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Marché : Christian noyer suggère d'accélérer la réduction du déficit

Christian noyer suggère d'accélérer la réduction du déficitChristian noyer suggère d'accélérer la réduction du déficit

par Jean-Baptiste Vey et Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - La France devrait accélérer la réduction de son déficit public pour renforcer sa qualité de crédit, tout en améliorant sa compétitivité, selon le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer.

Si ces questions sont traitées, les perspectives économiques sont favorables pour le pays, dont le système bancaire est solide, estime Christian Noyer, qui est également membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne.

Il invite en outre les pouvoirs publics à agir pour contenir la hausse des prix de l'immobilier, source à ses yeux de malaise sociale et de rigidité économique, et qui crée un risque pour la stabilité financière en cas d'ajustement brutal.

Rappelant l'engagement de la France de ramener son déficit public à 3% du produit intérieur brut en 2013, Christian Noyer met en garde contre la tentation de différer cet ajustement "dans un contexte de difficultés économiques et sociales".

"Il est primordial, au contraire, de garder fermement le cap", écrit-il dans une lettre aux autorités françaises diffusée mardi. "Il est même hautement souhaitable d'accélérer le rythme de baisse des déficits, en profitant de toutes les opportunités permises par la croissance".

Le gouvernement prévoit de réduire le déficit public à 5,7% du produit intérieur brut fin 2011, 4,6% fin 2012, 3,0% fin 2013 et 2,0% fin 2014, une trajectoire qui permettrait selon lui un recul du ratio de dette publique sur PIB à partir de 2013.

Christian Noyer pointe en particulier du doigt les déficits des comptes sociaux, qui, souligne-t-il, constituent intégralement des dépenses courantes. "Leur financement par l'emprunt est un non-sens économique", écrit-il.

DÉFENDRE LE "TRIPLE A"

La Cour des comptes a estimé en février que des mesures supplémentaires seraient nécessaires pour parvenir à réduire le déficit à 3% fin 2013.

S'appuyant sur des prévisions de croissance moins élevées que celles du gouvernement, la commission des Finances du Sénat chiffrait quant à elle fin avril l'effort supplémentaire nécessaire à 6 à 10 milliards d'euros en 2012.

"La qualité de la signature française est aujourd'hui reconnue et respectée, c'est un atout qu'il faut défendre et préserver", poursuit Christian Noyer.

L'Etat français est noté "triple A", la meilleure note possible, par les trois principales agences de notation financière internationales, ce qui lui permet d'emprunter à des taux avantageux sur les marchés financiers pour couvrir ses déficits et refinancer sa dette publique.

Christian Noyer souligne que l'ajustement budgétaire est essentiel pour anticiper une remontée des taux d'intérêt, dont le niveau actuel est historiquement bas, ce qui n'est pas durable. "Les politiques monétaires très accommodantes conduites dans les pays avancés vont, tôt ou tard, prendre fin".

Autre "condition de notre prospérité future", le renforcement de la compétitivité de la France, dont la performance peu favorable est illustrée par la faiblesse persistante de la balance des paiements.

Outre la maîtrise des évolutions des salaires, Christian Noyer estime que les autorités peuvent agir pour contenir la hausse des prix du logement qui "contribue à donner le sentiment d'une perte de pouvoir d'achat et avive les revendications salariales" susceptibles de peser sur la compétitivité.

"Les solutions paraissent désormais devoir être recherchées du côté de l'offre", précise-t-il, évoquant un desserrement des contraintes administratives et techniques "qui s'opposent aujourd'hui à l'expansion du parc immobilier".

DES BANQUES SOLIDES

Christian Noyer a estimé que les banques françaises étaient solides, avant une nouvelle série de tests de résistance, et ce même en cas de restructuration de la dette grecque, à laquelle la Banque centrale européenne est opposée.

L'Autorité bancaire européenne (ABE) a reporté la publication des résultats de ces "stress tests" en raison d'erreurs. Initialement prévus pour juin, les résultats devraient être rendus publics début juillet.

"Je ne suis pas inquiet pour les banques françaises d'après les informations dont nous disposons", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. "Ces tests sont en cours de révision par l'Agence bancaire européenne. Il est extrêmement important que le maximum d'harmonisation soit assuré", a-t-il ajouté.

Ces tests de résistance doivent permettre à l'Union européenne de vérifier la solidité du secteur bancaire européen en s'assurant que les banques ont suffisamment de fonds propres pour affronter des chocs économiques extrêmes.

Des exercices similaires ont déjà eu lieu en 2009 et 2010 mais les crises grecque puis irlandaise ont jeté le doute sur la fiabilité des tests et la robustesse du secteur bancaire.

L'an dernier, les banques irlandaises avaient toutes passé avec succès les tests de résistance, quelques semaines seulement avant d'être sauvées de la faillite par l'Etat irlandais.

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