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Marché : Certaines valorisations de titres grecs critiquées par l'iasb

Certaines valorisations de titres grecs critiquées par l'iasbCertaines valorisations de titres grecs critiquées par l'iasb

par Matthieu Protard et Lionel Laurent

LONDRES/PARIS (Reuters) - L'Institut international des normes comptables (IASB) s'inquiète des différentes méthodes utilisées par certaines entreprises européennes pour valoriser et passer des dépréciations sur les titres de dette publique grecque, lit-on dans une lettre de l'IASB mise mardi sur son site internet.

Dans un courrier adressé début août à l'Autorité européenne de contrôle des marchés (Esma), l'IASB met en garde les régulateurs contre le recours par certaines entreprises à des méthodes internes de valorisation de la dette publique de la Grèce plutôt que par utilisation des prix de marché.

L'Institut international des normes comptables ne cite pas nommément les entreprises en question. Mais d'après le Financial Times, qui se réfère à une source ayant eu connaissance du courrier, la lettre de l'IASB vise sur les banques et les compagnies d'assurance, et en particulier BNP Paribas et CNP Assurances.

"C'est un sujet de grande importance pour nous", écrit dans le courrier Hans Hoogervorst, le président de l'IASB.

"Parce que ce cas (la dette grecque, NDLR) fait clairement apparaître des applications incohérentes, nous jugeons de porter ce sujet à votre attention", poursuit le responsable.

Selon le quotidien britannique, les banques et les compagnies d'assurance européennes auraient par conséquent dû passer des provisions et des dépréciations plus importantes sur la dette souveraine grecque lors de la publication de leurs derniers résultats.

"BNP Paribas a provisionné son exposition sur la Grèce en plein accord avec ses auditeurs et les autorités compétentes, conformément au plan arrêté par l'Union européenne du 21 juillet", a réagi une porte-parole de la banque française.

CNP Assurances n'a en revanche pas souhaité commenter les observations de l'IASB.

DÉCOTE DE 21%

La banque et l'assureur français ont chacun annoncé des décotes de 21% sur leurs actifs grecs, comme convenu fin juillet lors du dernier plan d'aide à Athènes, ayant jugé que la dette grecque ne pouvait être évaluée au prix du marché en raison du manque de liquidité des titres grecs.

Début août, BNP Paribas, qui a passé une charge de 534 millions d'euros sur la Grèce dans ses comptes du deuxième trimestre, a expliqué avoir valorisé ses titres de dette grecque en appliquant un modèle interne de valorisation plutôt qu'en utilisant leurs prix sur le marché, jugés "non représentatifs" par la banque.

Les établissements financiers, qui ont en revanche utilisé les prix du marché, comme Royal Bank of Scotland, ont opté pour des décotes beaucoup plus lourdes, de l'ordre de 50%.

Au total, par des méthodes comptables différentes, les banques européennes ont déprécié quelque trois milliards d'euros sur leurs obligations grecques.

Toutefois, selon les calculs de Citigroup, les banques européennes pourraient encore devoir passer 6,65 milliards d'euros sur la Grèce.

La Commission européenne a jugé mardi inutile de recapitaliser les banques du continent au-delà de ce qui avait été convenu à la suite des tests de résistance menés cette année, en réaction aux propos tenus en ce sens le week-end dernier par la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde.

A la Bourse de Paris, l'action BNP Paribas, qui avait ouvert en hausse, était en baisse de 0,29% à 34,2950 euros à 12h15. CNP Assurances gagnait 0,2% à 12,35 euros au même moment.

Edité par Nicolas Delame

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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