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Marché : Colère de pékin après l'abaissement de la note des etats-unis

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NEW YORK/SHANGHAI (Reuters) - Contrairement à d'autres capitales plus prudentes, la Chine a réagi avec colère samedi à l'abaissement de la note souveraine des Etats-Unis par Standard & Poor's, fustigeant la politique économique de la "seule superpuissance mondiale".

"Le gouvernement américain doit se résigner à un état de fait douloureux: le bon vieux temps où il n'avait qu'à emprunter pour se tirer du pétrin qu'il avait lui-même créé est terminé", a estimé l'agence officielle Chine nouvelle dans un commentaire particulièrement virulent.

En tant que premier créancier de Washington, la Chine, qui détient plus de 1.000 milliards de dollars de dette américaine, "est dorénavant dans son droit d'exiger des Etats-Unis qu'ils affrontent le problème de leur dette structurelle et assure la sécurité des actifs chinois en dollars", a ajouté l'agence.

"Il faut mettre en place une surveillance internationale sur la question du dollar américain et une nouvelle monnaie de réserve, stable et sûre, peut aussi être une option pour éviter qu'une catastrophe soit provoquée par un seul pays", a poursuivi Chine nouvelle.

La Russie, troisième détenteur de réserves en or et en devises au monde derrière la Chine et le Japon, a en revanche relativisé la décision prise par l'agence de notation S&P.

"Dans le court terme, cela ne nous affectera pas", a déclaré le vice-président de la Banque de Russie Sergueï Chvetsov à l'agence de presse RIA, ajoutant que la Russie n'avait pas l'intention de procéder dans l'immédiat à des ajustements de ses réserves d'or ou de devises libellées en dollars.

Le vice-ministre des Finances, Sergueï Stortchak, 'sherpa' russe dans les sommets internationaux, a de son côté estimé que l'abaissement d'un cran de la note américaine n'était qu'une "correction modérée qui peut être ignorée du point de vue de la gestion d'investissement à long terme".

"GARDER LA TÊTE FROIDE"

Premier Etat à réagir en Europe, la France a affirmé sa "totale confiance" dans la solidité de l'économie des Etats-Unis, dont la note souveraine a été dégradée par Standard and Poor's, et dans la capacité du gouvernement américain à sortir de "cette mauvaise passe".

Le ministre français de l'Economie et des Finances, François Baroin, est intervenu sur plusieurs médias pour tenir des propos rassurants face à cette première dans l'histoire des Etats-Unis.

"Je rappelle que, quand même, sous (Bill) Clinton, le budget américain avait été déclaré en défaut de paiement pendant quelques jours. Donc il ne faut pas non plus dramatiser, il faut garder la tête froide, il faut regarder les fondamentaux", a déclaré François Baroin sur i-télé.

François Baroin a insisté sur la nécessité de donner du temps au temps politique.

"Le temps de la démocratie, le temps de l'action du gouvernement, le temps de l'acceptation aussi par les populations de ces plans qui sont par définition difficiles n'est pas le temps des acteurs des marchés, des investisseurs ou des spéculateurs, ni même le temps semble-t-il de quelques agences de notation", a-t-il dit.

Le ministre s'est ainsi interrogé sur la pertinence de l'initiative de S&P. "Il faut se poser la question de savoir comment une agence comme ça peut prendre une telle décision sur la base de chiffres qui ne sont pas consensuels. Donc il y aura certainement un débat aux Etats-Unis", a-t-il relevé.

A Berlin, Norbert Barthle, expert des questions budgétaires à la CDU, l'Union chrétienne-démocrate au pouvoir, s'est de son côté "étonné de voir que pendant des semaines, les agences de notation ont concentré leur attention sur la situation de la dette souveraine dans les pays de la zone euro sans s'intéresser à celle des Etats-Unis".

L'Inde, grande puissance émergente susceptible d'être affectée par la décision de S&P, a jugé la situation "grave".

"Nous aurons à analyser (la dégradation). Cela va prendre un peu de temps. La situation est grave et nous n'avons rien à gagner à faire des commentaires au pied levé", a déclaré le ministre indien des Finances Pranab Mukherjee à l'agence de presse indienne Press Trust of India.

Clément Guillou et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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