'Allemagne dit toutefois ne pas souscrire en l'état.

"Nous soutenons totalement la BCE dans ses actions destinées à assurer la stabilité des prix dans la zone euro, y compris ses mesures non conventionnelles dans un environnement des marchés financiers actuellement exceptionnel", lit-dont dans le projet, auquel Reuters a eu accès.

Des sources de l'Union européenne ont dit que ces "mesures non conventionnelles" faisaient référence aux achats par la BCE d'obligations de pays en difficulté sur le marché secondaire de la dette, achats qu'elle a repris en août pour soutenir l'Espagne et l'Italie.

La chancelière Angela Merkel a réagi promptement en déclarant s'opposer à toute mention qui prétendrait dire à la BCE ce qu'elle doit faire.

"Cette phrase et la façon dont elle figure actuellement dans le communiqué ne sont pas acceptées par l'Allemagne", a-t-elle déclaré à la presse.

Carsten Schneider, expert budgétaire de l'opposition sociale-démocrate (SPD) allemande, a de son côté fait savoir qu'un projet de motion sur la démultiplication du FESF se fondait précisément sur l'hypothèse que la BCE arrête d'acheter des obligations sur le marché secondaire. Cette motion doit être présentée mercredi au Bundestag.

La BCE achète du papier espagnol et italien dans l'espoir de faire baisser leurs rendements et alléger ainsi le coût de financement de ces deux pays sur le marché.

Mais les investisseurs craignent que ces deux pays suivent la voie de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal, qui tous bénéficient de plans d'aide concoctés par l'UE et le Fonds monétaire international.

"PAS DE MALENTENDU"

La BCE a, à ce jour, racheté pour 170 milliards d'euros environ de dette difficile dans la zone euro, empêchant que ne se creusent les écarts de rendement avec la dette allemande, initiative qui a provoqué des divisions au sein même de ses instances dirigeantes.

Angela Merkel a dit que Berlin tentait d'avoir une déclaration de la BCE établissant son opinion sur le projet de communiqué du sommet.

"Nous voulons des déclarations beaucoup plus nettes sur ce que la BCE veut elle-même et nous nous exprimerons à ce sujet. Nous ne voulons pas d'un malentendu où les politiques attendraient quelque chose de particulier de la BCE", a-t-elle dit.

Elle a par ailleurs estimé qu'on spécule trop sur le projet de conclusions du sommet. "La phrase ne comporte pas la mention que les achats sur le marché secondaire soient possibles; elle dit juste que les mesures non conventionnelles seront poursuivies", souligne-t-elle.

Beaucoup d'économistes pensent que la seule manière pour les Dix-Sept de tout à la fois se protéger de la pression des marchés tout en regagnant leur confiance est de mettre la BCE et sa liquidité illimitée au coeur du dispositif de sauvetage des pays européens trop endettés.

La France suit cette ligne de pensée mais l'Allemagne et la Commission européenne y voient une infraction aux lois fondamentales européennes.

Au vu de cette impasse, le sommet de la zone euro de mercredi devrait convenir de démultiplier les capacités du FESF via un mécanisme d'assurance et un véhicule spécial, sans impliquer la BCE dans le processus.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Nicolas Delame

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