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Marché : Deutsche bank choisit la rigueur dans l'optique de bâle iii

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par Edward Taylor

FRANCFORT (Reuters) - Deutsche Bank supprimera davantage d'emplois, réduira les primes et vendra des actifs pour répondre à de nouvelles normes de fonds propres plus exigeantes, ont annoncé mardi ses co-présidents du directoire, entendant mettre un terme à une culture du risque privilégiant les gains à court terme.

Anshu Jain et Jürgen Fitschen ont déclaré aux actionnaires mardi qu'ils ne leur demanderaient pas de mettre la main à la poche. Au lieu de cela, ils veulent faire subir à la banque une cure d'amaigrissement qui se traduira par une charge de restructuration de quatre milliards d'euros et par 45 milliards d'euros de cessions d'actifs d'ici mars.

Les 4,5 milliards d'euros d'économies annuelles prévues d'ici 2015, le cantonnement de 125 milliards d'euros d'actifs supplémentaires dans une structure ad hoc, le regroupement des ressources de différentes divisions et la délocalisation des services administratifs et techniques en dehors des coûteuses mégalopoles que sont Londres et New York sont autant d'initiatives censées parer à un ralentissement cyclique et structurel tout en préservant une stratégie de banque universelle et multinationale.

Anshu Jain, qui a pris les rênes de la banque avec Jürgen Fitschen le 1er juin, a dit que la banque opèrerait des suppressions de postes au-delà des 1.900 déjà annoncées, y compris dans les opérations sur dérivés.

"Les perspectives économiques et réglementaires sont éprouvantes à moyen terme, c'est pourquoi nous devons améliorer sensiblement nos performances et notre efficacité opérationnelles", ont dit les deux hommes dans un communiqué commun détaillant leur stratégie.

Confrontées à une conjoncture économique mondiale déprimée, les banques devront en outre appliquer à partir de l'année prochaine de nouveaux critères de fonds propres, dits de Bâle III, qui leur sont imposés pour éviter que ne se répète la crise financière de 2007-2008.

RÉVOLUTION CULTURELLE

Un changement de culture d'entreprise est "impératif", surtout dans la division de banque d'investissement, affirme la direction de Deutsche Bank, faisant écho aux déclarations faites lundi par le nouveau directeur général de Barclays.

"La ratio de rémunération doit baisser; le personnel doit apporter sa propre contribution", a ajouté Anshu Jain, faisant référence à la part des bénéfices octroyée aux banquiers d'investissement sous forme de primes notamment.

Qualifiant la nouvelle démarche de "changement comportemental", Deutsche Bank entend modifier ses critères de rémunération pour encourager la recherche d'une "performance durable à plus long terme".

Les primes seront adaptées à la performance et les plus hauts dirigeants devront attendre cinq ans avant de recevoir leurs bonus en titres, plutôt que de les percevoir en paiements échelonnés sur une durée de trois ans.

A la Bourse de Francfort, l'action Deutsche Bank a terminé en hausse de 4,10% à 33,15 euros, une hausse bien supérieure à celle de l'indice Stoxx européen des banques (+1,1%).

"Le plus important est qu'elle pourra éviter une augmentation de capital", a déclaré Heino Ruland, analyste de Ruland Research, pour expliquer cette hausse. Dans ce contexte, la charge de quatre milliards d'euros est acceptable, a-t-il ajouté.

Pour Anshu Jain, il est vital d'économiser pour améliorer les marges bénéficiaires.

Rappelant que les activités de banque de détail, de gestion d'actifs, de gestion de fortune et de banque d'investissement opéraient jusqu'alors chacune de leur côté pour l'essentiel, il a expliqué que les économies proviendraient désormais notamment du rapprochement entre gestion d'actifs et de fortune et de la coopération avec la banque d'investissement, un modèle qui évoque celui choisi par UBS et Credit Suisse.

Deutsche Bank veut ramener les coûts à moins de 65% des revenus, contre 83% du deuxième trimestre. Elle veut également dégager un rendement des fonds propres après impôt d'au moins 12% en 2015. Elle visait auparavant 25% avant impôt mais n'a pu faire mieux que 6,8% au deuxième trimestre.

La banque veut enfin garder une empreinte internationale et voit dans la région Asie-Pacifique des opportunités de croissance prioritaires.

Benoit Van Overstraeten et Wilfrid Exbrayat pour le service français

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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