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Marché : Christine lagarde, une transition douce pour le fmi

Christine lagarde, une transition douce pour le fmiChristine lagarde, une transition douce pour le fmi

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Sa réputation d'économiste internationale reste à faire, mais Christine Lagarde pourrait s'appuyer au Fonds monétaire international sur l'héritage de Dominique Strauss-Kahn et l'expertise de l'institution.

Economiste mondialement reconnu, l'ex-directeur général, qui a démissionné de ses fonctions après son inculpation pour une tentative de viol à New York, a lui-même attribué les récents succès du Fonds à ses anciens collaborateurs.

En arrivant au FMI, "je n'avais qu'une vague idée de comment remplir ma tâche. Je vous remercie d'avoir affûté cette vision, pour moi et pour le monde, et de lui avoir donné un contenu", a-t-il écrit dans une lettre à son ancienne équipe.

"Ce que l'institution a réussi à faire ces trois dernières années et demie est le fruit de votre réflexion, de votre travail et de votre conviction", poursuit le texte diffusé lundi.

Avocate de formation, la ministre française des Finances n'a pas une réputation d'experte des questions financières. Selon un sondage Reuters auprès d'une soixantaine d'économistes, elle est le candidat qui a le plus de chance d'avoir le poste, mais pas le plus qualifié, la palme revenant au gouverneur de la Banque centrale israélienne, Stanley Fischer.

Mais, de source française, on assure qu'elle saurait parfaitement utiliser l'expertise des économistes du FMI, très impliqué dans la gestion de la crise de la dette européenne.

"Ce qu'il faut, c'est bien comprendre les sujets, bien négocier, avoir un leadership dans l'institution et savoir motiver les équipes", explique une source, vantant la qualité des équipes du Fonds et le sérieux de sa gouvernance.

Une autre source ironise quant à elle sur les erreurs commises par d'éminents économistes, avant et pendant la crise financière : "Aucun économiste n'avait prévu la crise."

"PARFAITEMENT QUALIFIÉE"

Les soutiens qui se multiplient ces derniers jours en faveur de la Française soulignent sa connaissance en profondeur des enjeux internationaux les plus pressants, de la crise des dettes publiques européennes aux déséquilibres mondiaux discutés au G20 Finances qu'elle préside.

Cette proximité garantirait, à les écouter, une transition en douceur, utile dans la période de fortes tensions actuelle.

"Elle serait vraiment dans la continuité de ce qu'a fait Strauss-Kahn", pronostique Gilles Moec, économiste senior chez Deutsche Bank. "Tout ce qu'elle a dit ces dernières semaines va dans le même sens", poursuit-il, évoquant sa fermeté sur le dossier grec.

Selon DeAnne Julius, qui préside le think tank britannique Chatam House, "Christine Lagarde est parfaitement qualifiée".

"Elle est parfaitement au fait de tous les principaux dossiers, c'est une bonne négociatrice avec un bon instinct politique", poursuit-elle.

Les critiques peinent en revanche à distinguer chez elle une ligne directrice et assurent qu'elle n'a fait qu'exécuter la politique décidée par Nicolas Sarkozy.

"Il ne suffit pas de lire les rapports. A un moment, le directeur général doit suivre ses propres idées", explique un ancien collègue de Dominique Strauss-Kahn au FMI.

"DSK était très fort pour ça parce qu'il avait le 'background' économique. S'il a pris des risques, ils n'étaient pas trop importants parce qu'il savait de quoi il parlait."

"MEILLEURE" MINISTRE DES FINANCES

Nommée ministre de l'Economie après les élections législatives de 2007, Christine Lagarde a assisté au déclenchement de la crise financière et économique.

Elle est devenue il y a quelques jours le deuxième ministre ayant exercé cette fonction le plus longtemps en France, derrière l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, et a été sacrée meilleure ministre des Finances européen en 2009 par le quotidien britannique Financial Times.

Si elle est nommée, elle serait le premier directeur du FMI à ne pas avoir une carrière d'économiste ou passée dans une administration des finances ou une banque centrale.

Outre Dominique Strauss-Kahn, les trois autres anciens directeurs généraux français du FMI - Pierre-Paul Schweitzer, Jacques de Larosière et Michel Camdessus - sont notamment passés par la direction du Trésor, où est élaborée la politique économique de la France.

Christine Lagarde n'est pas encore officiellement candidate mais semble bien placée pour devenir la candidate européenne.

Une menace plane toutefois, sous la forme de la possible ouverture d'une enquête judiciaire pour son rôle dans l'arbitrage rendu en faveur de l'homme d'affaires Bernard Tapie.

La décision d'ouvrir ou non cette enquête pourrait être prise le 10 juin, a-t-on appris mardi de source judiciaire, soit la date limite du dépôt des candidatures pour le FMI.

Avec Daniel Flynn, édité par Yves Clarisse

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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